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Terre des Éléments

Hephaistos

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  1. La lune et les étoiles. En un instant, tout avait disparu, pour n’y laisser que le noir de ténèbres insondables. Une éclipse aussi soudaine qu’inattendue, alors qu’elle agonisait paisiblement dans la moiteur de sa crasse. Une éclipse douloureuse, réalisa-t-elle après avoir été percutée par un projectile de nature non identifiée. Une éclipse bruyante aussi, quand elle se fit alpaguée. « Hé oh, lève-toi, tu vas tomber ! » Devant elle, une déclaration de guerre. Deux obus lourdement armés, dirigés vers elle. C’était un appel aux armes. Un drapeau blanc incendié. Une colombe carbonisée. Une paix piétinée. Tout indiquait là qu’on lui voulait du mal. Elle ignorait cependant qui, les deux obus dissimulant toute forme humaine. Elle fit néanmoins fonctionner son sens de déduction pour conclure qu’il s’agissait probablement d’une femme. Statistiquement du moins. Elle avait croisé un paquet d’hommes chez qui les seins et le bide se disputaient le point culminant de leur poitrine. La voix était féminine, toutefois. Ce qui réduisait encore un peu plus les probabilités. Toutefois la voix n’avait rien de sensuel, et était aussi charmante qu’un coup de râteau sur une terre aride. - Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, lui répondit-elle. Je ne voudrais pas relarguer un nouveau nuage de crasse. En même temps, elle avait interrompu sa sieste de manière fort désagréable. Sans réclamer son dû, elle se releva, s’agita suffisamment pour diffuser correctement sa fragrance naturelle, et s’éloigna rapidement. Elle n’avait ni envie de mourir asphyxiée dans deux protubérances de chair, ni de discuter avec cette inconnue très impolie. Sa silhouette monstrueuse masquant le clair de lune lui avait suffi. Elle commençait à connaître la ville et ses recoins. Elle songea d’abord à rejoindre le quartier vert, sorte d’oasis de fraîcheur au cœur de la cité. La végétation y était plus dense qu’ailleurs, et permettait aisément de s’y cacher, surtout la nuit. Et puis, c’était un autre point d’eau pour diluer ses crasses éternelles. Elle se réjouissait d’avance, mais elle déchanta rapidement. Il était là. Le taré. Elle ne distinguait en majeure partie que son ombre, mais la lune argentait son profil. C’était bien lui. Aucun doute. Le barge. Pour ne pas changer, il était encore en plein débat intérieur. C’était la même chose à chaque fois. L’homme disait une chose, avant de se reprendre violemment, et de se contredire. Une merveille de la nature. Un illuminé. Et Moumoula savait très bien ce qu’il cherchait. Elle tenta de reculer d’un pas, pour esquiver sa rencontre. Trop tard, déjà il l’interpellait. « Moumoula ! Veux-tu m’aider à chercher des fleurs d’étoile ? » Elle s’était longtemps retenue de le froisser. Il était complètement atteint après tout, et elle ne voulait pas le mettre en colère. Mais ici, la distance était raisonnable. Elle pouvait se permettre de l’envoyer paître. - Non. Je m’en contrecarre de tes foutus fleurs. Elles n’existent pas de toute façon. Si ta sœur Cécile était vraiment là, tu pourrais lui dire. Mais elle n’existe pas non plus. Elle est sûrement morte quand tu étais jeune, et tu as été traumatisé. Va-t’en maintenant, ou va demander à l’autre difformité près de la fontaine. Mais laisse-moi tranquille. » Sans attendre sa réponse, elle lui tourna le dos, contourna le bâtiment de la prison, puis s’y glissa. Direction les égouts. Ici, sa crasse ne dérangerait personne. Elle serait tranquille, au milieu des rats et des eaux croupies. Au calme. Dans ses songes, les obus revinrent à la charge. Toujours pointés sur elle. Ils lui voulaient quelque chose. Mais quoi ? Dans ces mêmes songes, elle se questionna sur celle qui en assumait le poids et la charge. Qui était-elle ? Elle avait passé des jours au pied de cette fontaine, et il n’était plus de visage qui ne lui était pas familier. Peut-être qu’à son réveil, se motiverait-elle à se renseigner sur cette nouvelle venue dans les parages. A condition qu’elle n’ait pas tout oublié.
  2. Joyeux Ka-Rat-Niversaire ! <3
  3. L’Echange *** « Que faites-vous ici ? ». La phrase s’était silencieusement échappée de son esprit, et sans comprendre comment, il sut qu’il avait été compris. Devenait-il fou ? Il avait suffisamment traversé d’épreuves récemment, et peut-être n’était-ce là que le fruit de sa folie grandissante. : Je me présente, moi, en mon nom, au nom de toute ma communauté, comme Rocchus Jaune, Natif des Roches Dorées, Descendant des Météores d’Or, Frères des Conglomérats du Jaune, Représentant des Guerriers Jaunâtres, et Protecteur de la Jaunisse des Aïeux. Je… : Arrête un peu ces jacasseries, tu es juste un rocchus jaune. Cet homme a tué ceux de ton espèce au moins cent fois. - - Je suis Hephaistos. Vous n’avez pas répondu à ma question. Que faites-vous ici ? : Nous… Disons que… Enfin… Et il explosa. Le guerrier igné était interloqué. - - Que s’est-il passé ? : Disons que les rocchus ne coexistent pas toujours très bien avec leurs lueurs d’esprits. Et quand cela arrive… voilà le résultat. - - Je comprends mieux pourquoi nous récupérons désormais de la poudre dorée quand nous tuons ses congénères. Cela n’arrivait jamais auparavant. : Disons que ce n’est pas exactement cela. Effectivement, nos populations rocchus ont entamé depuis peu une intense réflexion… sur notre avenir notamment. Et de fait, nombre de nos rocchus jaunes, les plus intelligents de notre espèce, ont explosé de la sorte. Et avec ces explosions, une poussière jaune permanente plane au-dessus des populations jaunes, déposant ainsi progressivement une fine pellicule dorée autour de chaque rocchus jaune. C’est cela, que vous récupérez désormais. Vos armes de brutes n’ont autrement pas la finesse requise pour obtenir une poudre si fine. Vous ne gagnez que des éclats à nous décimer. - - Des perles ou des cristaux, parfois, lança l’igné, avec un ton presque moqueur. Je vous sens méfiant à mon égard, et pourtant pas belliqueux. Me trompe-je ? : Vous nous décimez régulièrement. - - Je décime bien plus régulièrement de vulgaires tas de graviers. : Vous, les humains. - - C’est un fait. Nous n’avons que peu de respect pour vous. Mais je dois avouer que cette conversation me surprend favorablement à votre égard. Vous semblez bien plus éduqués que je ne le pensais. Et vous semblez à ce titre d’ailleurs plus intelligent que votre congénère jaune contrairement à ce que vous affirmez. La remarque sembla déstabiliser le rocchus. : Plus intelligent, je ne crois pas. Et éduqués, cela dépend. Vous constaterez bien assez vite que les espèces bleu-mauves et rouges ne sont pas très finaudes. - - Je constate que tous les rocchus rouges se sont carapatés derrière leurs sosies jaunes. Quant aux rocchus bleu-mauves, même s’il reste délicat de lire toute expression faciale… je crois qu’ils sont terrifiés par ma présence. : Brrrr, Frrrrr, Brrrrr, Frrrrr. : Ils ne sont pas terrifiés, ils sont contents. La différence est minime entre ces deux sentiments. Ce sont les deux seuls dont ils disposent. - - Ah. Voilà qui est… triste. Et pourquoi sont-ils contents ? : Parce que vous avez fait fuir les rocchus rouges qui n’ont cesse de les pourchasser pour les victimiser. Vous remarquerez qu’ils essaient de se rapprocher de vous. Même si leur capacité de mouvement est extrêmement limitée. : Que c’po vrai, qu’on vict’miz person’. Que les bêbête bleu-mauv’ z’aiment ço qu’on leur tapote l’tête. Hein que j’dis pas faux les jaunes ? : Laisse donc les rocchus mâtures discuter entre eux, veux-tu. Je me permets de prendre la suite de mon frère jaune. Cette conversation doit être menée par les plus hautes instances rocchus, moi en l’occurrence. - - Avec tout le respect que je n’ai pas encore pour vous, je les abats d’un coup de hache, vos hautes instances rocchus. Mon gros orteil suffirait même à assurer cette tâche. Que faites-vous ici ? : Il serait dans votre intérêt de soutenir la cause Rocchus, sans quoi nous… : Vous êtes incroyables, vous les rocchus jaunes. Incroyables de stupidité. Ce qu’il essaie de dire, c’est que nous sommes dans une situation compliquée, et que nous avons besoin de votre aide. Du moins, nous pensons que c’est de votre aide, à vous, dont nous avons besoin. - - Mon aide ? Qu’ai-je à voir avec vos misérables existences dont je n’ai jamais eu cure jusqu’à présent ? : Je l’ignore. Nous ne pensions pas devoir attendre quoi que ce soit de qui que ce soit. Encore moins de la part de ceux qui sont responsables de notre perte à venir. Pourtant le destin vous a mis sur notre route aujourd’hui. Personne d’autre. Vous êtes en train de communiquer avec nous. Aucun humain ne l’a jamais fait auparavant. Et quand bien même un autre humain en serait-il capable, pourquoi s’en donner la peine ? Mais vous, Hephaistos, vous vous êtes donné cette peine. Vous vous êtes arrêté, et