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Terre des Éléments

Hephaistos

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  1. Bonjour à tous, Pour se conformer à la réglementation en vigueur, stipulée par l'article L131-4, décret n°26 du 06/07/2021, je souhaite par la présente annoncer la réunion prochaine de l'amicale des Au-Delà. Bien qu'elle se tiendra dans un lieu tenu secret, la liste des conviés est désormais connue. Seront présents : - Hephaistos (et sa teuteu bigleuse Alcane) - Melii (ainsi que l'intréstupide Momo) - Amaranth (connue dans certaines tavernes / bordels sous le nom de Terpsichore) - Yaninho (et son coffre, pour qu'on ne le lui vole pas, ainsi que l'incroyablement nulle Zyther, et l'imposteur Régis) - Le vrai Régis (aussi connu sous le nom germanisant de "Schindler", très populaire dans les ascenseurs pendant la seconde guerre mondiale) - L'inimitable Falatapouet (parfois absurdement contracté en "odri" ???) - Karamelldansen (et sa tripotée de zéros - zéroïnes de guerre, tous souillés par la critique : Blublucur, Kouizinator, et la divine Marceline). - Malgré son inactivité, Bartimeus sera aussi présent (mais il ne parlera pas, rassurez-vous ; le faux-sosie de Régis, Krynn, pourrait même être de la partie). PS : O-Efa n'a pas encore confirmé sa possible apparition en guest-star. Nous vous tiendrons au courant. Ne l'oubliez jamais, merci. Espérant avoir répondu aux attentes, Bien cordialement, L'Amicale des A-D.
  2. La Manœuvre Hephaistos les avait quittés, tous agglutinés qu’ils étaient, pour accomplir sa mission. Il avait promis de les aider, et il tiendrait sa promesse. Sur le papier, le but à atteindre était simple. La renaissance du Rocchus Originel allait nécessiter de faire fusionner une ribambelle de rocchus, de toutes les variétés possibles, pour ensuite les refondre et les figer en une seule entité. Voire deux, pour assurer la survie de cette nouvelle espèce noire, et ce faisant, de tous les rocchus. La quantité de rocchus nécessaire était cependant considérable. Fidèles à eux-mêmes, les rocchus jaunes avaient très subtilement menti sur cette entreprise. « Un rocchus de chaque » avaient-ils annoncé. La pilule était ainsi plus facile à avaler. Après tout, quelques rocchus sacrifiés, au prix de la création d’autant de rocchus noirs, voilà qui ne choquerait personne, et certainement pas les rocchus (pour ceux qui seraient en capacité mentale de l’être, cela s’entend). Après tout, ce serait toujours moins que leur lot quotidien de rocchus décimés. Hélas non. En fouillant un peu, l’igné avait fini par faire avouer la vérité aux rocchus jaunes (derrière leur apparente rigidité, les rocchus jaunes sont finalement relativement souples quand ils sont exposés au tranchant d’une hache). La légende était limpide, gravée sous quelques antiques remparts de Til’Lunis : De ses pairs colorés, il renaîtra ; De leur montagne sacrifiée, il émergera ; Du feu ardent son âme se rappellera ; Et de la glace, son corps se redessinera ; « De leur montagne sacrifiée », telle était la phrase. Depuis Til Lunis, l’on apercevait le sommet des cimes enneigées, sur lesquelles s’agrippaient furtivement quelques nuages. Si c’était cela, une montagne, alors non, il ne faudrait pas qu’un seul rocchus. Plus probablement des dizaines, des centaines, voire des milliers. Même toute la population rocchus réunie en un seul endroit ne suffirait pas à constituer un monticule digne de ce nom. A la matière vivante, il fallait donc y mêler un liant, permettant d’atteindre des proportions suffisantes. Et ce liant, c’était de la matrice de rocchus mort. On ne tromperait pas les dieux avec un peu de sable du désert ou du gravier (et les dieux savent qu’il en a !). Il était donc désormais clair qu’il fallait d’abord récolter suffisamment de matrice rocchus. Assez pour constituer la fameuse « montagne » de la légende. Des éclats, des perles, des cristaux, tout serait bon à prendre. Les rocchus devraient donc devoir encore payer un lourd tribut avant de se sauver, et il les en avait prévenus. Ils étaient prêts. Ce serait un travail de longue haleine, qu’il ne saurait mener seul. La Terre des Eléménts allait devoir mettre du cœur à l’ouvrage. Le tout étant de les convaincre… Les rocchus n’avaient pas droit à la parole, et lui était le vil mercenaire de l’Au-Delà qui n’inspirait la confiance que de ses frères et sœurs d’armes. Et même parmi ceux-là, certains lui riraient au nez devant l’accomplissement d’une telle pitrerie. Cela ne pouvait donc pas passer par lui non plus. Il se rendit alors dans Melrath Zorac, en fin d’après-midi, et se mit à raconter à quelques gamins en vadrouille l’histoire des