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Terre des Éléments

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J'ai connu dans le passé bon nombre de factions. Mais jamais, ô combien jamais, une telle adhésion, une telle communion entre tous les membres, ceux-ci partageant sensiblement la même vision. Bien plus qu'une simple collaboration d'idées, l'Au-Delà représente à elle-seule la quintessence d'une véritable communauté, si ce n'est même d'une famille. Une famille unie sous une noire bannière et dont chaque frère d'arme est prêt à se sacrifier pour le bien de tous.

 

Et pendant ces belles et longues années, on peut affirmer que des histoires, il y en a eu ...

 

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Période Campana, le 18

 

Le temps passait lentement dans la forteresse des Au-Delà, nous nous ennuyions depuis plusieurs jours. Rien à se mettre sous la dent : aucune tête à couper pour les guerriers, aucun cœur à transpercer pour les rodeurs, aucun cri de douleur jouissif à entendre pour les nécromanciens et aucun sort à envoyer pour les magiciens.

 

J’étais placé sur mon trône comme à mon habitude et tous mes lieutenants étaient présents autour de moi. Un long silence s’était installé et nous nous regardions l’air de dire : l’action nous manque, les meurtres aussi… Seulement, peu d’aventuriers osaient s’aventurer dehors ces derniers. Avaient-ils peur de nous affronter ?

 

Afin de rompre le silence, je m’exprimais tout haut :

 

« Et dire que notre dernier fait d’armes était notre combat proche des Tours d'Irliscia. Celles-ci n’avaient pourtant aucune importance pour nous mais c’était l’occasion d’avoir un peu d’action. »

 

Résultat : une sanglante défaite pour la faction des Constellations qui s’étaient alliée pour ce combat à celle de l’Alliance. A 3 contre 6, nous avions encore une fois le dessus et ce grâce à Yaninho et Karamelldansen.

 

Finalement, nous en avions vécu des combats et des histoires ensemble. Les Au-Delà c’est avant tout une grande famille qui combat ensemble depuis de nombreuses années. Des attaques de tentes, des meurtres à tout va, des destructions de factions entières, des combats épiques… il y en a eu des histoires.

 

Il était temps de les raconter...

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Elle avait disparu...

 

Oubliée de presque tous...

 

Elle avait du les abandonner...

 

Sa famille, ses freres et soeurs d'armes...

 

Plusieurs années avaient passées depuis son départ, son retour aux sources. Ses origines sirènes l'obligeaient à se ressourcer au fin fond d'Aqua, là où les eaux sont calmes et vivifiantes.

 

Elle pensait pouvoir revenir plus tôt, mais en tant que descendante de la famille royale du peuple des sirènes, elle devait respecter certaines obligations. 

 

Les jours passaient et quelque chose lui manquait. Ce côté sombre quelle devait cacher en elle cherchait de plus en plus à ressortir. Celui qui l'avait, à l'origine, mené jusqu'à l'Au-Delà.


Période Dea, le 14

 

Cette nuit-là, elle fit un rêve. Des souvenirs du passé lui revenaient. Son coeur lui disait qu'il était temps qu'elle y retourne, qu'elle les retrouve. 

 

Elle récupéra son matériel et ses armes. Puis, elle se mit en route, nageant à toute vitesse afin d'atteindre les plages d'Aqua. Elle traversa le village de Melrath Zorac et le Marais d'IssCaNak. Puis, elle l'aperçut. La forteresse Au-Delà était toujours au même endroit.

 

Elle était de retour, impatiente d'entendre raconter toutes ces histoires qu'elle avait raté et de pouvoir en écrire de nouvelles... 

 

 

Edited by Seren
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En 10 ans de bons et loyaux services, Karamell avait vécu un multitudes d'aventures dans l'Au Delà.

Il était arrivé là, un peu par hasard et surtout séduit par le mystérieux général de la faction. Jackall était un homme énigmatique qui savait donner de lui tout en restant dans la retenue. Ce subtil mélange de haine et d'amour, de violence et de douceur à la fois, il ne le trouvait que chez ses compagnons mercenaires. 

Combien de fois la créature étrange qu'était Karamell avait été brimée, insultée, martyrisée ? Il ne comptait plus. 

Mais il avait reçu tellement de soins, d'amour en échange que cela lui importait peu. Il savait que ce n'était que simple boutade et n'en tenait pas rigueur ses camarades.

 

Pour lui, l'important c'est qu'il se sentait exister. Il pensait et vivait de la même façon que les Au delà. 

Tuer, Baiser, Boire. Tels étaient les principes fondamentaux. 

Karamell n'avait jamais autant expérimenté ces 3 domaines que ces dernières années. 

Il pourrait raconter tellement d'anecdotes exceptionnelles à propos de ses frères et soeurs d'armes... 

 

L'une de ses premières rencontres avec  Bartimeus se fit dans un buisson.

 

Période Pluvia, jour et année indéterminée. 

 

Karamell se promenait tête en l'air dans Melrath Zorac, sifflotant sa chanson éponyme favorite lorsqu'il trébucha sur un homme nu dans les buissons. 

 

"MAIS TU POURRAIS PAS FAIRE ATTENTION OU TU MARCHES SOMBRE ORIFICE PHALLIQUE ????"

 

"Oups, pardon. Mais pourquoi es-tu tout nu ?"

 

A la vue du corps sculpté du magicien, Karamell eut une réaction épidermique, le sang lui monta à la tête... et pas queue. 

Gêné il tenta de cacher la bosse qui dépassait de son kilt, lorsqu'il remarqua que Bartimeus était également excité. 

Il regarda dans la même direction que celui-ci et aperçut Hephaïstos torse nu en train d'essayer de dompter un rocchus. Autant vous dire que l'igné bouffait la poussière bien plus souvent que la pauvre bête... 

 

"Hmmm je comprends mieux..."

 

"EUH MAIS C'EST PRESQUE PAS DU TOUT CE QUE TU PENSES ÊTRE, EN FAIT C'EST JUSTE L'INVERSE DE LA POSSIBILITE PROBABLE QUE..."

 

La créature n'avait pas compris la moitié des explications et restait fixé sur la verge du magicien branlante  qui tourbillonnait en même temps que le mage s'emportait.