vous vous êtes intéressé. Mon discours est, je vous l’accorde, complètement intéressé, car j’aspire à la survie de mon espèce, et que vous paraissez être notre seul espoir. Le discours du rocchus vert atteint le guerrier d’une manière insoupçonnée. C’était un appel à l’aide, d’une population meurtrie. Meurtrie par des êtres comme lui, que seule la destruction intéressait. La survie, il ne la souhaitait que pour lui, et pour ses frères d’armes. Le reste du monde pouvait bien crever qu’il n’en dormirait qu’un peu mieux. Mais il y avait ce rocchus vert, posté devant lui, et qui désirait ardemment la survie de son espèce. Et quelque part, étrangement, cette demande ne le laissait pas indifférent. - - J’entends votre demande. Mais comment pensez-vous que je puisse vous aider ? Je n’ai pas l’intention d’arrêter de vous massacrer, et je ne crois pas pouvoir convaincre qui que ce soit de le faire, quand bien même j’en serais convaincu moi-même. : Nous ne vous demandons pas d’arrêter de nous massacrer. : Enfin, s’ils peuvent épargner quelques jaunes… Nous avons beaucoup souffert récemment et… : Ignorez-le. Nous ne vous demandons pas de convaincre qui que ce soit. Ni d’arrêter de nous massacrer. Je comprends bien qu’il y a par-delà ces terres beaucoup trop de missions qui exigent de s’en prendre à nous. C’est le cas depuis l’aube des terres élémentaires. C’est notre destin. Je comprends aussi que, par nature, vous avez besoin de nous. Sans nous, vous serez privés de nos éclats, de nos perles, et de nos cristaux. Je vous demande de nous aider à survivre, et à pérenniser notre espèce. - - En dépit de tout le respect que je commence à peine à acquérir à votre égard, je pense que vous surestimez grandement votre importance. Si vous n’existez plus, d’autres prendront votre place. Et je ne crois pas que l’équilibre de ces terres en sera bouleversé. Pour autant, je respecte cet espoir qui vous habite, et je n’ai pas autant de répugnance pour vous que j’en ai pour l’espèce humaine. Je préfèrerai la voir annihiler avant la vôtre. Quelle ironie ce serait là, que les rocchus aient survécu à ces minables hommes et femmes. Mais comme je vous l’ai dit, je ne comprends pas bien comment je pourrais vous aider à atteindre votre but. : C’est là que cela se complique. Je vais d’abord laisser notre jaune suprême reprendre la parole. : Tout commence… Et c’est ainsi que Hephaistos apprit l’existence du Rocchus Originel, noir et puissant. L’idée le séduisait de plus en plus. Un monstre, plus puissant que les autres, pour décimer les aventuriers les moins aguerris. Sous son apparence de rocchus, nul doute que beaucoup s’en approcheraient sans inquiétude, pour finalement prendre conscience de leur terrible erreur. - - Vous avez donc besoin de disposer de la plus intense des flammes, et du froid le plus glacial pour former ce Rocchus Originel ? En un unique endroit ? Est-ce possible ? : Nous l’ignorons. Nous avons mis en commun le peu d’esprit que nous avions, mais nous sommes incapables de trouver une solution. Nous pensions que vous seriez peut-être la clé de cette énigme. - - Cela me laisse perplexe. Je reste une brute qui abat lourdement sa hache pour faire éclabousser le sang et fracturer les os. Cela ne nécessite pas beaucoup d’esprit. Nous sommes un peu les rocchus bleu-mauves des populations humaines, nous autres guerriers. Même si, je vous l’accorde, quelques-uns de nos magiciens ne sont pas les plus vifs d’esprits. Ou de corps d’ailleurs. : Brrrr, Frrrr, Brrr, Frrr. Tous les rocchus bleu-mauves semblaient s’agiter autour du guerrier igné, reprenant en chœur ces curieuses sonorités. : Brrrr, Frrrr, Brrrr, Frrrr. : Z’ont quoi encore ces sales bestioles ? Qu’on a rien fait nous ! Qu’on est pas responsab’ ! Arrêtez don’ un peu de trembler com’ des mauviettes ! Qu’on sait pas trop si vous avez froid ou chaud au derrière ahahahah. : Brrr, Frrr, Brrrr, Frrrrr. : Ils ne font jamais ça d’habitude. Arrêtez s’il vous-plaît, le moment est important. : Vous êtes la honte de notre lignée ! Vous serez notre perte, assurément. : Brrrrr, Frrrr, Brrrrr, Frrrrr. : Ce sont des enfants éduqués malgré tout. Et ils nous respectent, nous les verts. Lorsque nous leur disons d’arrêter, ils le font sans broncher. Ils n’ont aucune capacité de rébellion. Je crois qu’ils essaient d’exprimer quelque chose. : Brrrr, Frrr, Brrrr, Frrrr. - - Attendez un peu. Ce qu’a dit le rocchus rouge n’est pas idiot. C’est comme si les rocchus bleu-mauve exprimaient à la fois le froid et le chaud. Est-ce que ce ne serait pas cela, leur message ? : Il n’y a pourtant là rien de bien nouveau. Oui, nous avons besoin de chaud et de froid. - - Mais c’est vers moi qu’ils dirigent ces sonorités. Les rocchus bleu-mauve, du mieux qu’ils le purent, tentèrent de se réorganiser, de se repositionner. Cela était laborieux, et de longues minutes s’écoulèrent. Les jaunes s’exaspéraient déjà, les verts étaient circonspects, et les rouges se moquaient à gorge non déployée. Hephaistos, lui, les observaient avec la plus grande attention. De leur étrange manège émergea peu à peu une forme grossière aux contours bleus et mauves. Du sable du désert émergeait un message, sous forme de dessin. D’un coup, le guerrier s’illumina. Iverness.
  4. Comme indiqué en pv, ce serait pour mettre à jour les distinctions 750 joutes et 2000 meurtres ! Merci ! Edit Matagot : fait
  5. Les couleurs s’entremêlaient dans son esprit et s’entrechoquaient sous son regard. Le Jaune. Il n’y avait pas que les dalles dorées qui rappelaient la couleur d’Eolia. Le jaune filait aussi dans la tignasse dorée de Terpsichore qui sautillait d’un pavé à l’autre, faisant danser sa natte avec autant d’élégance qu’une feuille virevoltant sous la main invisible de la brise. Il était aussi là, plus profond, sous la cape ténébreuse de Melii qui se soulevait lorsqu’elle tournoyait autour de lui, bandant son arc par-dessus ou dessous, faisant face à l’autre rôdeuse qui s’agitait en face. Il était aussi là, à souligner les contours de la robe qui habillait le puissant Yaninho. Au creux de sa main aussi, moins discret, plus visible, comme pour avertir des sorts redoutables qu’il pouvait déchaîner. Le jaune était aussi là, dans la bile se déversant du poitrail éventré de l’un ou de l’autre de ses adversaires, se mêlant au sang et à … … son Rouge. Le rouge était partout autour d’eux, projeté et éclaboussé sur les murs de l’arène, dégoulinant, pleurant sur leurs aspérités, pour mieux en épouser les formes, avant de ruisseler sur le pavé déjà rougi par la peinture en l’honneur de Vulfume. Le rouge du sang s’affichait aussi, immuable, sur le dos de la lame gigantesque du guerrier Elrindil, aux côtés duquel il combattait. Et sur le tranchant de sa lame, par éclat, le rouge sombre d’un sang bien réel apparaissait brièvement, l’espace d’une fente ou d’une estocade. Omniprésent était-il, ce rouge, jusqu’à emprisonner la blanche orbite de ses victimes d’un fin réseau de veines au tracé torturé. Des yeux vidés de toute animation, fixant le ciel, et l’intensité de… …son Bleu. Il était plus délicat d’observer ce bleu sur le terrain des joutes. S’il s’étalait, tout uni, sur la voûte céleste, il semblait s’évanouir au niveau du sol, au grand dam de Posicillon. Il était pourtant là, par touches, timide. Il scintillait sur le sceptre de Yaninho, sous une faible lumière. Mais dès lors que le mage entrait en action, ce bleu s’évanouissait, pour se muer en un blanc aveuglant. Aussi, les coups assénés recouvraient le corps des combattants d’un bleu tirant vers des teintes moins vives, plus foncées. Il y avait enfin ces pépites bleues qui vous fixaient avec intensité, lorsque Terpsichore avait décidé de tirer une flèche dans votre direction. La jeune terrane sublimait aussi la dernière couleur… … le Vert. Toute parée de lui, elle honorait en permanence la déesse Fimine. Celle-ci tentait, difficilement, de manifester sa présence en mille endroits, dans les interstices séparant chaque pavé, où quelques brins d’herbes forçaient leur chemin vers la lumière de la surface. Même piétinés encore et encore, ils persévéraient à s’élancer vers le ciel, et sans jamais perdre de leur parure verdissante. Sur les murs de l’arène, quelques plantes agrippaient leurs doigts boisées à la façade rugueuse, et s’ornaient ici et là de quelques feuilles ravissantes. Les éléments étaient ainsi tous célébrés, de manière plus ou moins vibrante, plus ou moins vivante, au travers de leurs couleurs respectives. Naturellement la cible de ses adversaires, c’est principalement le pavé que côtoya Hephaistos au cours de ce tournoi – bien plus que les membres de sa propre équipe - , et c’est bien plus étalé sur lui de tout son long, agonisant, qu’il eut le temps de s’imprégner de ces quatre couleurs, comme jamais il ne l’avait fait auparavant. Et c’est tout ce que l’igné retiendra de ce tournoi, à défaut d’une prestation retentissante.
  6. Efaaaaaaaa <3 Le beau basané !