rocchus. Il leur décrit les caractères des jaunes, des verts, des rouges, et des bleu-mauves. Rapidement, chacun put s’identifier à l’un ou à l’autre. Il fut surpris de constater la diversité des réactions de ces jeunes âmes. Certains pouvaient être attendris par la simplicité des rocchus bleu-mauves, alors que leurs voisins étaient à l’inverse exécrés par tant d’idiotie. Certains voyaient en les rocchus jaunes des leaders nés, pendant que d’autres jugeaient leur comportement comme le mépris le plus abject qui soit. L’espoir modeste des rocchus verts suscitaient l’admiration des uns et l’agacement des autres. Les rocchus rouges faisaient se lever autant de gestes d’indignation, que de sourires complaisants. Mais quand il fut question de sauver ces petites pierres mal polies de l’annihilation, il n’eut aucun besoin de motiver les troupes. Chacun était bien déterminé à sauver son espèce favorite. Bien évidemment, il garda pour lui la finalité de l’histoire, le rocchus noir. Et c’est ainsi que discrètement, la manœuvre fut lancée. Personne ne se méfierait d’une bande de gamins défendant leur équipe favorite. Bientôt, s’amoncèleraient dans sa réserve secrète des milliers de débris rocchus. Du moins, il l’espérait.
  3. Je m'inscris ! Edit Matagot : validé !
  4. Iverness - Iverness ? Pour la première fois, les rocchus jaunes et verts avaient parlé de concert. Ce nom ne leur inspirait pour ainsi dire pas grand-chose, mais les yeux de l’igné s’étaient illuminés comme deux braises. Il prit quelques secondes avant de poursuivre. - Iverness est une arme. Mon arme. Qui m’a été remise par les dieux il y a quelques temps déjà. Elle n’a nul autre pareil, et me ressemble beaucoup. C’est une lave brûlante dans un écrin de glace. Une braise incandescente dans un manteau plus froid que la cendre. C’est une hache, et sa morsure givre vos entrailles, autant qu’elle consume vos chairs. Elle est le feu le plus ardent et le gel le plus glacial auxquels vous puissiez goûter. En un même endroit. Vous vous doutez naturellement qu’une telle prouesse cache quelques sortilèges concoctés par les dieux. Les rocchus frissonnaient en l’écoutant faire l’éloge d’Iverness. : Tueur ! Meurtrier ! Assassin ! Enf… ! : Stop ! Mon confrère d’or exprime sa colère bien légitime. Ce qu’il essaie de traduire en des mots qui ne l’honorent pas, c’est que nous avons goûté à cette arme. Nous avons vus des frères, des sœurs, des pères et des mères rocchus mourir de la pire des manières par cette arme. - Je ne vous ai jamais caché avoir décimé vos populations. : C’est vrai. Disons simplement que cela nous rappelle de manière un peu brutale avec qui nous traitons. Et le fait de lui avoir donné un nom n’est guère pour nous rassurer. C’est un peu… particulier. Pourquoi l’avoir nommé ainsi ? - Je vous rejoins sur l’absurdité de la chose. C’est une des nombreuses absurdités que nous devons à ces dieux qui planent sur nos têtes. Toutefois, si son destin est de sauver votre race, peut-être mérite-t-elle un nom après tout. Vous n’avez d’ailleurs pas de nom, vous autres rocchus ? : Bien sûr que si ! Je me présente, je suis Jaunas, cent trente quatrième du nom. Là-bas, c’est Jauhn. Il y aussi Jauhnathan là-bas. Et à côté, il y a Jauhnny, et Jauhnette. Derrière, ce sont Jaunita et Jaunito. Et puis à côté du tas de sable, il y a… : Ce sont les seuls à faire ça ! l’interrompit le rocchus vert. Ils considèrent être les seuls à être dignes de porter un nom. C’est ridicule. Les trois-quarts oublient leur nom et se renomment chaque jour qui passe. Le quart restant se fait exploser la tronche par des aventuriers comme vous. Ils transmettent leur nom à leur descendance jaune qui, naturellement, crève aussi, ou l’oublie. : Mensonge ! Nos noms resteront gravés dans les livres d’histoire. Pas les vôtres. : Le seul livre qui figure notre espère est le bestiaire. Et il n’est pas élogieux à notre égard. : Brrrrr ! Frrrr ! Brrrrr ! Frrrr ! : Je crois que les bleu-mauves nous ramènent à la raison. Iverness. Où est-elle cette arme pour laquelle vous avez tant d’égard ? - Je n’ai pas tant d’égard envers elle. Elle est somptueuse de par sa nature, c’est indéniable. Mais les dieux n’ont pas été aussi généreux que cela. Sa puissance a été calquée sur l’arme que je maniais à l’époque. J’ai pu donc m’en servir pendant un temps. Mais j’ai fini par progresser, par devenir plus puissant, et rapidement d’autres armes de ces terres, plus communes, se sont révélées être plus puissantes. Les dieux avaient promis d’adapter la puissance de mon arme au gré de mon évolution. Mais c’était là encore un mensonge. Ils ont en tout cas brillé par leur absence. J’ai dû ainsi me résigner à