 

"Pas besoin de te justifier. Moi aussi j'aime les rocchus tu sais."

 

Le visage du magicien s'éclaira d'un seul coup. Il remonta sa robe et ramassa son bâton.

 

"Toi aussi ? mon dieu mais c'est tellement rare les gens dotés de bons goûts dans cette faction. "

 

Ils échangèrent un regard complice et continuèrent à regarder le rocchus massacrer leur pauvre collègue. 

La situation était tellement ridicule qu'ils ne purent s'empêcher de rire à gorge déployée.  

Hephaïstos voyant qu'il ne pourrait gagner contre ce terrible adversaire, vint se réfugier dans le buisson où étaient cachés les deux compères. 

 

"Ah... vous êtes là ? Aidez-moi, par pitié... je suis attaqué par une  immonde bête sauvage ! Elle est terrible avec sa carapace incassable et ses yeux démoniaques... C'EST UNE CREATURE DU DEMONNNNN "

 

Bartimeus et Karamell se bidonnaient tellement qu'ils ne firent pas attention au rocchus qui les chargeait. Terrifié, Héphaïstos s'enfuit vers la taverne la plus proche, queue entre les jambes en criant MAMANNNNNNNNNN 

Le monstre roulait à toute vitesse lorsque par réflexe le mage Aqua lança son meilleur soin à la face du rocchus, ce qui l'éblouit et le fit s'écraser fesses en l'air contre un arbre.

La créature était donc à la merci des Au delà, qui scrutèrent son anatomie avec un air de débauche et en profitèrent pour abuser d'elle.

 

Après cette orgie orgasmique, les deux compagnons  décidèrent d'aller boire à la taverne et de retrouver Hephaïstos qui semblait avoir repris du poil de la bête... 

 

 

 

 

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Les Au-Delà avaient tendance à raconter la réalité d’une manière toujours déviante, approximative, déformée, et sans aucun respect des dignités humaines. C’était un peu leur marque de fabrique. Mais bon nombre de dents – ou de gencives pour les édentés – avaient crissé plus d’une fois à les entendre narrer leurs folles aventures.

 

Karamelldansen n’échappait pas à la règle, contant ses méfaits d’une manière particulièrement colorée. Et erronée. Terriblement erronée. Il racontait « l’épisode du Rocchus », avec tant d’approximations qu’il ne pouvait le laisser poursuivre ainsi.

 

D’un geste inélégant, Hephaistos poussa Karamelldansen. Le terran tombit tête la première, droit sur le tapis souillé des Au-Delà. Dans son mouvement, il souleva un nuage de poussière incommodant.

 

Le guerrier igné éclaircit sa voix, prit la place du terran, et reprit le cours de l’histoire. Ou plutôt, il remonta quelques minutes auparavant, avant d’être surpris par deux êtres en chaleur.

 

Période Pluvia, jour et année indéterminée. 

 

Oui, le guerrier affrontait des rocchus depuis plusieurs heures déjà, et il prenait son temps. Il ne cherchait même pas à les tuer en fait. Il faut dire que ces petites bêtes le fascinaient, planquées derrière leurs carcasses de pierre, ne laissant paraître que deux yeux apeurés. Démunis de tout moyen de locomotion – le sable ne favorisant pas particulièrement la roulade -, ils étaient destinés à fixer leur adversaire dans le blanc des yeux, à attendre qu’une lame, qu’une flèche ou qu’un sort vienne les éclater en mille morceaux. Pourtant, ils affrontaient ce sort dignement. Un modèle d’abnégation. Cela lui rappelait beaucoup l’aéride Melii, qui affrontait aussi beaucoup la mort. Elle l’affrontait pourtant de manière un peu divergente, semblant tendre les bras à la moindre opportunité de succomber sous les coups d’une fiente de dragon tombée d’un peu trop haut, ou balayée par la violente brise générée par l’aile d’un moskito.

 

Mais ce n’était pas pour elle qu’Hephaistos luttait. C’était pour le magicien Yaninho, aussi appelé « Yannick » dans de lointaines contrées. Il était puissant, il est vrai. Mais d’une vitalité déplorable. Les Au-Delà riaient souvent de ce terrible assaut que lui avait fait subir un feuillus vert, pourtant myope et manchot – Yaninho proteste d’ailleurs toujours sur ce point, clamant à qui veut l’entendre qu’ « un feuillus, ça n’a pas de bras ». Pour sa défense, le feuillus était paraît-il tout de même « vraiment pas content ». On dit même qu’il aurait froncé les sourcils – Yaninho protestant aussi sur ce point, car « un feuillus, ça n’a pas de sourcil » -, effrayant le mage qui se serait carapaté à vitesse réduite derrière un scarabée cornu qu’il avait confondu avec son Général. « Je vous jure, avec sa corne, c’était troublant, j’ai vraiment cru que c’était notre Général ».

 

L’igné sentait qu’il s’écartait de son histoire initiale. Il se reprit.

 

Pour venir en aide à Yaninho, il souhaitait collecter le plus d’éclats de rocchus possible. Et dans le même temps, se sentait complètement démuni devant la détresse qu’il lisait dans les yeux ronds de tous les rocchus du coin. Il s’était donc décidé à ne s’acharner que sur un seul d’entre eux, tentant de la dépouiller du plus grand nombre d’éclats possibles. Mais ça ne fonctionnait pas. Le rocchus ne libèrerait qu’un seul et unique éclat, une fois mort. L’igné ne put se résoudre à l’achever, et tenta de l’amadouer, de le charmer, de négocier même avec lui.

 

Sauf qu’il réalisa que la stratégie qu’il mettait en œuvre était ridicule. Mais personne ne l’observait, au moins. A moins que…

 

Il sentit une présence à quelques dizaines de mètres de lui. Comment était-elle arrivée là ? Elle avait dû être discrète ou arriver avec une extrême lenteur. C’était évidemment le second scénario. Il le sut dès qu’il aperçut la silhouette dessinée du magicien Bartimeus. Ses abdominaux saillants et glabres irradiaient le désert de leur sublime. C’était difficilement évitable, avec son costume qui visiblement ne pouvait être fermé. Il fut rapidement rejoint par un autre comparse, le guerrier Karamelldansen, qui illuminait le désert de sa chevelure fuschia impeccable. L’igné voulut les rejoindre, mais fut saisi d’effroi en sentant une main saisir son talon. Il se retourna, pour n’y découvrir que le même rocchus qu’il convoitait depuis des heures, continuant de le fixer avec une intensité digne des plus grands bovins. Que s’était-il passé ?