    1. Hephaistos

      Hephaistos

      Mdrrrr basané carrément. Tu me confonds pas avec Jack le paki j'espère :( (même si y a pire que d'être confondu avec le grand Général)

    2. Fukaeri

      Fukaeri

      Non, je ne confonds pas :o

       

    3. Hephaistos
  7. RP pour Hephaistos Ils étaient là. Presque tous. C’était devenu un rituel. Un moment de convivialité partagé entre frères et sœurs de l’Au-Delà, sous les rayons absents du soleil et dans la moiteur fétide du marais d’IssCanak. *Tchtonk* Hephaistos était content de tous les retrouver. L’humidité du marais leur faisait perler à tous de grosses gouttes le long de leurs visages. Jackall, leader charismatique et énigmatique, était évidemment là pour orchestrer ce moment, désarticulant ces bras ici et là pour ordonner à l’un ou à l’autre d’accomplir sa tâche. Le magicien Yaninho n’offrait au monde que la vue de son postérieur la plupart du temps, à quatre pattes, à trifouiller les herbes hautes à la recherche d’une pièce ou de toute ressource égarée là ou ici. Le majestueux Bartimeus était absent. Il avait bien trouvé le totem cette fois-ci, sauf que le rendez-vous n’était point-là. On l’annonçait sur la route de retour, ce qui pouvait lui prendre jusqu’à plusieurs heures malgré la centaine de mètres qui le séparait de ses compagnons. Les déesses sanguinaires des Au-Delà étaient aussi présentes. Fukaeri transmettait ses ordres à Jackall qui s’exécutait sans broncher, Meliii n’était pas encore morte, et Seren laissait encore traîner sa longue queue humide, imitant presque à la perfection les tyrannosirènes. Sa queue s’agitait toutefois parfois pour venir frapper le mur sur lequel était adossé prinny, tel un poseur, le torse nu, une pinte de melrathienne entre les mains. Il y avait aussi évidemment Karamelldansen qui faisait danser ses grappins qui auraient volontiers répandus leurs teintes violines sur les alentours, si toutefois il y avait eu un brin de soleil. Schindler astiquait consciencieusement sa longue moustache d’un rouge ardent au fil de son épée. Falatapouet rouspétait enfin dans sa barbe fournie que les rocchus manquaient d’ardeur à la tâche. *Tchtonk* Du moins, c’est ainsi qu’il se rappelait de ce moment. En réalité, il était rare que tous les Au-Delà puissent être présents au même moment. Les uns étaient partis tantôt aux cimes, tantôt sur les îles, et d’autres roupillaient profondément au fin fond de leur lit. Il gardait pourtant de ce moment cette vision idéale de tous les Au-Delà réunis, agrégeant ainsi le meilleur de ses souvenirs partagés avec eux. *Tchtonk* Il se plaisait ainsi à les contempler, et à passer de l’un à l’autre pour échanger quelques mots avec eux, rire d’eux-mêmes ou du reste indigne de la population. Bartimeus avait même eu le temps d’arriver, preuve que le temps s’écoulait finalement bien trop vite dans ces moments de bonne humeur. *Tchtonk* Peu à peu néanmoins, les visages se fermèrent, se serrèrent. Lui jetèrent même quelques regards noirs. Il semblait être désormais le seul à profiter de l’instant. *Tchtonk* Il ne se souvient plus précisément qui, mais il entendit une voix s’élever au-dessus des autres. « Il faut taper. » *Tchtonk* Aucun ennemi n’était pourtant en vue, si ce n’est quelques alligaterreurs visiblement affamés, et les disgracieuses tyrannosirènes qui n’auraient pas même su charmer leurs voisins écaillés. Le boxhulk aussi paraissait menaçant, mais il n’avait jamais eu la bonne idée de quitter son minuscule lopin de verdure. Eventuellement, Meliii aurait pu déclencher un mur de feu inopiné, mais cela n’aurait probablement eu pour conséquence que de la faire décéder elle-même. Cette phrase avait été prononcée, et tout aurait dû être évident, mais ça ne l’était pas. Les Au-Delà étaient devenus de nouveaux silencieux. *Tchtonk* Ne voulant passer pour un idiot, l’igné s’abstint de demander des précisions. Il parcourut à nouveau des yeux la plaine d’IssCanak, et n’y voyait toujours rien. Rien d’inhabituel en tout cas. Il n’y avait que l’attroupement de ces compagnons juste en face de lui, au pied du mur. *Tchtonk* Soudain, il comprit. Il leva les yeux au ciel et se surprit à y découvrir la tour Dilth qui s’élançait vers celui-ci. Bordel, pensa-t-il. Quel con, pensa-t-il également. De sa bouche ne sortit qu’une phrase, qu’il entendrait pendant longtemps. « Aaaaaaaaah, mais vous tapez la tour ??? ».
  8. Je me permets de flood sur ton profil pour passer rang 6