l’entreposer, dans un lieu caché. Parfois, je la dépoussière, pour m’en servir. J’ai toujours eu le sentiment qu’à défaut de dégâts, elle me rendait un peu plus chanceux. Mais cela est tout. : Je vous rejoins, sur ces dieux absents. Nous les avons suffisamment priés. Jamais ils n’ont répondu. Et nous voilà droit devant notre annihilation future. : Ils restent néanmoins nos incroyables créateurs. Respecte-les, ou je me chargerais de te les faire respecter. : Tais-toi, s’il-te-plaît. Ces dieux nous ont abandonnés. Lâchement. Quelque chose résonna, en lui. Eux aussi avaient été abandonnés par des dieux aussi souverains qu’inexistants. Sur le diamant brut qu’ils avaient eux-mêmes poli, ils avaient laissé s’accumuler la poussière et la crasse. De l’éclatante prairie ne subsistait qu’une morne plaine. Ils avaient finalement avec eux plus en commun qu’il ne pensait. - Je vais vous aider. Vous ne disparaîtrez pas. Ou je disparaîtrais avec vous.
  5. La lune et les étoiles. En un instant, tout avait disparu, pour n’y laisser que le noir de ténèbres insondables. Une éclipse aussi soudaine qu’inattendue, alors qu’elle agonisait paisiblement dans la moiteur de sa crasse. Une éclipse douloureuse, réalisa-t-elle après avoir été percutée par un projectile de nature non identifiée. Une éclipse bruyante aussi, quand elle se fit alpaguée. « Hé oh, lève-toi, tu vas tomber ! » Devant elle, une déclaration de guerre. Deux obus lourdement armés, dirigés vers elle. C’était un appel aux armes. Un drapeau blanc incendié. Une colombe carbonisée. Une paix piétinée. Tout indiquait là qu’on lui voulait du mal. Elle ignorait cependant qui, les deux obus dissimulant toute forme humaine. Elle fit néanmoins fonctionner son sens de déduction pour conclure qu’il s’agissait probablement d’une femme. Statistiquement du moins. Elle avait croisé un paquet d’hommes chez qui les seins et le bide se disputaient le point culminant de leur poitrine. La voix était féminine, toutefois. Ce qui réduisait encore un peu plus les probabilités. Toutefois la voix n’avait rien de sensuel, et était aussi charmante qu’un coup de râteau sur une terre aride. - Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, lui répondit-elle. Je ne voudrais pas relarguer un nouveau nuage de crasse. En même temps, elle avait interrompu sa sieste de manière fort désagréable. Sans réclamer son dû, elle se releva, s’agita suffisamment pour diffuser correctement sa fragrance naturelle, et s’éloigna rapidement. Elle n’avait ni envie de mourir asphyxiée dans deux protubérances de chair, ni de discuter avec cette inconnue très impolie. Sa silhouette monstrueuse masquant le clair de lune lui avait suffi. Elle commençait à connaître la ville et ses recoins. Elle songea d’abord à rejoindre le quartier vert, sorte d’oasis de fraîcheur au cœur de la cité. La végétation y était plus dense qu’ailleurs, et permettait aisément de s’y cacher, surtout la nuit. Et puis, c’était un autre point d’eau pour diluer ses crasses éternelles. Elle se réjouissait d’avance, mais elle déchanta rapidement. Il était là. Le taré. Elle ne distinguait en majeure partie que son ombre, mais la lune argentait son profil. C’était bien lui. Aucun doute. Le barge. Pour ne pas changer, il était encore en plein débat intérieur. C’était la même chose à chaque fois. L’homme disait une chose, avant de se reprendre violemment, et de se contredire. Une merveille de la nature. Un illuminé. Et Moumoula savait très bien ce qu’il cherchait. Elle tenta de reculer d’un pas, pour esquiver sa rencontre. Trop tard, déjà il l’interpellait. « Moumoula ! Veux-tu m’aider à chercher des fleurs d’étoile ? » Elle s’était longtemps retenue de le froisser. Il était complètement atteint après tout, et elle ne voulait pas le mettre en colère. Mais ici, la distance était raisonnable. Elle pouvait se permettre de l’envoyer paître. - Non. Je m’en contrecarre de tes foutus fleurs. Elles n’existent pas de toute façon. Si ta sœur Cécile était vraiment là, tu pourrais lui dire. Mais elle n’existe pas non plus. Elle est sûrement morte quand tu étais jeune, et tu as été traumatisé. Va-t’en maintenant, ou va demander à l’autre difformité près de la fontaine. Mais laisse-moi tranquille. » Sans attendre sa réponse, elle lui tourna le dos, contourna le bâtiment de la prison, puis s’y glissa. Direction les égouts. Ici, sa crasse ne dérangerait personne. Elle serait tranquille, au milieu des rats et des eaux croupies. Au calme. Dans ses songes, les obus revinrent à la charge. Toujours pointés sur elle. Ils lui voulaient quelque chose. Mais quoi ? Dans ces mêmes songes, elle se questionna sur celle qui en assumait le poids et la charge. Qui était-elle ? Elle avait passé des jours au pied de cette fontaine, et il n’était plus de visage qui ne lui était pas familier. Peut-être qu’à son réveil, se motiverait-elle à se renseigner sur cette nouvelle venue dans les parages. A condition qu’elle n’ait pas tout oublié.