 

Terrifié, il prit ses jambes à son coup, en direction de ses deux comparses. Il est vrai que sa réaction paniquée était légèrement exagérée.

Aidez-moi, par pitié... je suis attaqué par une  immonde bête sauvage ! Elle est terrible avec sa carapace incassable et ses yeux démoniaques... C'EST UNE CREATURE DU DEMONNNNN "

 

Il n’en dit pas plus, conscient que personne ne le croirait. Il ne s’arrêta pas au niveau des deux Au-Delà, visiblement trop occupés à rire, et poursuivit son chemin vers la taverne, où il comptait probablement goûter quelques liqueurs pour oublier ce qu’il venait de subir. Cela remettait en cause toute sa conception des terres élémentaires. Si les rocchus avaient désormais des bras, alors cela ouvrait les portes à toutes les fantaisies.

 

Il cria « Maman ». Certes. C’est indéniable. Mais il s’adressait en fait à Mère Nature, fou de rage contre ses sombres manigances. Il avait toujours eu l’habitude de l’appeler ainsi, pour la ridiculiser et l’humilier. Pour diminuer son rôle. Elle qui créait tant de belles choses, harmonieuses et sublimes, quand tout ce que voulait voir l’igné était la désolation et le chaos. Mais des bras à des rocchus, c’était au-delà de toute ça (vous l’avez ? s’enquit-il à ceux qui l’écoutaient). C’était contre-nature. Un peu comme les cheveux de Karamelldansen. Cela était très beau, sans nul doute. Mais tout le monde savait bien au sein des Au-Delà que ce n’était absolument pas naturel, une telle couleur n’existant nulle part ou presque sur les terres élémentaires.  L’homme se rendait régulièrement sur le littoral irliscien pour récolter le seul endroit où cette couleur se trouvait, ce subtil mélange de rouge et de bleu. Il y récupérait en effet la semence colorée de quelques tiques globuleuses en chaleur – mais nous raconterons une prochaine fois la manière dont il s’y prend pour les exciter -.

 

Lorsque Karamelldansen arriva à la taverne, Hephaistos s’était déjà remis de ces émotions savourant une bière mousseuse d’Aéris. Et lorsque Bartimeus arriva, l’igné achevait déjà sa cinquième bière.

 

« Déjà ? » lui lança l’igné.

Edited by Hephaistos
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L'évolution,

 

Comparable à une chaîne alimentaire. L'après croquant l'avant avec voracité, sans pour autant y délaisser les qualités déjà acquises.

Depuis mon arrivée sur les Terres de Melrath, je n'avais cessé d'évoluer. Je cherchais à corps perdu un lieu où je pourrais être moi, sans façade, sans artifice. 

J'avais arpenté de nombreuses Factions, et toujours arboré leurs blasons avec fierté. Ce chemin parcouru ne me laissait aucuns regrets ni rancunes, c'était l'évolution.

 

Mais enfin, elle était là. Elle me lançait des regards aguicheurs, en me susurrant : Allez viens, vieeeens. Regarde tout ce que l'on va pouvoir faire...

Fraîche, mais chaude en son coeur, l'aura qu'elle dégageait ne pouvait laisser quiconque indifférent; de la peur, de la jalousie, de l'amour. Pour ma part j'y voyais beaucoup d'amour, un amour fraternel qui était peut être naissant mais promis à de grande choses. 

 

Comment résister ? Tout y était, la force, l'amitié, un beau Général, un état d'esprit,  un clan, une famille. Toutes ces valeurs que beaucoup prônait mais que personne ne respectait. On en trouvait même qui fanfaronnait, qui se disaient être son égal, quelle affront.

C'est finalement en cette période Créativa, le 13 que mon humble vie de Mage pris un tournant : La demande d'intégration de Bartimeus a été acceptée par Rhadamanthe  2011-01-13

 

Mon ADhésion était faite.

 

Et me voilà 9 années plus tard, défendant avec toujours autant de fidélité ce Blason.

Des rencontres ? Bien évidemment, toutes aussi uniques les unes que les autres. C'était ça les Au-Delà, une groupement de mercenaires, avec des idées différentes mais un but commun, une perpective avec le même point de fuite. 

Grâce à cette confiance qui règne au sein des Au-Delà, j'ai pu m'ouvrir. Certains textes vous diront que j'ai toujours été ouvert, comme la porte des Etoiles, et qu'un certain Jaffa pouvait y séjourner aisément.

Mais je vous parle ici d'ouverture de coeur. Tout d'abord à une belle chevelure rosée, puis progressivement, ou plutôt brutalement au reste de ses Amis. C'était comme ça, le tact n'était pas notre fort. Mais en dépit de cela rien n'avait changé, et rien ne changerait. Ils sont toujours là dans les moments d'euphorie tout comme dans les moments les plus triste. C'est un beau papillon boréal qui vient se poser au creux de ta main, ils te donnent de l'espoir.

Nous voulons aller au-delà ensemble, nous voulons évoluer ensemble.

Accepter l'Au-delà c'est évoluer.

 

L'évolution.

Edited by bartimeus
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Une vie, une existence à combattre des idéaux bien trop souvent tronqués par une vision des plus binaires. D'un côté, le bien, de l'autre, le mal. Point. A vous de faire votre choix, de choisir votre clan, ce qui, à vos yeux, représente au mieux vos aspirations. 

 

Il est vrai que pour certains, la question ne se pose même pas tant leur chemin semble déjà tout tracé. Et puis, il y a les autres. Ces autres qui hésitent entre la raison et la passion. Entre l'envie d'une paix entre tous les peuples et le plaisir d'humer le désarroi des victimes et dont les yeux fermentent de douleur. 