     

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    2. Hephaistos

      Hephaistos

      Vous êtes fascinants.

    3. Fukaeri

      Fukaeri

      Efa est quelqu’un de fascinant !

    4. Hephaistos

      Hephaistos

      <3 C'est toi qui est fascinante Fuka <3

  9. Salut Rémi

    1. Kirnes

      Kirnes

      Salut R2Rmy !

    2. Hephaistos

      Hephaistos

      Salut Yaninho. On cherche à monter en grade ? Quel bel objectif.

  10. Un but en avait remplacé un autre. Elle avait retrouvé l’endroit où elle était née, mais n’y avait trouvé personne. Enfin, si, elle avait croisé la route de la Crasseuse, ce qui était autant une bonne chose qu’une mauvaise chose. Elle n’était désormais plus seulement en quête de ses parents, mais aussi de sa sœur. Et en même temps, elle se sentait de vomir plus qu’à l’accoutumée, l’image de Zieukikrilake lui revenant en permanence à l’esprit. Sa puanteur hantait encore ses narines, sa lubricité infestait ses pensées, sa crasse continuait de pulluler sur son corps, si bien que Moumoula se sentait sale en permanence. Du moins, plus sale que d’habitude. Ayant vécu sur la route, l’hygiène et la propreté n’étaient pas les amies les plus familières de la jeune femme. Disons plutôt qu’une nouvelle couche de crasse, plus immonde, plus épaisse, et plus tenace, était venue recouvrir les précédentes. Elle était d’ailleurs exténuée. Ces années d’errance avaient épuisé tout son être. Il était temps de lever le pied, et pas seulement pour uriner. Après tout, elle se trouvait désormais là, non loin d’où elle avait grandi, et elle imaginait que des gens se souviendraient forcément de ses parents. Surtout, si la Crasseuse disait vrai – et il n’y avait pas de raison de penser que cette vieille folle dispose d’un quelconque filtre – ses parents n’étaient pas de ceux que l’on oublie facilement. Ils avaient quand même l’air d’être de sombres connards. Bref, elle prit la décision de se poser là, à Melrath Zorac. Elle choisit de s’installer au cœur de la cité, sur les rebords de la fontaine. C’était un choix stratégique car c’était un lieu de passage très fréquenté. Y passaient les gens échauffés par le désert aride de l’ouest, et dans l’autre sens, ceux désaltérés par les eaux claires du lac de l’est. Certains ne quittaient jamais la ville et passaient leur temps à déambuler dans ses ruelles pavées. Notamment les vieux, que la vie avait bien trop exténué pour qu’ils puissent se permettre de s’aventurer trop au-delà des murailles de la cité. Il y avait aussi beaucoup de bambins, dont un gamin particulièrement chiant qui ne faisait que brailler à travers toute la ville, pendant toutes les heures de la journée et de la nuit. Plusieurs fois avait-elle voulu le stopper dans son interminable balade bruyante, pour lui dire de la fermer une bonne fois pour toute. Mais à peine atteignait-elle son épaule que le gamin s’était, comme par magie, déporté à une dizaine de mètres plus loin. Que faisait-donc ces parents ? se demandait Moumoula. Ne le cherchait-il pas ? Aucun des parents de cette foutue cité n’était donc capable d’élever dignement ses enfants ? Elle se souvint d’ailleurs de l’autre dégénérée qu’elle avait aussi croisée à l’extérieur de la ville. Une mère éplorée à la recherche de ses maudits gamins. Beffa, elle s’appelait. Elle l’aurait baffée, Beffa… A geindre au moindre passant que ses enfants s’étaient perdus. « Bouhouhou Beffa. Un peu de dignité bon sang. Bouge-toi donc le fondement du tronc de ce palmier et va les chercher, tes gosses ! Après tout, si tu as des enfants en âge de se perdre, tu es en âge de te mouvoir pour aller les trouver et essayer de rattraper un peu leur éducation. » Telle était sa pensée, qu’elle retint toutefois, préférant l’ignorer et poursuivre sa route. D’autant que, de ce qu’elle en avait compris en captant ici et là quelques bribes de conversation, des centaines de vaillants aventuriers les avaient déjà retrouvés ces gosses. Mais de toute évidence, aucun d’eux n’avaient décidé de prendre le chemin du retour vers leur mère. Elle était probablement trop timbrée. Peut-être d’ailleurs que ce mioche dans Melrath était l’un de ses gamins. Peut-être braillait-il autant pour oublier à quel point sa mère était amochée du ciboulot. Elle se posa donc là, au bord de la fontaine dont le bruissement aquatique berçait la jeune femme qui s’endormait souvent au pied de la margelle de pierre. Quand elle ne dormait pas, elle interpellait les passants. « Hé ». « Hého toi ! ». Souvent sans succès. Correction. Toujours sans succès. Elle remarquait d’ailleurs que les passants déviaient de leur trajectoire pour dessiner un arc-de-cercle qui les éloignait à distance raisonnable de Moumoula. Pour l’ignorer plus facilement. Pour échapper aussi à ses odeurs fétides, le comprit-elle tardivement. La fontaine devint ainsi son lieu de bain favori, diluant et évacuant la crasse accumulée. Un beau jour, ou peut-être une nuit – le fil du temps semblant lui avoir échappé -, près de la fontaine où elle s’était endormie, un homme la sortit de son sommeil du bout de sa lame. Malgré le sourire qu’il ne relâchait pas, son visage était dur, imprimé de cicatrices du passé, et creusé de rides naissantes. L’homme ne lui était pas inconnu, bien au contraire. Elle l’avait vu parcourir la place de long en large depuis le premier jour, à importuner tous les passants, tous les jours, avec la même rengaine. Avec les nouveaux venus aussi. Elle s’était même surprise qu’il ne soit pas venu plus tôt l’importuner elle. Mais il la désintéressait complètement, l’homme semblant lui-même ne pas venir de cet endroit. Il continuait de la fixer avec un sourire charmeur. Moumoula était déjà lassée avant même qu’il n’ouvre la bouche. Elle essaya pourtant bien de rendre ses expressions faciales aussi lisibles que possible, mais cela n’y changea rien. L’homme finit par débloquer sa mâchoire, pour dégainer sans surprise sa rengaine : - Ca joute, canaille ? Elle ne savait même pas ce que ça voulait dire. Et elle n’avait pas envie de le savoir. Si c’était pour porter un ridicule bandeau rouge, comme c’était le cas du fanfaron à qui elle faisait face, c’était encore pire. Elle était quand même curieuse. A quoi ce bandeau pouvait-il bien lui servir ? Cela ne le protégeait ni du soleil, ni de la pluie, ni du ridicule. - Non, je… - Tu es nouvelle ici ? Tu connais les Gladius Vagor ? Elle avait à peine eu le temps de répondre qu’il l’avait coupé. - Nous sommes une fac.. - Non, je ne connais pas les Glandus Valtor. Je m’en fous. Je cherche ma sœur et mes parents. J’aim.. - Moi je viens de Raghénor, j’ai……………………………………. de Baranhor….…………………… Dame Sélénia….…………………… du seigneur Rähor avec Zaein….…………………… au fort de Gälya, ………………………. De Raghénor à……………………… sur….…………………… la traversée de la forêt morte d’Ishga……………………… Vhéno……………………… . Elle s’était rendormie. A défaut d’avoir trouvé des réponses à ses questions, elle avait trouvé le sommeil. Un sommeil profond.