  6. Joyeux Ka-Rat-Niversaire ! <3
  7. L’Echange *** « Que faites-vous ici ? ». La phrase s’était silencieusement échappée de son esprit, et sans comprendre comment, il sut qu’il avait été compris. Devenait-il fou ? Il avait suffisamment traversé d’épreuves récemment, et peut-être n’était-ce là que le fruit de sa folie grandissante. : Je me présente, moi, en mon nom, au nom de toute ma communauté, comme Rocchus Jaune, Natif des Roches Dorées, Descendant des Météores d’Or, Frères des Conglomérats du Jaune, Représentant des Guerriers Jaunâtres, et Protecteur de la Jaunisse des Aïeux. Je… : Arrête un peu ces jacasseries, tu es juste un rocchus jaune. Cet homme a tué ceux de ton espèce au moins cent fois. - - Je suis Hephaistos. Vous n’avez pas répondu à ma question. Que faites-vous ici ? : Nous… Disons que… Enfin… Et il explosa. Le guerrier igné était interloqué. - - Que s’est-il passé ? : Disons que les rocchus ne coexistent pas toujours très bien avec leurs lueurs d’esprits. Et quand cela arrive… voilà le résultat. - - Je comprends mieux pourquoi nous récupérons désormais de la poudre dorée quand nous tuons ses congénères. Cela n’arrivait jamais auparavant. : Disons que ce n’est pas exactement cela. Effectivement, nos populations rocchus ont entamé depuis peu une intense réflexion… sur notre avenir notamment. Et de fait, nombre de nos rocchus jaunes, les plus intelligents de notre espèce, ont explosé de la sorte. Et avec ces explosions, une poussière jaune permanente plane au-dessus des populations jaunes, déposant ainsi progressivement une fine pellicule dorée autour de chaque rocchus jaune. C’est cela, que vous récupérez désormais. Vos armes de brutes n’ont autrement pas la finesse requise pour obtenir une poudre si fine. Vous ne gagnez que des éclats à nous décimer. - - Des perles ou des cristaux, parfois, lança l’igné, avec un ton presque moqueur. Je vous sens méfiant à mon égard, et pourtant pas belliqueux. Me trompe-je ? : Vous nous décimez régulièrement. - - Je décime bien plus régulièrement de vulgaires tas de graviers. : Vous, les humains. - - C’est un fait. Nous n’avons que peu de respect pour vous. Mais je dois avouer que cette conversation me surprend favorablement à votre égard. Vous semblez bien plus éduqués que je ne le pensais. Et vous semblez à ce titre d’ailleurs plus intelligent que votre congénère jaune contrairement à ce que vous affirmez. La remarque sembla déstabiliser le rocchus. : Plus intelligent, je ne crois pas. Et éduqués, cela dépend. Vous constaterez bien assez vite que les espèces bleu-mauves et rouges ne sont pas très finaudes. - - Je constate que tous les rocchus rouges se sont carapatés derrière leurs sosies jaunes. Quant aux rocchus bleu-mauves, même s’il reste délicat de lire toute expression faciale… je crois qu’ils sont terrifiés par ma présence. : Brrrr, Frrrrr, Brrrrr, Frrrrr. : Ils ne sont pas terrifiés, ils sont contents. La différence est minime entre ces deux sentiments. Ce sont les deux seuls dont ils disposent. - - Ah. Voilà qui est… triste. Et pourquoi sont-ils contents ? : Parce que vous avez fait fuir les rocchus rouges qui n’ont cesse de les pourchasser pour les victimiser. Vous remarquerez qu’ils essaient de se rapprocher de vous. Même si leur capacité de mouvement est extrêmement limitée. : Que c’po vrai, qu’on vict’miz person’. Que les bêbête bleu-mauv’ z’aiment ço qu’on leur tapote l’tête. Hein que j’dis pas faux les jaunes ? : Laisse donc les rocchus mâtures discuter entre eux, veux-tu. Je me permets de prendre la suite de mon frère jaune. Cette conversation doit être menée par les plus hautes instances rocchus, moi en l’occurrence. - - Avec tout le respect que je n’ai pas encore pour vous, je les abats d’un coup de hache, vos hautes instances rocchus. Mon gros orteil suffirait même à assurer cette tâche. Que faites-vous ici ? : Il serait dans votre intérêt de soutenir la cause Rocchus, sans quoi nous… : Vous êtes incroyables, vous les rocchus jaunes. Incroyables de stupidité. Ce qu’il essaie de dire, c’est que nous sommes dans une situation compliquée, et que nous avons besoin de votre aide. Du moins, nous pensons que c’est de votre aide, à vous, dont nous avons besoin. - - Mon aide ? Qu’ai-je à voir avec vos misérables existences dont je n’ai jamais eu cure jusqu’à présent ? : Je l’ignore. Nous ne pensions pas devoir attendre quoi que ce soit de qui que ce soit. Encore