 

Un choix, disais-je. Presque existentiel ... Presque, tout simplement. Quel meilleur moyen d'affirmer sa véritable identité qu'en se laissant tenter par ces deux extrêmes ?

 

L'Escorte d'Eolia, l'Ombre de Kilinaë. Le bien pour l'un, le mal pour l'autre. Mais les mêmes caractéristiques communes : des victoires par-ci, des défaites par-là. Et dans tous les cas avec du sang et des larmes. Est-ce réellement nécessaire de faire un choix lorsque ces deux camps aux pensées radicalement distinctes partagent en fin de compte la même destinée ?

 

Il me fallait dès lors du changement. Davantage de liberté d'action et de pensée. Ne plus être sous le joug de ces mêmes préjugés. Et puis, et puis ... L'Au-Delà. Bien qu'une simple entité d'individus unie sous une même bannière, une véritable famille. Chacun est libre d'agir comme bon lui semble, tant qu'il respecte ses frères d'armes, sans pour autant chercher constamment à servir cette conception binaire du bien et du mal. Pas de jugement sur le passé ou le vécu de chacun, juste le souhait de continuer à grandir et évoluer ensemble, et à fantasmer sur notre avenir qui, qu'on se le dise, peut diverger selon les effluves d'alcool environnant et embrumant (bien trop souvent ?) nos esprits. 

 

Cet état d'esprit, cette philosophie unique constitue le joyau qui forge notre relation. Dure comme de la roche, précieuse comme le diamant. Et qu'on se le dise, nul ne peut, et je peux fièrement l'affirmer, altérer cette communion.

 

Certes, il reste des morts dans toute cette histoire, mais les pages de notre aventure s'écrivent aussi du sang de ceux qui tentent, en vain, de nous barrer la route. Vers où me direz-vous ? 

Sans nul doute vers l'Au-Delà.

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Si la plupart des habitants d’Aeris connaissent son âge, peu de gens connaissent véritablement son histoire.

 

Elle est arrivée aux portes de l’Au-Délà il y a quelques années.

 

Orpheline de ses deux parents, Fukaeri est une jeune fille sans histoire.

Recueillie par Jackall, elle a grandi envers les Dieux ou Démons de l’Au-Délà qu’elle a décidé d’aussi étroitement les servir, que ce soit à travers les prières ou en offrant de l’aide en son nom.

 

L’Au-Delà lui offrit l’asile, un refuge et un rêve, sous une condition qu’elle accepta sans hésiter, incapable de voir ce qu’elle impliquait ; Fukaeri, jeune femme de foi et fervente adepte de la magie blanche, cette prêtresse se ferma au monde et abhorre désormais la paix et la condamne peu importe le motif, sans flancher.

 

Mais quand bien même défendre la veuve et l’orphelin la répugne, elle rêve secrètement que ses Dieux ou Démons sèment la violence et assoient leur domination dans ce Monde. Encouragée par une voix qui, récemment, se fait entendre dans son esprit sans qu’elle n’arrive à savoir s’il s’agit des paroles des Dieux ou de simples divagations.

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  • 1 month later...

L'A/Déconstruction

Période Festiva, le 27 [+ 113 AC]

 

Les épais murs tapissés de douces broderies aux reflets d’or.

L’interminable tapis rouge sang, menant au trône qui dominait la pièce.

La farandole de lits, disposés ici et là, pour accueillir les âmes rincées par les combats.

En l’espace d’un instant, tout s’était volatilisé. Disparu, comme si cela n’avait jamais existé.

Des années entières d’effort et de sueur. Envolées.

Ils étaient tous là, entassées les uns sur les autres, suffoquant dans un espace de quelques mètres de côté à peine. S’écrasant les uns les autres, s’épuisant. L’un expirait un souffle tandis que l’autre venait le happer à quelques centimètres. La promiscuité était totale.

De l’intérieur, ils reconnaissaient d’étranges similitudes avec une tour Dilth. La plus médiocre d’entre elles.

Mais qui avait bien pu faire cela ?

 

Jackall : Mes chers A/D. C’est votre Général qui vous parle !

 

Hephaistos : Non, sans déconner ? T’es à 3 centimètres de mon visage, à 5 centimètres du coude de prinny, à 12 cm de l’orteil droit de Seren, à …

 

Jackall : Tais-toi, boloss ! C’est ton Général qui te parle !

 

Prinny : Et bien parle au lieu de te présenter.

 

Jackall : Nous traversons une situation grave. Une situation de crise même. Je crois que…

 

Il s’arrêta un instant, comme pour donner du poids à ce qu’il allait annoncer ensuite.

 

Jackall : … nous avons déconné. Gravement.

 

Pantyn : Que toi, tu as foiré ! C’est toi notre Général.

 

Jackall : Qui me parle ? Est-ce le grand Larosius ? L’insaisissable aerth ?

 

Le rôdeur aqueux bouillait intérieurement, sentant tout le mépris du Général. Pourtant, il est vrai que le rôdeur était la terrible victime d’un dédoublement, détriplement, déquadruplement, déquintuplement, dé… - enfin, il semblait revêtir beaucoup de personnalités différentes, même les plus honteuses. Le Général ne le laissa pas répondre, et reprit.

 

Jackall : Je ne relèverai pas ta décevante accusation, car je suis au regret d’annoncer que je n’y suis pour rien. Yaninho saura peut-être nous en dire plus.

 

Le mage aéride était recroquevillé dans un coin, les genoux repliés. Sa tête tenait entre ses deux mains tremblantes, et oscillait dans un mouvement continu de va et vient, d’avant en arrière. Il semblait traumatisé. Melii tendit un bâton et tâta la bête qui se contenta de grogner, comme une réminiscence du sale clébard qui l’avait possédé pendant quelques temps.

 

Melii : Je crois qu’on l’a perdu.

 

Jackall : Peut-être que cette réduction de taille de notre grandiose forteresse l’a vraiment atteint.