  11. C’est ainsi qu’elle s’était finalement nommée. Par dépit. Ses parents n’avaient pas eu le temps de trouver quelque chose de plus convenable. En même temps, sitôt qu’elle avait été expulsée des poisseuses entrailles de sa foutue mère, elle avait été abandonnée. Laissée là, pile à l’endroit où sa douce peau de nouvelle-née avait heurté pour la première fois la terre humide du petit jardin que n’entretenait pas ses parents. Quelques poussées d’herbes folles, un arbre mort, un tas d’immondices, et c’était tout. Elle était ainsi née dans la crasse, d’un rose vite terni par la boue marronnasse, et déjà rongée par les vers. Bien évidemment, elle était trop jeune pour se souvenir de tout cela. Elle ignorait qui avait pu la trouver. Elle comprenait seulement qu’on ait pu la trouver. Nul doute que, comme tout chiard qui se respecte, elle avait probablement braillé sans relâchement, jusqu’à en épuiser les tympans de quiconque se serait aventuré dans les parages. Ce qu’elle ne comprenait pas, c’était le pourquoi. Pourquoi avoir sauvé de cet endroit cette boule de crasse, sale et bruyante ? Un coup de pelle supplémentaire aurait suffi à la recouvrir de terre pour de bon. A atténuer le bruit de ses pleurs. Mais il faut croire qu’un homme ou une femme, aussi fou ou folle soit-elle, l’avait récupéré et sauvé de ce destin tragique. Elle du moins. Du jour de sa naissance et de son absurde sauvetage et jusqu’à ses premiers souvenirs d’errance sur les routes, il ne lui restait rien. Ce qui était étrange. Des années durant elle avait ainsi grandi sans nom, et erré seule sans but précis. Elle ne disposait que d’un petit bout de papier qu’elle portait avec elle. Sur ce bout de papier, la carte du monde. Et non loin d’où était représentée la bourgade de Melrath, une croix était tracée, avec quelques mots griffonnés à côté « Tu es née ici ». Ce n’était que des années plus tard qu’elle avait compris que c’était le lieu où elle était née. Elle avait entrepris d’en apprendre plus sur ses origines. D’apprendre le début de son histoire. Et c’était ce jour précis où elle avait trouvé cet endroit que Moumoula avait enfin pu découvrir des bribes de son histoire. La bâtisse où elle avait grandie n’était plus qu’une ruine. Le toit s’était effondré sous le poids des années, et déjà des plantes grimpantes venaient lécher le haut des murs. Le jardin était triste, lui aussi, avec ses herbes folles et son arbre mort. Elle ne savait pas réellement à quoi s’attendre. Ou plutôt, elle se doutait que rien de cela ne pourrait égayer sa médiocre vie. Ses parents l’avaient simplement abandonné, dans l’endroit le plus misérable qui soit. Rien ne changerait cela. La bâtisse voisine était encore en relatif bon état. Une vieille femme s’y trouvait, à retourner la terre sans discontinuer. Elle était sale. Pas seulement parce qu’elle retournait la terre pieds nus, et souillée de terre jusqu’au bas d’une jupe déchirée de toute part. Pas seulement parce que de la grotte humide qui lui tenait de bouche s’échappaient des filets de bave lui ruisselant sur le buste et jusqu’aux abords d’une poitrine qui s’effondrait quasiment jusqu’à en toucher terre. Pas seulement parce qu’un couple de mouettes rieuses s’étaient installées dans sa tignasse plus sèche que le désert qui bordait le village. Pas seulement parce que les guanos des sus-citées mouettes traçaient sur son front et sur ses tempes de blancs ruisseaux. Pas seulement non plus parce qu’elle exhalait des relents de chair décomposée et des vapeurs d’étrons frais. Mais surtout parce qu’elle se tenait là avec un regard qui criait un sauvage besoin de contentement buccal. C’était une femme à ne pas approcher, de toute évidence. Mais Moumoula l’approcha. Il le fallait. Il ne fallut pas grand-chose pour que l’immonde femme se souvienne d’un enfant qui serait né dans la bâtisse voisine. « V’savez, mon enfant, que j’y passe plein d’temps dans c’jardin. J’aime ben trop r’tourner la terre ! Que j’plant’ jamais rien ! Que j’aime po ça les plant’ ! C’ben trop vert ! Et j’ai pas l’temps non pu. Que j’préfère le marron moi ! La terre, la bouillasse ! Hmmm ! J’aime le sôle moi. La crasse. Ch’sème rien du tout moi v’savez. Comme çô, que d’la’terre. J’la retourne comme une bonne femme ahrgh argh ahargh. Mais qu’je me souviens ben de la brailleuse, ah ça oui ! V’savez, j’observe un ti peu mes voisins comme ço pour passer le temps ! Surtout ceux qu’font des trucs sôles ! Et que c’tait pô les derniers ceux-là d’à côté. C’t’toi la brailleuse ? » Moumoula acquiesça. « M’disait aussi qu’t’avait une tête à ço argharghargh. Fin bon, j’vais t’dire ce que je sais moi de c’t’histoire. Que ço vo pas ben te plaire gamine ! Que la gross’ t’a lourdé dans le gazon ma pov’gamine hein, entre l’arbre mort et l’aut’ tas d’immondices. Qu’il pleuvait à balles ce jour-lô ! Qu’elle était toute crasseuse de dehors et d’dans ta mère. Et que t’étais pas ben mieux argharghargh. ». - Et mon père ? « Q’t’écoutes pas ben ce qu’j’dis, idiote ! J’t’ai dit qu’il pleuvait à balles. » - Et alors ? « Ton père voulait pas trop se mouiller le caillou. Qu’il regardait par la f’nêtre. » - Ah. Et ensuite ? « Ben qu’c’tout. Tu l’aim’ pô mon histoire ? » - Elle a accouché de moi, et ensuite ? « Ben qu’est-c’t’veux savoir de plus ? Elle s’est relevée et qu’elle est rentrée dans la baraque. Ca pissait je te raconte pô. Enfin toi elle t’a laissé dehors hein. Qu’t’étais sôle faut ben être honnête ! ». - Mais… mais… Rien d’autre ? Elle ne m’a pas donné un prénom, quelque chose ? « Oh que le prénom elle l’avait d’jà j’crois ben. Que j’t’ai pô dit mais qu’tes parents, qu’ça copulait pas ben plus que des poulpes chasseurs. Que quand ça se boîtait l’un dans l’ot’, c’tait ben trop braillard pour que j’sois pô au courant. Surtout qu’y faisait çô dans le jardin aussi. Pas loin d’où l’autre poisseuse t’as pondu didon arghargghargh. Que ço arrivait une fois l’année, à l’automne. Je crois ben qu’elle aimait çô, ta pouilleuse de mère, les lits de feuilles mortes et les lombrics humides qui gesticulent d’partout. Et je parle pô de ton père gamine, arghghrhargh. Tout ça pour’t’dire que ça y faisait çô à peu près 9 mois avant qu’tu naisses. Et que ça m’a ben marqué l’esprit. A part les cris et les couinements, que j’ai ben entendu une chose ! Qu’ta mère elle répétait tout’l’temps ‘C’est Moumoula !! C’est Moumoula !!’