moins de la part de ceux qui sont responsables de notre perte à venir. Pourtant le destin vous a mis sur notre route aujourd’hui. Personne d’autre. Vous êtes en train de communiquer avec nous. Aucun humain ne l’a jamais fait auparavant. Et quand bien même un autre humain en serait-il capable, pourquoi s’en donner la peine ? Mais vous, Hephaistos, vous vous êtes donné cette peine. Vous vous êtes arrêté, et vous vous êtes intéressé. Mon discours est, je vous l’accorde, complètement intéressé, car j’aspire à la survie de mon espèce, et que vous paraissez être notre seul espoir. Le discours du rocchus vert atteint le guerrier d’une manière insoupçonnée. C’était un appel à l’aide, d’une population meurtrie. Meurtrie par des êtres comme lui, que seule la destruction intéressait. La survie, il ne la souhaitait que pour lui, et pour ses frères d’armes. Le reste du monde pouvait bien crever qu’il n’en dormirait qu’un peu mieux. Mais il y avait ce rocchus vert, posté devant lui, et qui désirait ardemment la survie de son espèce. Et quelque part, étrangement, cette demande ne le laissait pas indifférent. - - J’entends votre demande. Mais comment pensez-vous que je puisse vous aider ? Je n’ai pas l’intention d’arrêter de vous massacrer, et je ne crois pas pouvoir convaincre qui que ce soit de le faire, quand bien même j’en serais convaincu moi-même. : Nous ne vous demandons pas d’arrêter de nous massacrer. : Enfin, s’ils peuvent épargner quelques jaunes… Nous avons beaucoup souffert récemment et… : Ignorez-le. Nous ne vous demandons pas de convaincre qui que ce soit. Ni d’arrêter de nous massacrer. Je comprends bien qu’il y a par-delà ces terres beaucoup trop de missions qui exigent de s’en prendre à nous. C’est le cas depuis l’aube des terres élémentaires. C’est notre destin. Je comprends aussi que, par nature, vous avez besoin de nous. Sans nous, vous serez privés de nos éclats, de nos perles, et de nos cristaux. Je vous demande de nous aider à survivre, et à pérenniser notre espèce. - - En dépit de tout le respect que je commence à peine à acquérir à votre égard, je pense que vous surestimez grandement votre importance. Si vous n’existez plus, d’autres prendront votre place. Et je ne crois pas que l’équilibre de ces terres en sera bouleversé. Pour autant, je respecte cet espoir qui vous habite, et je n’ai pas autant de répugnance pour vous que j’en ai pour l’espèce humaine. Je préfèrerai la voir annihiler avant la vôtre. Quelle ironie ce serait là, que les rocchus aient survécu à ces minables hommes et femmes. Mais comme je vous l’ai dit, je ne comprends pas bien comment je pourrais vous aider à atteindre votre but. : C’est là que cela se complique. Je vais d’abord laisser notre jaune suprême reprendre la parole. : Tout commence… Et c’est ainsi que Hephaistos apprit l’existence du Rocchus Originel, noir et puissant. L’idée le séduisait de plus en plus. Un monstre, plus puissant que les autres, pour décimer les aventuriers les moins aguerris. Sous son apparence de rocchus, nul doute que beaucoup s’en approcheraient sans inquiétude, pour finalement prendre conscience de leur terrible erreur. - - Vous avez donc besoin de disposer de la plus intense des flammes, et du froid le plus glacial pour former ce Rocchus Originel ? En un unique endroit ? Est-ce possible ? : Nous l’ignorons. Nous avons mis en commun le peu d’esprit que nous avions, mais nous sommes incapables de trouver une solution. Nous pensions que vous seriez peut-être la clé de cette énigme. - - Cela me laisse perplexe. Je reste une brute qui abat lourdement sa hache pour faire éclabousser le sang et fracturer les os. Cela ne nécessite pas beaucoup d’esprit. Nous sommes un peu les rocchus bleu-mauves des populations humaines, nous autres guerriers. Même si, je vous l’accorde, quelques-uns de nos magiciens ne sont pas les plus vifs d’esprits. Ou de corps d’ailleurs. : Brrrr, Frrrr, Brrr, Frrr. Tous les rocchus bleu-mauves semblaient s’agiter autour du guerrier igné, reprenant en chœur ces curieuses sonorités. : Brrrr, Frrrr, Brrrr, Frrrr. : Z’ont quoi encore ces sales bestioles ? Qu’on a rien fait nous ! Qu’on est pas responsab’ ! Arrêtez don’ un peu de trembler com’ des mauviettes ! Qu’on sait pas trop si vous avez froid ou chaud au derrière ahahahah. : Brrr, Frrr, Brrrr, Frrrrr. : Ils ne font jamais ça d’habitude. Arrêtez s’il vous-plaît, le moment est important. : Vous êtes la honte de notre lignée ! Vous serez notre perte, assurément. : Brrrrr, Frrrr, Brrrrr, Frrrrr. : Ce sont des enfants éduqués malgré tout. Et ils nous respectent, nous les verts. Lorsque nous leur disons d’arrêter, ils le font sans broncher. Ils n’ont aucune capacité de