 

Pantyn : C’est vrai qu’il a connu par le passé des réductions de taille traumatisantes…

 

Karamelldansen : C’est toujours traumatisant les réductions de taille. Rassurez-moi, à part la forteresse, rien d’autre n’a été réduit ? lança-t-il à l’assemblée, tout en balayant du regard les membres sous-ventraux de ses congénères. Très vite, il réalisa qu’il était à portée d’à peu près toutes les bourses et entreprit avec ses bras une élégante chorégraphie de palpation.

 

Seren : Je ne le comprendrais jamais celui-là. C’est moi qui ai la plus grosse queue d’entre tous, et pas même il ne me jette un regard.

 

Jackall : Reprenons nous s’il-vous-plaît, nous nous étions stoppés au traumatisme de Yaninho.

 

Hephaistos : Traumatisme, traumatisme… Un brin l’offusque cette petite nature. L’autre jour il est devenu tout rouge parce qu’on l’a traité de soigneur.

 

Jackall : Je sais bien qu’il est lent, qu’il frappe comme une tique globuleuse écrasée par une méduse ivre, et qu’il est sapée comme une diseuse de bonne aventure venue de pays lointains, mais c’est notre Yaninho. Nous devons en prendre soin. Qu’y a-t-il mon brave Yaninho ?

 

Tant de bienveillance à son égard le fit réagir (ou peut-être était-ce Karamelldansen qui venait de passer sa douce main sur sa longue robe noire pour la dix-septième fois déjà).

 

Yaninho : Le coffre. Le coffre. Le coffre. Perdu. A tout jamais. Plus de coffre. Tous ces objets. Toutes ces ressources.

 

Jackall : Vous voyez. Ce brave mage pleure nos ressources comme il pleurerait la perte de ses enfants.

 

Yaninho : Ma..ma…ma. c….c….c.

 

Karamelldansen : Ta q…q…q… ? Rassure-toi, elle est toujours là.

 

Yaninho : Ma collectiooooon ! finit-il par lancer avant de fondre en larmes.

 

Melii : Ah très bien. En fait il est juste dégoûté parce qu’il ne pourra plus voler dans notre coffre.

 

Jackall : Va mourir ailleurs s’il-te-plaît Melii, au lieu de fustiger notre brave mage !

 

Falatapouet : MAIS QU’EST-CE QUE C’EST ?

 

Le nécromant d’Aqua découvrait avec stupeur le nouvel intérieur de sa forteresse, chatouillé en dessous par l’arc du terrible Badackk, et titillé par le dessus par la longue queue humide de Seren.

 

Seren : Si ma queue te dérange, et bien tant pis pour toi, je n’ai nulle part où la mettre.

 

Jackall : Seren, j’aimerais que tu arrêtes de parler avec tant de liberté de ta queue longue et humide. Cela nous met tous très sérieusement mal à l’aise. Nous sommes un peuple prude, tu le sais bien. Nous ne parlons pas de ces choses-là.

 

Schindler : Taureauuuuuuuuuu !

 

Jackall : Ah, notre brave et seul grand guerrier igné se réveille enfin. Voilà de quoi raviver la grandeur des Au-Delà.

Il n’avait pas fini sa phrase que déjà le guerrier à la moustache rouge mimait de prendre de l’élan avec l’une de ses jambes, avant de s’élancer vers le mur le plus proche, à environ 1 mètre.

 

Sepertina : Est-il idiot ?

 

Jackall : De qui parles-tu Sepertina ?

 

Sepertina : Mais enfin, de Schindler !

 

Jackall : Qui ça ?

 

Sepertina : Mais enfin, le boloss juste-là, qui a pris le mur pour un adversaire de joute.

 

Jackall : Oh, mais tu parles du grand Régis. Tu dois toujours parler de lui en l’appelant Régis. D’autre part, nous nous devons le respect mutuel. Tu ne dois traiter personne de boloss. Jamais.

 

Sepertina : Sinon quoi ?

 

Jackall : Sinon tu meurs. De la main du terrible Eaques.

 

Le silence se fit dans l’assemblée. Sepertina découvrait peu à peu les us et coutumes des Au-Delà, et de toute évidence, elle ne les comprenait pas toutes. Le choc assourdissant de la tête de Régis sur le mur de la tour avait réveillé une autre comparse.

 

Fukaeri : Euh, il se passe quoi là ?

 

Le silence se fit plus lourd encore. On n’entendait plus que les chialeries de Yaninho et les couinements de la queue de Seren sur le corps de Falatapouet. La mine de Jackall était déconfite.

 

Fukaeri : Qui a fait ça ?

 

Jackall : C’est Hephaistos le boloss. Regarde ça rime, c’était son destin.

 

Yaninho : C’est Hephaistos le boloss.

 

Et tous deux désignaient du doigt le guerrier igné qui était tête contre tête avec Régis.

 

Hephaistos : Sérieusement les gars ? Je suis à peine bon pour jouter. Je tue mes camarades sur le champ de bataille. Mais par je ne sais quel enchantement, je serais capable de transformer le plus grand des palaces en une infâme tour Dilth ?

 

Jackall : Il marque un point. Pantyn, peux-tu compter les points marqués ?

 

Pantyn : Euh.. euh… Alors… euh… Hephaistos… euh… Il a marqué combien de points déjà ?

 

Jackall : Laisse tomber, va faire des murs de feu et tuer Melii, ça nous distraira un peu.

 

Pantyn : Mais il faut être à au moins quatre cases de sa cible. Nous n’avons pas la place ici.

 

Prinny : Il sait compter les cases mais pas les points ? Ils sont vraiment tous nuls ces rôdeurs.

 

Jackall : Tu sais que tu es rôdeur ?

 

Prinny : […]

 

Jackall : Mon cher Pantyn, de quoi parles-tu ? Qu’est-ce donc qu’une case ?

 

Falatapouet : Le truc qui manque à Régis et Hepha.

 

Pantyn : Cela représente environ 8 corps de Yan. De l’ancien Yan. Pas le Yaninho qui ressemble à un vendeur de tapis. Celui

d’avant, qui ne ressemblait à…

 

Jackall : A rien, tu peux le dire. Mais du coup, je vois très bien. Bon, et bien puisque vous ne pouvez pas faire de murs de feu, continuez à faire ce que vous savez faire de mieux, vous, les rôdeurs. C’est-à-dire pas grand-chose.