. Ça a duré une éternité, qu’j’avais pas que çô à faire moi, j’avais d’la terre à r’tourner. Donc voilà gamine, t’l’as ton prénom, argharghargh ». - Vous êtes sûre de vous ? « Ben sûr idiote ! T’me prends pour qui ? La vieille folle du coin ? ». - Et c’est tout ? Où sont passés mes parents ensuite ? « Qu’est-ça peut-t’foutre ? » - Ben ce sont mes parents quand même… « Qu’t’écoutes rien ! Rien de rien ! Idiote ! Que j’t’ai dit que j’avais d’la terre à r’tourner ! T’as qu’à d’mander à ta sœur, qu’elle saura ptêt mieux ». - Ma sœur ? « Mais credidiou ! Tu n’es qu’une idiote ! Que j’vais pô me répéter cent fois ! Que t’écoutes rien du tout ! Que j’t’ai dit que t’étais né là, entre l’arbre mort et l’aut’tas d’immondices ». - Et donc ? « Tu m’épuises gamine ! C’ta’sœur le tas d’immondices. ‘Fin chais pas trop. Que ça braillait pas autant mais qu’ça bougeait pas mal ah ça oui. Mais qu’j’ai pas vu ta mère la chier celle-lô. Ptêt ben qu’elle était là d’une autre aarghaahargh. Allez va-t-en Moumoula maintenant, que j’ai d’la terre à retourner. » - Merci… madame. Je ne sais pas quel est votre nom. « Oh que ça t’serô pô utile petite sotte ! Mais bon.. Qu’moi je m’appelle Zieukikrilake, je crois ben. Mais qu’tout le monde m’appelle La Crasseuse, que jsais po ben pourquoi. M’enfin personne m’parle ici, peut-être ben que je pue argharghaarhgghagh. » - D’accord, madame. Et la jeune fille s’éloigna. Puis s’en alla. Et c’est ainsi qu’elle se renomma Moumoula, avec toutes ces interrogations en tête. Une sœur ? Cela était-il possible ? Etait-ce vraiment sa sœur ? Avait-elle été abandonnée, elle aussi ? Et comment pourrait-elle la retrouver ? Et ses parents ? Qu’étaient-ils devenus ? Avait-elle réellement envie de le savoir ? Tant de questions en elle. Mais souhaitait-elle réellement avoir toutes les réponses ?
  12. La Rencontre Ils étaient là. Tous agglutinés contre les remparts décrépis de Til’Lunis. L’homme n’en avait jamais vu autant, en un même endroit. Et encore moins aussi dépareillés, mélangeant leurs teintes unies sans harmonie. Du moins, en apparence. Car à les observer, il réalisa finalement assez vite qu’il existait une forme d’ordre, ou de hiérarchie peut-être, devant ses yeux circonspects. Les rocchus jaunes étaient plutôt entassées le long du rempart, s’alignant de manière approximative, et dominant d’un demi grain de sable leurs congénères. Les rocchus verts, en « contrebas », n’étaient pas bien éloignés du premier groupe, et semblaient aussi constituer un ensemble vaguement cohérent. Et puis au milieu d’eux, des rocchus bleu-mauves s’éparpillaient. Certains s’étaient égarés en marge du groupe et paraissaient plus figés qu’à l’accoutumée. Et jamais trop loin d’eux, un rocchus rouge rôdait toujours, entretenant une proximité toujours très étroite, à la limite de l’effleurement. Et puis, un peu partout autour d’eux, et autour de lui, le sol était constellé d’une poussière jaunâtre. Une poussière de rocchus, il le savait. C’était ce crépitement indéfinissable qui l’avait attiré, alors qu’il rôdait aux abords de la mine. C’était bien trop bruyant pour n’être que quelques bûchettes posées dans un feu. Et puis si feu il y avait eu, il aurait sans nul doute rapidement repéré une colonne de fumée s’emparer de l’azur du ciel. Alors il était descendu, avec toute la discrétion qu’il pouvait avoir, toujours vêtu d’un noir proprement incongru dans cet océan beige, trimballant son arme toute aussi discrète, et bien évidemment, sa mine cendrée à faire pâlir la blancheur des étoiles. Alors qu’il descendait et que le sable étouffait bien utilement chacun de ses pas, les crépitements avaient cessé. Juste le temps d’apercevoir à quelques dizaines de pas un bout de rocaille jaune dessiner , non loin des ruines de Til’Lunis, une courbe en cloche, tel un météore ridicule qui n’aurait pas même eu le prestige de s’embraser. Et c’était donc là qu’ils les avaient découverts, perplexe. « Mais que peuvent-ils bien faire, tous réunis en cet endroit ? » pensa-t-il. Les rocchus ne se mélangeaient pourtant donc jamais. Aussi insignifiants qu’ils puissent paraître, derrière leurs contours mal dégrossis, derrière leur inertie déconcertante, derrière leur force proche du néant, l’igné s’était étrangement toujours étonné de cela. Si cet intérêt restait minime au regard du reste de son existence, il avait au moins le mérite d’exister. Un peu comme les rocchus. Et pour pousser l’intérêt plus loin encore, son esprit s’était aventuré à émettre quelques sauvages hypothèses à ce sujet. La plupart du temps, il en concluait que cela ne pouvait dissimuler que quelques haines enfouies (dans le sable du désert, probablement). Un instant, il transposa la scène à une échelle humaine. Des dizaines, voire des centaines d’individus, réunis en un même endroit, alors que le quotidien les avait toujours maintenus à distance raisonnable, au titre de quelques ires du passé, ou d’opinions divergentes. Il s’imagina devant lui les Constellations de l’Aube, les Alliances, les Thuatha Dé Chilandari, et puis, évidemment, les Au-Delà. Nul doute qu’une telle rencontre au sommet aurait été annonciatrice de grands bouleversements dans ce monde. Etait-ce cela qui attendait les populations rocchus ? *** C’était imperceptible. Il aurait fallu les scruter des heures, et encore, pour en percevoir le début du frémissement de l’aube d’une lueur. Mais oui, au plus profond du point noir qui leur tenait lieu d’œil, un scintillement était paru. De fait, il était à peine visible, l’émerveillement qui se mit à illuminer chacune de leurs tronches anguleuses. : C’est lui. C’est forcément lui. Il est notre salut. : L’espoir. C’est l’espoir qui est notre salut. C’est cet espoir qui l’a guidé à nous. A nouveau, les rocchus rouges