rébellion. Je crois qu’ils essaient d’exprimer quelque chose. : Brrrr, Frrr, Brrrr, Frrrr. - - Attendez un peu. Ce qu’a dit le rocchus rouge n’est pas idiot. C’est comme si les rocchus bleu-mauve exprimaient à la fois le froid et le chaud. Est-ce que ce ne serait pas cela, leur message ? : Il n’y a pourtant là rien de bien nouveau. Oui, nous avons besoin de chaud et de froid. - - Mais c’est vers moi qu’ils dirigent ces sonorités. Les rocchus bleu-mauve, du mieux qu’ils le purent, tentèrent de se réorganiser, de se repositionner. Cela était laborieux, et de longues minutes s’écoulèrent. Les jaunes s’exaspéraient déjà, les verts étaient circonspects, et les rouges se moquaient à gorge non déployée. Hephaistos, lui, les observaient avec la plus grande attention. De leur étrange manège émergea peu à peu une forme grossière aux contours bleus et mauves. Du sable du désert émergeait un message, sous forme de dessin. D’un coup, le guerrier s’illumina. Iverness.
  8. Comme indiqué en pv, ce serait pour mettre à jour les distinctions 750 joutes et 2000 meurtres ! Merci ! Edit Matagot : fait
  9. Les couleurs s’entremêlaient dans son esprit et s’entrechoquaient sous son regard. Le Jaune. Il n’y avait pas que les dalles dorées qui rappelaient la couleur d’Eolia. Le jaune filait aussi dans la tignasse dorée de Terpsichore qui sautillait d’un pavé à l’autre, faisant danser sa natte avec autant d’élégance qu’une feuille virevoltant sous la main invisible de la brise. Il était aussi là, plus profond, sous la cape ténébreuse de Melii qui se soulevait lorsqu’elle tournoyait autour de lui, bandant son arc par-dessus ou dessous, faisant face à l’autre rôdeuse qui s’agitait en face. Il était aussi là, à souligner les contours de la robe qui habillait le puissant Yaninho. Au creux de sa main aussi, moins discret, plus visible, comme pour avertir des sorts redoutables qu’il pouvait déchaîner. Le jaune était aussi là, dans la bile se déversant du poitrail éventré de l’un ou de l’autre de ses adversaires, se mêlant au sang et à … … son Rouge. Le rouge était partout autour d’eux, projeté et éclaboussé sur les murs de l’arène, dégoulinant, pleurant sur leurs aspérités, pour mieux en épouser les formes, avant de ruisseler sur le pavé déjà rougi par la peinture en l’honneur de Vulfume. Le rouge du sang s’affichait aussi, immuable, sur le dos de la lame gigantesque du guerrier Elrindil, aux côtés duquel il combattait. Et sur le tranchant de sa lame, par éclat, le rouge sombre d’un sang bien réel apparaissait brièvement, l’espace d’une fente ou d’une estocade. Omniprésent était-il, ce rouge, jusqu’à emprisonner la blanche orbite de ses victimes d’un fin réseau de veines au tracé torturé. Des yeux vidés de toute animation, fixant le ciel, et l’intensité de… …son Bleu. Il était plus délicat d’observer ce bleu sur le terrain des joutes. S’il s’étalait, tout uni, sur la voûte céleste, il semblait s’évanouir au niveau du sol, au grand dam de Posicillon. Il était pourtant là, par touches, timide. Il scintillait sur le sceptre de Yaninho, sous une faible lumière. Mais dès lors que le mage entrait en action, ce bleu s’évanouissait, pour se muer en un blanc aveuglant. Aussi, les coups assénés recouvraient le corps des combattants d’un bleu tirant vers des teintes moins vives, plus foncées. Il y avait enfin ces pépites bleues qui vous fixaient avec intensité, lorsque Terpsichore avait décidé de tirer une flèche dans votre direction. La jeune terrane sublimait aussi la dernière couleur… … le Vert. Toute parée de lui, elle honorait en permanence la déesse Fimine. Celle-ci tentait, difficilement, de manifester sa présence en mille endroits, dans les interstices séparant chaque pavé, où quelques brins d’herbes forçaient leur chemin vers la lumière de la surface. Même piétinés encore et encore, ils persévéraient à s’élancer vers le ciel, et sans jamais perdre de leur parure verdissante. Sur les murs de l’arène, quelques plantes agrippaient leurs doigts boisées à la façade rugueuse, et s’ornaient ici et là de quelques feuilles ravissantes. Les éléments étaient ainsi tous célébrés, de manière plus ou moins vibrante, plus ou moins vivante, au travers de leurs couleurs respectives. Naturellement la cible de ses adversaires, c’est principalement le pavé que côtoya Hephaistos au cours de ce tournoi – bien plus que les membres de sa propre équipe - , et c’est bien plus étalé sur lui de tout son long, agonisant, qu’il eut le temps de s’imprégner de ces quatre couleurs, comme jamais il ne l’avait fait auparavant. Et c’est tout ce que l’igné retiendra de ce tournoi, à défaut d’une prestation retentissante.
  10. Efaaaaaaaa <3 Le beau basané !