 

L’inquiétante Fukaeri s’impatientait, tapotant le sol d’un pas cadencé.

 

Fukaeri : J’attends une réponse.

 

GeneralThunderHK : Par contre tu es gentille Fuka, mais tu m’écrases le pied là.

 

Elle se détourna, l’air interrogateur.

 

Fukaeri : Et ça, c’est quoi ? Sepertina a ramené son clébard ? Il a un étrange air de ressemblance avec Yaninho.

 

Karamelldansen : C’est GeneralThunderHK évidemment. Une nouvelle q…compagnie de plus parmi nos rangs.

 

Fukaeri : Comment ça General ? Nous avons déjà un Général, nous n’en avons pas besoin d’un second. Nous avons déjà du travail avec le premier. Et Bartimeus où est-il, je ne le vois pas ?

 

Melii : Heureusement qu’il n’est pas là, il occuperait la moitié de l’espace avec ses grosses ailes déployées.

 

Jackall : Je t’avais dit d’aller mourir ailleurs, toi.

 

Melii : Mais je ne peux pas mourir, nous sommes coincés.

 

Hephaistos : Pas d’accusation sur notre beau Bartimeus. Il nous a adressé une missive la semaine passée pour nous indiquer qu’il quittait la clairière enchantée de Noël, pour rejoindre la forteresse. Il n’est pas encore arrivé.

 

Seren : Mais l’entrée est à peine à une centaine de mètres.

 

Jackall : Enfin Seren, nous parlons de Bartimeus. Sa lenteur n’a d’égale que son extrême beauté.

 

Fukaeri : Il me paraît évident qu’il faut viser les derniers arrivés. Sepertina, Seren, et l’autre Taroundashka.

 

GeneralThunderHK : C’est ThunderHK, madame.

 

Fukaeri : Yaninho, pourrais-tu le faire taire ? Il m’agace beaucoup.

 

Yaninho, qui avait repris du poil de la bête, se redressa tant bien que mal, s’appuyant d’un côté sur le bâton sombre de son général, et de l’autre sur son propre bâton.

 

Yaninho : Qui pourrait chercher à nous nuire ainsi ?

 

Il fut violemment poussé par le Général à peine sa question posée.

 

Jackall : Tu t’es pris pour le Général ? C’est moi qui pose les questions. En plus ta question est nulle.

 

Tous étaient à l’écoute, désormais.

 

Jackall : Je vous le demande, mes amis, mes frères, mes sœurs, mes animaux de compagnie. Qui, mais qui donc pourrait bien chercher à nous nuire ainsi ? J’ai bien conscience que nous ne sommes vraiment pas aidés, et que nous sommes tous plus ou moins intellectuellement atteints. Mais au fond, je sais bien qu’aucun d’entre vous, y compris les derniers arrivés, n’aurait eu l’indignité de monter une telle mascarade contre les Au-Delà. Et nous ne savons que trop bien qu’aucun de nos ennemis n’aurait eu le talent d’un tel accomplissement. Puisque ça ne peut venir d’ici-bas… peut-être est-il temps de considérer l’éventualité que les dieux nous en veulent.

 

Sepertina : Oh la la ! Que Dieu nous protège !

 

Falatapouet : Mais non, justement pas enfin !

 

Jackall : Silence ! Nous devons être forts. Restons unis, restons soudés.

 

Hephaistos : On n’a pas tellement le choix, là, tout de suite.

 

Jackall : Prouvons au monde que, même dans une ridicule tour Dilth, nous sommes puissants, et que nous vaincrons.

 

Pantyn : Oh mon dieu, notre grand ennemi gregeon, là-bas au loin ! Il arrive pour nous détruire.

 

Sepertina : Oh non !

 

Seren : Oh non !

 

Karamelldansen : Oh non !

 

Hephaistos : Oh non !

 

Falatapouet : Oh non

 

Prinny : Oh non !

 

Melii : Oh non !

 

Yaninho : Oh non !

 

Fukaeri : Oh non !

 

Schindler : Taureauuuuuuu !

 

Jackall : Calmez-vous ! Cet idiot de Pantyn fait encore le fanfaron, idiot qu’il est. Vous voyez bien qu’il n’y a aucune meurtrière dans cette maudite tour. On ne verrait même pas arriver Bartimeus, aussi long qu’il puisse être à faire trois pas.

 

Un soulagement général se fit entendre.

 

Pantyn : Non mais c’est l’une de mes aptitudes spéciales, en fait. Je peux sentir les âmes approcher. Je ne peux techniquement pas savoir de qui il s’agit précisément. Mais je ressens une telle aura, une telle bravoure, un tel courage que …

 

Jackall : Cela ne peut être que lui, tu as raison. Merci Pantyn. Grâce à toi, nous nous défendrons avec fierté et dignité, et j’ose

espérer que nous vaincrons. Nous lancerons tous les sorts et toutes les magies, assènerons tous les coups et tous les poings, planterons nos flèches et nos lames, mais nous vaincrons.

 

Tous en chœur : Nous vaincrons !

 

Puis ils s’esclaffèrent. 

 

 

 

Edited by Hephaistos
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L'A/Déconstruction (partie II)

Période Festiva, le 28 [+ 113 AC]

 

La fatigue psychologique de se côtoyer d’aussi près avait eu raison d’eux. Tous s’étaient endormis, fracassés par un sommeil si lourd que même les ronflements tonitruants de Schindler ne les brusquaient pas.

 

Au petit matin, pourtant, tous se réveillèrent d’un bond alors que l’on frappait sur la tour.

 

Sepertina : Oh mon dieu ! C’est lui ! C’est le terrible gregeon. Il en veut à nos vies !

 

Jackall : Brave Sepertina, tu as bien vite oublié le discours inspiré que j’ai eu hier. J’ai même demandé à Pantyn de le retranscrire à l’écrit afin que nous puissions nous en souvenir longtemps.

 

Pantyn : Hein ? Quoi ? Il doit y avoir erreur sur la personne. C’est que l’écriture… enfin… je…c’est compliqué. Mais sache qu’après mûre réflexion, je crois qu’Hephaistos avait marqué un point hier ! conclut-il, en tirant un sourire forcé.