avaient par mimétisme reproduit l’enchantement qui s’était emparé de leurs modèles jaunasses, sans en saisir parfaitement la raison. Les rocchus bleu-mauves étaient quant à eux authentiquement émerveillés. Mais puisqu’ils ne pigeaient jamais rien, à peu près tout les émerveillait. Jusqu’au soulèvement d’un grain de sable par une bourrasque de vent. *** « Il me regarde tous, là, non ? » se demandait-il, pour lui-même. C’était une étrange sensation. Ils n’étaient pas dotés de la parole, et la ponctuation qui leur faisait office d’iris était bien trop minuscule pour y discerner distinctement vers quelle direction leurs regards se portaient. Ils auraient pu se concentrer sur le nord-est ou le sud-est que ça n’aurait pas fait grande différence. De doigts aussi ils étaient dépourvus. Cela n’aurait pas été courtois de le désigner mais cela aurait été franchement pratique, dans ce cas-ci. Et malgré la quasi-absence d’indices convergents, il avait le sentiment que tous le regardaient, le fixaient, le scrutaient. « Vont-ils bondir sur moi et m’attaquer en meute ? ». L’idée était absurde, mais elle le fit frémir l’espace d’un instant. Après tout, prenez la plus insignifiante et inoffensive bestiole, multipliez la par mille, et c’est une toute autre histoire. Il y a bien un contre-exemple mais ce serait grandement vain de le mentionner ici. Il se contenta alors de les regarder, tous autant qu’ils étaient, de la même manière qu’eux semblaient le faire. Il songea l’espace d’une seconde alors de demander ce qu’ils regardaient, mais se retint. Un badaud aurait pu le surprendre, et c’en était fini de sa réputation de grand méchant. Il deviendrait l’homme qui murmure à l’oreille des rocchus, et ce n’était un statut ni enviable, ni envisageable. *** : Je vais être parfaitement honnête. Mon espoir est grand, et je crois en notre destin de relever ce défi. Je crois aussi que cet homme peut être notre salut. Mais à parler vrai, je ne comprends pas de quelle manière. : C’est fâcheux. Pour parler également en toute transparence, je ne le comprends pas non plus. Mais étant d’une intelligence hors-pair, je sais que cet homme est notre salut. Cet homme est le feu incarné, son cœur est ardent comme la lave. Mais sa peau est froide comme la cendre. Son âme est aussi glaciale que la mort. : Vous faites de beaux poètes, vous les rocchus jaunes. Mais de terribles stratèges de guerre. Tout cela, ce sont des mots. Cet homme a beau être le feu, et la glace, tout cela est figuré. Son cœur ne sera jamais aussi chaud qu’une lave incandescente, ni son âme ou sa peau aussi froide que les glaces des cimes. Poétiquement peut-être. Mais pas physiquement. : Il paraît pourtant que cet homme est un poète. C’est peut-être ce talent dont nous avons besoin… Bon… bon… c’est vrai. Cela paraît idiot, et c’est bien trop idiot pour ma personne. C’est une idée que vous auriez pu avoir, et cela me donne la nausée. : Merci de ne pas retomber dans tes vieux travers de souverain poussif. Si nous ne sommes pas capables de comprendre en quoi il peut nous être utile, peut-être qu’il le sait, lui. : Et quand bien même il le saurait ? Nous sommes des rocchus, et il est humain. Comment nous adresser à lui ? Et quand bien nous serions en mesure de communiquer avec lui, pourquoi voudrait-il nous aider ? *** Il aurait dû partir. Qu’y avait-il de si intéressant à dévisager ce tas de cailloux grossiers ? Il restait pourtant là, aussi figé qu’un rocchus, le regard presque aussi vide, à attendre que quelque chose se passe. En réalité, il aurait voulu communiquer avec eux, ne serait-ce que pour comprendre la raison de ce rassemblement. Mais il ne savait pas comment s’y prendre. Devait-il ramasser un caillou, et le lécher pour leur signifier qu’il s’intéressait à eux ? Devait-il le balancer, ce caillou ? Mais peut-être le prendraient-ils pour une déclaration de guerre ? *** : Peu importe qu’il veuille nous aider, pour le moment. Essayons déjà au moins de lui faire comprendre que nous voulons rentrer en communication avec lui. Que peut-on faire ? : Nous n’avons ni bras, ni mains, ni un regard suffisamment évocateur. Peut-être pourrions-nous faire un ou deux sacrifices ? Un rocchus qui explose, ça se remarque ! : Et les rocchus jaunes se proposent pour cela ? : Certainement pas ! Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre davantage de cet esprit transcendant dont nous sommes dotés, nous, les jaunes. Un rocchus bleu-mauve fera cela très bien. : Et pourquoi pas l’un de vos sbires rouges ? De toute façon, nos bleu-mauves sont trop benêts pour qu’on leur fasse comprendre qu’il leur faut exploser sur demande. N’est-ce pas les rocchus bleu-mauves ? : Gné ? : Qu’si faut qu’ça explose ces p’tites caillasses bleuasses, qu’nous ça nous dérange pô d’y v’nir tapoter d’ssus hihi. : Et vous ne voulez pas exploser, vous ? : Que..que..que.. mais..mai… maître jaune ?! : Bon, bon, personne n’explosera. Continuons de le fixer. Il va bien finir par trouver cela troublant. : Il trouve la scène déjà suffisamment troublante pour nous scruter depuis de longues minutes. Il va peut-être bien tous nous réduire en cendres. *** « Que faites-vous ici ? ». La phrase ne brisa pas le silence du désert, mais elle brisa le silence qui s’était jusque-là installé entre ce peuple de pierre et l’homme de cendre. Cette phrase, Hephaistos l’avait matérialisé dans son esprit sous forme de pensée. Il ne la prononça pas, et pourtant, il leur avait adressé. Et à n’en pas juger par leurs regards toujours aussi vides de toute expression, compréhension ou forme concrète de vie, il sut tout de même qu’ils l’avaient tous très bien compris…