    1. Hephaistos

      Hephaistos

      Mdrrrr basané carrément. Tu me confonds pas avec Jack le paki j'espère :( (même si y a pire que d'être confondu avec le grand Général)

    2. Fukaeri

      Fukaeri

      Non, je ne confonds pas :o

       

    3. Hephaistos
  11. RP pour Hephaistos Ils étaient là. Presque tous. C’était devenu un rituel. Un moment de convivialité partagé entre frères et sœurs de l’Au-Delà, sous les rayons absents du soleil et dans la moiteur fétide du marais d’IssCanak. *Tchtonk* Hephaistos était content de tous les retrouver. L’humidité du marais leur faisait perler à tous de grosses gouttes le long de leurs visages. Jackall, leader charismatique et énigmatique, était évidemment là pour orchestrer ce moment, désarticulant ces bras ici et là pour ordonner à l’un ou à l’autre d’accomplir sa tâche. Le magicien Yaninho n’offrait au monde que la vue de son postérieur la plupart du temps, à quatre pattes, à trifouiller les herbes hautes à la recherche d’une pièce ou de toute ressource égarée là ou ici. Le majestueux Bartimeus était absent. Il avait bien trouvé le totem cette fois-ci, sauf que le rendez-vous n’était point-là. On l’annonçait sur la route de retour, ce qui pouvait lui prendre jusqu’à plusieurs heures malgré la centaine de mètres qui le séparait de ses compagnons. Les déesses sanguinaires des Au-Delà étaient aussi présentes. Fukaeri transmettait ses ordres à Jackall qui s’exécutait sans broncher, Meliii n’était pas encore morte, et Seren laissait encore traîner sa longue queue humide, imitant presque à la perfection les tyrannosirènes. Sa queue s’agitait toutefois parfois pour venir frapper le mur sur lequel était adossé prinny, tel un poseur, le torse nu, une pinte de melrathienne entre les mains. Il y avait aussi évidemment Karamelldansen qui faisait danser ses grappins qui auraient volontiers répandus leurs teintes violines sur les alentours, si toutefois il y avait eu un brin de soleil. Schindler astiquait consciencieusement sa longue moustache d’un rouge ardent au fil de son épée. Falatapouet rouspétait enfin dans sa barbe fournie que les rocchus manquaient d’ardeur à la tâche. *Tchtonk* Du moins, c’est ainsi qu’il se rappelait de ce moment. En réalité, il était rare que tous les Au-Delà puissent être présents au même moment. Les uns étaient partis tantôt aux cimes, tantôt sur les îles, et d’autres roupillaient profondément au fin fond de leur lit. Il gardait pourtant de ce moment cette vision idéale de tous les Au-Delà réunis, agrégeant ainsi le meilleur de ses souvenirs partagés avec eux. *Tchtonk* Il se plaisait ainsi à les contempler, et à passer de l’un à l’autre pour échanger quelques mots avec eux, rire d’eux-mêmes ou du reste indigne de la population. Bartimeus avait même eu le temps d’arriver, preuve que le temps s’écoulait finalement bien trop vite dans ces moments de bonne humeur. *Tchtonk* Peu à peu néanmoins, les visages se fermèrent, se serrèrent. Lui jetèrent même quelques regards noirs. Il semblait être désormais le seul à profiter de l’instant. *Tchtonk* Il ne se souvient plus précisément qui, mais il entendit une voix s’élever au-dessus des autres. « Il faut taper. » *Tchtonk* Aucun ennemi n’était pourtant en vue, si ce n’est quelques alligaterreurs visiblement affamés, et les disgracieuses tyrannosirènes qui n’auraient pas même su charmer leurs voisins écaillés. Le boxhulk aussi paraissait menaçant, mais il n’avait jamais eu la bonne idée de quitter son minuscule lopin de verdure. Eventuellement, Meliii aurait pu déclencher un mur de feu inopiné, mais cela n’aurait probablement eu pour conséquence que de la faire décéder elle-même. Cette phrase avait été prononcée, et tout aurait dû être évident, mais ça ne l’était pas. Les Au-Delà étaient devenus de nouveaux silencieux. *Tchtonk* Ne voulant passer pour un idiot, l’igné s’abstint de demander des précisions. Il parcourut à nouveau des yeux la plaine d’IssCanak, et n’y voyait toujours rien. Rien d’inhabituel en tout cas. Il n’y avait que l’attroupement de ces compagnons juste en face de lui, au pied du mur. *Tchtonk* Soudain, il comprit. Il leva les yeux au ciel et se surprit à y découvrir la tour Dilth qui s’élançait vers celui-ci. Bordel, pensa-t-il. Quel con, pensa-t-il également. De sa bouche ne sortit qu’une phrase, qu’il entendrait pendant longtemps. « Aaaaaaaaah, mais vous tapez la tour ??? ».
  12. Je me permets de flood sur ton profil pour passer rang 6

     

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    2. Hephaistos

      Hephaistos

      Vous êtes fascinants.

    3. Fukaeri

      Fukaeri

      Efa est quelqu’un de fascinant !

    4. Hephaistos

      Hephaistos

      <3 C'est toi qui est fascinante Fuka <3

  13. Salut Rémi

    1. Kirnes

      Kirnes

      Salut R2Rmy !

    2. Hephaistos

      Hephaistos

      Salut Yaninho. On cherche à monter en grade ? Quel bel objectif.