 

Jackall : Je… Les bras m’en tombent. Les rôdeurs sont tous aussi pétés ou ce n’est que chez les Au-Delà ? Il va falloir que l’on rediscute de tout cela plus tard, et vous trouver… une occupation.

 

Meliii : Mourir mon Général ! Nous voulons mourir !

 

Pendant ce temps, les coups continuaient de faire vibrer les murs.

 

Fukaeri : Il serait peut-être temps de s’occuper de cette attaque, no ? Sauf si le Général trouve que l’annihilation des rôdeurs est une priorité.

 

Yaninho : Les gars, j’ai une idée, je vais sortir et jouer la mélodie pour désorienter notre terrible adversaire.

 

Hephaistos : Et voilà qu’il nous les re-brise avec sa flûte…

 

Falatapouet : Le rocchu a raison. Un rocchu, ça n’aime pas être brisé.

 

Jackall : C’est vrai que… cela m’embête de le reconnaître car c’est quand même notre boloss mais…

 

Yaninho : Quoi ? Quoi ? Alors je n’ai pas le droit de voler, et maintenant on m’interdit aussi de flûter les adversaires ?

 

Jackall : Mon brave Yaninho, c’est juste que…

 

Prinny : Tu es gênant !

 

Seren : Même moi qui me traîne partout en laissant une longue trace humide partout où je passe, je me sens moins embarrassée.

 

Jackall : Seren ! Qu’est-ce que l’on a dit à ce sujet ? Il s’arrêta un instant, et prit un air grave. Yaninho, mon cher Yaninho, mon ami, mon frère, mon bro… La mélodie que tu joues est divine. Les effets que cela procure sont redoutables. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Mais je t’en supplie. Par pitié. Arrête de te dandiner. On croirait voir la danse du rut d’un Sphahe qui chercherait à séduire une palourde mouvante. C’est terriblement gênant. Même les sablobolosses se sont moqués de toi l’autre jour.

 

Prinny : Par contre, on dit un Saphe…

 

Hephaistos : Non, c’est un Sphasphe…

 

Yaninho : Je suis presque sûr que c’est un Shasphe.

 

GeneralThunderHK : Je vous en prie, cessez vos querelles. Nous sommes attaqués je vous le rappelle. Il est urgent de réagir.

 

Fukaeri le jaugea de tout son long.

 

Fukaeri : Ce type m’incommode vraiment. Mais Taroundashka marque un point. Il faut agir.

 

Jackall : Non.

 

Fukaeri : No ?

 

Jackall fixait une personne en particulier dans l’assemblée. Une personne qui se retenait fortement de prononcer quelques mots.

 

Jackall : Non, Pantyn.

 

Pantyn : Mais…

 

Jackall : Ne compte pas le point, par pitié.

 

Pantyn : Bon. Puisque je ne sers à rien, je vais sortir, et me sacrifier pour vous. S’il s’agit bien du terrible gregeon, il n’osera pas m’attaquer, nous sommes du même élément. Et je vous prouverai au moins ma grande valeur.

 

Jackall : Bon courage, Pantyn. Ton sacrifice est apprécié. J’aurais bien demandé d’amener Melii avec toi, mais j’ai trop peur qu’elle aille se suicider sur les alligaterreurs.

 

Melii : Vous me connaissiez si bien Général. Mais j’ai plus de chance de trébucher sur un brin d’herbe et de mourir de ma chute,

avant même de les atteindre.

 

Jackall : Cette femme est fabuleuse.

 

Falatapouet : Mais elle n’a pas une douce chevelure. Elle mériterait son sort.

 

Prinny : Et moi, tu ne m’aurais pas demandé ?

 

Seren : Prinny, non ! Pas toi, reste avec nous !

 

Jackall : Voilà tout est dit. Seren tient beaucoup trop à toi. Et je ne veux pas la voir dépérir. Je ne veux pas savoir ce que devient cette queue une fois asséchée et flétrie.

 

Pendant ce temps-là, Pantyn s’était avancé, et saisissait fermement la poignée de la porte, comme si sa vie se jouait là, à cet instant précis.

 

Hephaistos : Courage Pantyn !

 

Yaninho : Si même un boloss te souhaite du courage, c’est qu’il faut t’inquiéter.

 

Karamelldansen : C’est quand même très idiot de se priver d’une q…compagnie comme celle de Pantyn. C’est terriblement décevant mon Général.

 

Jackall : Silence ! Et arrête de faire s’entrechoquer tes boules lorsque tu parles. C’est incommodant.

 

Karamelldansen : Le Général est une petite nature. Un brin l’offusque.

 

Pendant ce temps, Pantyn saisissait toujours avec fermeté la poignée de la porte.

 

Sepertina : Le pauvre, il a l’air paralysé. Pantyn, ça va ?

 

Pantyn : Cela ne s’ouvre pas…

 

Hephaistos : Comment ça, nous sommes bloqués ?

 

Karamelldansen : Mais c’est génial ! Nous allons devoir continuer à vivre si proches les uns des autres.

 

Au dehors, les coups se faisaient plus violents.

 

Jackall : Comment ça, cela ne s’ouvre pas ?! Ce n’est pas possible. Tourne-la encore !

 

Pantyn : Comment ça tourner ? Il faut tourner ?

 

Yaninho : Franchement, vous préférez un voleur ou un type qui ne sait pas ouvrir une porte ?

 

Hephaistos : Je préfère la porte. Mais à choisir, le type qui ne sait pas l’ouvrir.

 

Yaninho : T’es qui ?

 

Pantyn tourna finalement la poignée, et s’engouffra au dehors, laissant la porte se retourner derrière lui. Le silence retomba comme une chape l’intérieur de la tour. Seul l’entrechoquement des boules de Karamelldansen se faisait entendre.

 

Karamelldansen : Pardon.

 

Ils avaient beau se moquer, seul le rôdeur avait osé s’aventurer dehors.

 

Meliii : Vous croyez qu’il va mourir ? Je sens ces choses-là, vous savez.

 

Fukaeri : Il est sûrement déjà mort, no ?