  13. La Solution Finale De longues minutes s’écoulèrent. Pas un rocchus n’osa s’exprimer. Les uns par ignorance, les autres par manque d’intelligence. Tous par déliquescence. : Je ne vous comprends pas, chers suprématistes dont les rayons du soleil embrasent d’or chacune des facettes de votre peau de pierre. Vous nous rassemblez ici, sous vos airs infatigables d’empereurs dorés, souverains d’un royaume qui semble n’avoir pour limite que les confins inexplorés du monde, vous présentant à nous tels des sauveurs providentiels, pour finalement nous apporter une solution qui n’en est pas une ? : Je te prie de rester courtois. Nous apportons une solution, contrairement à vous. Certes, nous ne savons pas comment la mettre en œuvre, mais la solution est belle et bien là. : Voilà qui est parfait. Une solution qui ne peut être mise en œuvre n’est pas une solution. C’est une mascarade, un faux-espoir, une bêtise absolue. Si votre intelligence suprême ne vous a pas permis de dénicher une solution, comment le pourrions-nous ? J’ai maints reproches à faire à votre espèce, mais je ne saurai lui dénigrer son esprit plus affûté. : A vrai dire, je dois le concéder, nous avions l’idée. Je le crois du moins. Je crois aussi qu’elle s’est manifestement égarée au gré de l’explosion de mes congénères. C’est un peu comme ce stupide jeu de la race humaine… : Oui, un jeu, un jeu, un jeu ! 1, 2, 3… ROCCHUS. *Le 1,2,3 rocchus est la version adaptée et passablement chiante du 1, 2, 3 soleil humain. Le principe est le même, à la différence que, les rocchus ne pouvant se mouvoir, le maître du jeu ne se retourne jamais. Les autres joueurs le fixent donc éternellement de leurs yeux moribonds, et n’avancent jamais. C’est un jeu qui amuse considérablement les rocchus bleu-mauves, qui sont aussi les seuls à y prendre part.* : Que t’comprends rien sale rocchus bleu-mauviette. Que qui t’proposes pas de jouer. Que moi je vais jouer ‘vec toi et qu’tu vas pas ben aimer le goût d’caillasse sur tô figure. : Consternant. Je disais donc. C’est comme ce jeu de la race humaine, où un premier joueur énonce un message à un autre, puis ledit message est délivré par le second, vers un troisième. Et ainsi de suite. Au fur et à mesure qu’elle se propage, l’essence du message se déforme, se consume, voire se perd totalement (un peu comme chacune des pensées furtives qui traverse l’esprit mort des rocchus bleu-mauves). Je crois qu’ici, c’est ce qui arrive. Une partie de l’information s’est perdue. A mon grand désarroi. : C’est au moins à votre honneur de le reconnaître. Enfin. Restons porteurs d’espoir et d’optimisme dans ce cas. Si cette idée a germé dans l’une de nos cervelles, pourquoi ne le referait-elle pas ? Peut-être que, collectivement, nous pouvons la faire émerger. Des idées ? Les rocchus bleu-mauves, qu’en pensez-vous ? Où pourrions-nous disposer en un même endroit, du feu et de la glace ? : Feu chaud. Frrrrrr. Glace froiiiid. Brrrrrr. : Intéressant. Faisons comme si ce point de vue nous était utile. Effectivement, nous devons disposer d’un point chaud, voire très chaud, et d'un point très froid. Le tout au même endroit. Les rocchus rouges, un coup de main ? : Qu’un coup d’main pas d’problèm que je vais en donner sur la tête des bleu-mauv’ de misère ! Même que c’sera pas qu’un mais ben plusieurs ahahah. : Et si tu oublies l’espace d’une seconde les rocchus bleu-mauves. Qu’est-ce qui te sort de la tête ? : Gneuh. : Bon bon. Les rocchus rouges soulèvent une idée intéressante. Nous pourrions tout à fait créer la chaleur en exerçant des coups répétés sur une surface particulière. : Mais cela ne nous apportera pas le froid, beaucoup plus complexe à matérialiser. Et puis, nous devons nécessiter d’un froid intense et d’une chaleur ardente. Un vulgaire feu de cheminée, ou un amas de neige fraîche ne sauraient faire l’affaire. Il s’agit là d’un puissant rituel qui requiert de puissants ingrédients. : Une telle chaleur ne saurait nous être apportée que par les laves incandescentes du volcan à l’est de la capitale. Et un froid si intense ne saurait qu’être extrait des glaces éternelles des grottes des cimes, au nord. : Et je suppute que tu as l’intelligence requise pour comprendre que les glaces fondraient rapidement en dévalant les pentes des cimes, et disparaitraient complètement dès les portes du désert septentrional. : Oui, tu supputes convenablement. Et bien que les laves sauraient certainement être transportées plus convenablement, la question du transport se pose. Nous ne disposons pas de mains, et quand bien même, celles-ci seraient réduites en cendres en un instant. : Je sais que nous avions déjà balayé les hypothèses les plus évidentes. Et que nous nous étions confrontés à ce même état de fait que tu établis. Malgré la splendeur de notre lignée jaune, nous sommes globalement, relativement, indubitablement, des incapables. Et je ne crois pas qu’il existe de solution dont nous dépendrions seuls. : La solution nécessiterait une aide extérieure ? Mais quel genre d’aide ? Doit-on attendre un signe des dieux ? : 1,2,3 ROCCHUS. (*à l’énoncé de cette phrase, quelques minutes plus tôt, les rocchus bleu-mauvaises s’étaient mis en tête que le jeu avait commencé*). : 1,2,3, COUP SUR TA CABOCHE SALE ROCCHUS (*c’était le moment idéal pour les rocchus rouges pour s’en prendre à eux, le jeu obligeant leurs victimes à ne pas bouger*). : J’ignore si les dieux doivent nous venir en aide. J’ignore quelle pourrait être cette aide extérieure. Qui pourrait vouloir aider une bande de rocailles plus ou moins gracieuses selon leur couleur à s’unir, se renforcer, et lutter contre son annihilation ? Qu’est-ce qui pourrait bien, sur ces terres, disposer du feu et de la glace ? Est-il encore des secrets dont cette terre recèle ? Peut-être bien que tout ce qui vient de se produire était écrit. Nous donner une solution, puis nous l’ôter en l’espace d’un instant. Pour nous rappeler à tous à quel point nous sommes tous de sombres idiots. Nous y compris. L’espace d’un instant, cette humilité toucha les rocchus verts qui n’en avait jamais tant vu chez un rocchus jaune, habituellement bouffis de vanité et de supériorité. : Ton humilité me surprend autant qu’elle me touche. C’est une évolution que je n’aurais pas pensé voir chez vous. Peut-être que c’est là le signe que nous devons garder l’espoir, et le saisir fermement pour ne pas le perdre. : J’admire ton espérance. Mais compte tenu de notre réflexion limitée, que pouvons-nous faire, si ce n’est attendre ? : Alors attendons. Et s’il est effectivement écrit que notre espèce doit être sauvée, et que le Rocchus Originel doit renaître, alors le destin s’arrangera pour que cela se produise. Et sur ces mots, le silence du désert se rompit, brisé par le signe du destin tant escompté. Ce n’était ni un miracle, ni un enchantement. Et ce n’était pas non plus un mirage du désert trompeur. Tous se regardèrent – ou essayèrent du moins, depuis leurs inertes orbites -, et tous comprirent. Comme une évidence, la solution se tenait là, juste devant eux.
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