  14. Un but en avait remplacé un autre. Elle avait retrouvé l’endroit où elle était née, mais n’y avait trouvé personne. Enfin, si, elle avait croisé la route de la Crasseuse, ce qui était autant une bonne chose qu’une mauvaise chose. Elle n’était désormais plus seulement en quête de ses parents, mais aussi de sa sœur. Et en même temps, elle se sentait de vomir plus qu’à l’accoutumée, l’image de Zieukikrilake lui revenant en permanence à l’esprit. Sa puanteur hantait encore ses narines, sa lubricité infestait ses pensées, sa crasse continuait de pulluler sur son corps, si bien que Moumoula se sentait sale en permanence. Du moins, plus sale que d’habitude. Ayant vécu sur la route, l’hygiène et la propreté n’étaient pas les amies les plus familières de la jeune femme. Disons plutôt qu’une nouvelle couche de crasse, plus immonde, plus épaisse, et plus tenace, était venue recouvrir les précédentes. Elle était d’ailleurs exténuée. Ces années d’errance avaient épuisé tout son être. Il était temps de lever le pied, et pas seulement pour uriner. Après tout, elle se trouvait désormais là, non loin d’où elle avait grandi, et elle imaginait que des gens se souviendraient forcément de ses parents. Surtout, si la Crasseuse disait vrai – et il n’y avait pas de raison de penser que cette vieille folle dispose d’un quelconque filtre – ses parents n’étaient pas de ceux que l’on oublie facilement. Ils avaient quand même l’air d’être de sombres connards. Bref, elle prit la décision de se poser là, à Melrath Zorac. Elle choisit de s’installer au cœur de la cité, sur les rebords de la fontaine. C’était un choix stratégique car c’était un lieu de passage très fréquenté. Y passaient les gens échauffés par le désert aride de l’ouest, et dans l’autre sens, ceux désaltérés par les eaux claires du lac de l’est. Certains ne quittaient jamais la ville et passaient leur temps à déambuler dans ses ruelles pavées. Notamment les vieux, que la vie avait bien trop exténué pour qu’ils puissent se permettre de s’aventurer trop au-delà des murailles de la cité. Il y avait aussi beaucoup de bambins, dont un gamin particulièrement chiant qui ne faisait que brailler à travers toute la ville, pendant toutes les heures de la journée et de la nuit. Plusieurs fois avait-elle voulu le stopper dans son interminable balade bruyante, pour lui dire de la fermer une bonne fois pour toute. Mais à peine atteignait-elle son épaule que le gamin s’était, comme par magie, déporté à une dizaine de mètres plus loin. Que faisait-donc ces parents ? se demandait Moumoula. Ne le cherchait-il pas ? Aucun des parents de cette foutue cité n’était donc capable d’élever dignement ses enfants ? Elle se souvint d’ailleurs de l’autre dégénérée qu’elle avait aussi croisée à l’extérieur de la ville. Une mère éplorée à la recherche de ses maudits gamins. Beffa, elle s’appelait. Elle l’aurait baffée, Beffa… A geindre au moindre passant que ses enfants s’étaient perdus. « Bouhouhou Beffa. Un peu de dignité bon sang. Bouge-toi donc le fondement du tronc de ce palmier et va les chercher, tes gosses ! Après tout, si tu as des enfants en âge de se perdre, tu es en âge de te mouvoir pour aller les trouver et essayer de rattraper un peu leur éducation. » Telle était sa pensée, qu’elle retint toutefois, préférant l’ignorer et poursuivre sa route. D’autant que, de ce qu’elle en avait compris en captant ici et là quelques bribes de conversation, des centaines de vaillants aventuriers les avaient déjà retrouvés ces gosses. Mais de toute évidence, aucun d’eux n’avaient décidé de prendre le chemin du retour vers leur mère. Elle était probablement trop timbrée. Peut-être d’ailleurs que ce mioche dans Melrath était l’un de ses gamins. Peut-être braillait-il autant pour oublier à quel point sa mère était amochée du ciboulot. Elle se posa donc là, au bord de la fontaine dont le bruissement aquatique berçait la jeune femme qui s’endormait souvent au pied de la margelle de pierre. Quand elle ne dormait pas, elle interpellait les passants. « Hé ». « Hého toi ! ». Souvent sans succès. Correction. Toujours sans succès. Elle remarquait d’ailleurs que les passants déviaient de leur trajectoire pour dessiner un arc-de-cercle qui les éloignait à distance raisonnable de Moumoula. Pour l’ignorer plus facilement. Pour échapper aussi à ses odeurs fétides, le comprit-elle tardivement. La fontaine devint ainsi son lieu de bain favori, diluant et évacuant la crasse accumulée. Un beau jour, ou peut-être une nuit – le fil du temps semblant lui avoir échappé -, près de la fontaine où elle s’était endormie, un homme la sortit de son sommeil du bout de sa lame. Malgré le sourire qu’il ne relâchait pas, son visage était dur, imprimé de cicatrices du passé, et creusé de rides naissantes. L’homme ne lui était pas inconnu, bien au contraire. Elle l’avait vu parcourir la place de long en large depuis le premier jour, à importuner tous les passants, tous les jours, avec la même rengaine. Avec les nouveaux venus aussi. Elle s’était même surprise qu’il ne soit pas venu plus tôt l’importuner elle. Mais il la désintéressait complètement, l’homme semblant lui-même ne pas venir de cet endroit. Il continuait de la fixer avec un sourire charmeur. Moumoula était déjà lassée avant même qu’il n’ouvre la bouche. Elle essaya pourtant bien de rendre ses expressions faciales aussi lisibles que possible, mais cela n’y changea rien. L’homme finit par débloquer sa mâchoire, pour dégainer sans surprise sa rengaine : - Ca joute, canaille ? Elle ne savait même pas ce que ça voulait dire. Et elle n’avait pas envie de le savoir. Si c’était pour porter un ridicule bandeau rouge, comme c’était le cas du fanfaron à qui elle faisait face, c’était encore pire. Elle était quand même curieuse. A quoi ce bandeau pouvait-il bien lui servir ? Cela ne le protégeait ni du soleil, ni de la pluie, ni du ridicule. - Non, je… - Tu es nouvelle ici ? Tu connais les Gladius Vagor ? Elle avait à peine eu le temps de répondre qu’il l’avait coupé. - Nous sommes une fac.. - Non, je ne connais pas les Glandus Valtor. Je m’en fous. Je cherche ma sœur et mes parents. J’aim.. - Moi je viens de Raghénor, j’ai……………………………………. de Baranhor….…………………… Dame Sélénia….…………………… du seigneur Rähor avec Zaein….…………………… au fort de Gälya, ………………………. De Raghénor à……………………… sur….…………………… la traversée de la forêt morte d’Ishga……………………… Vhéno……………………… . Elle s’était rendormie. A défaut d’avoir trouvé des réponses à ses questions, elle avait trouvé le sommeil. Un sommeil profond.
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