 

Sepertina : On lui érigera une jolie tombe. Je pourrais les fleurir ?

 

Yaninho : Avec quelles fleurs ? Elles sont collectionnables ?

 

Jackall : Nous devons honorer son geste. Si d’autres veulent le suivre, qu’ils n’hésitent pas. Surtout des rôdeurs. Qu’ils n’hésitent vraiment pas.

 

Schindler : Taureaaaaaaaau hurla-t-il alors qu’il s’élançait vers la porte, avant de s’écraser lamentablement dessus.

 

Sepertina : Il est vraiment idiot celui-ci tout de même, ce « Régis ».

 

Schindler : Parle mieux de moi s’il-te-plaît, ou je te fume ta boule.

 

Sepertina : Ah… euh. Mais il parle ?

 

Jackall : Bien sûr qu’il parle ! Le grand Régis est un orateur hors pair. En plus d’être un grand guerrier. Et un grand igné. Une fierté pour les Au-Delà. Il porte notre insigne presque aussi fièrement que son marcel et ses sandalettes.

 

Schindler : Et ma moustache mon Général.

 

Jackall : Assurément.

 

GeneralThunderHK : On pourrait en revenir, s’il-vous-plaît, au sujet principal ? L’attaque de notre tour ? Le sacrifice de Pantyn ?

 

Fukaeri : Il commence à me plaire celui-là. Taroundashka ferait un bon Général, no ?

 

Jackall la regarda d’un air contrarié, avant de croiser son regard. Puis il baissa les yeux.

 

Hephaistos : Vous avez remarqué que les coups avaient cessé ?

 

Yaninho : Depuis quand tu te rends compte qu’on tape une tour ou non ?

 

Hephaistos : Depuis qu’on a perdu tout notre coffre et toutes les ressources à l’intérieur.

 

Sur cette remarque, Yaninho se remit à pleurer à chaudes larmes. Hephaistos pleurait aussi, mais l’homme était si brûlant de l’intérieur que cela ne se voyait pas vraiment.

Soudainement, la porte se rouvrit, faisant entrer un flot de lumière aveuglant. Alors que tous tentaient de ne pas être éblouis, une première ombre s’engouffra dans la tour.

 

Sepertina : Pantyn ! Tu es en vie.

 

Jackall : Merde… soupira discrètement le Général.

 

Prinny : Je savais qu’il reviendrait ! Tu es la fierté des rôdeurs ! Tu as terrassé la terreur !

 

Pantyn : Euh… alors… en fait… ce n’était pas gregeon…

 

Jackall : Pas gregeon ? Qui alors ? Le furtif vader ? L’insistante Kiwae ? Le destructeur Tigrrr son acolyte Loxka ?

 

Le rôdeur aqueux se tut. Il se décala de quelques pas. Derrière lui, et toujours au dehors, une ombre mystique se dessinait, occultant de toute son envergure la lumière du soleil. Mais il irradiait à lui seul. Un corps finement sculpté dans un écrin de perfection, un torse glabre se dégageant avec élégance d’un tissu blanc qui lui saisissait fermement le poitrail. Et au derrière, une paire d’ailes à la courbure impeccable et d’un bleu profond.

 

Hephaistos : Bartimeus ! C’était lui ! L’aura de bravoure, de courage détecté par Pantyn ! C’était lui ! Évidemment !

 

Karamelldansen : Mon dieu qu’il est beau.

 

Jackall : C’est vrai qu’il est sublime.

 

Seren : J’en suis toute humidifiée.

 

Jackall : Seren !!!

 

Prinny : C’est vrai qu’il est radis.

 

Schindler : Qu’il irradie, prinny. Ma moustache est quand même plus jolie.

 

Fukaeri : Il est pas trop mal, ok.

 

Melii : Je mourirai pour lui.

 

Schindler : Je mourrai, Melii. Pas pour ma moustache ?

 

Falatapouet : Je romprai mon allégeance au rocchu pour cet homme.

 

Yaninho : Même pas de poil à voler sur son torse, nul.

 

Sepertina : Il est mimi Barti.

 

GeneralThundeHK : Il est propre.

 

Pantyn : Je me suis même évanoui d’émotion en le voyant.

 

Le soulagement était général.

 

Bartimeus : Salut les bébés ! Vous m’aviez manqué. J’ai accouru dès que j’ai reçu votre missive !

 

Jackall : Cela fait plaisir de te voir ! Tu as fait honneur à ta classe de magicien en arrivant si vite.

 

Bartimeus : J’en suis un peu essoufflé. Le vent d’Est ne m’a pas franchement aidé. Et puis j’ai buté sur un tas de neige. Cela m’a rallongé d’une demi-journée mon périple. Depuis quand il neige à IssCanak ?

 

Toujours suspicieuse, Fukaeri s’avança.

 

Fukaeri : Pourquoi tu as frappé notre tour ? Tu es l’un des nôtres, no ?

 

Prinny : S’il est aussi idiot qu’un rôdeur, il ne connaît peut-être pas l’utilité d’une porte…

 

Bartimeus : C’est que je suis arrivé de l’ouest, et la façade ouest de la tour me faisait face lorsque je suis arrivé. J’aurais pu faire le tour jusqu’à la porte, mais cela m’aurait pris une journée de marche supplémentaire. J’étais si inquiet de ne plus voir notre forteresse. Que s’est-il passé ?

 

Jackall : C’est long à expliquer, mais…

 

Seren : Long comme… ?!

 

Jackall : Seren !!

 

Yaninho : Tu peux le résumer par : c’est l’autre boloss d’Efa qui a merdé.

 

Falatapouet : Cessez d’importuner le rocchu, avant qu’il ne devienne tout rouge et qu’il ne se brise lui-même.

 

Sepertina : Les dieux seraient la cause de tout cela. Nous n’en savons pas plus.

 

Sur ces paroles, le magicien d’Aqua fit un pas en avant, pour les joindre dans la tour. Visiblement peu conscient de ses proportions, il s’avança sans prudence.

 

Tous en chœur : Non Barti, non !

 

Puis dans un fracas assourdissant, ce fut le noir complet.

 

 

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L'A/Désillusion (partie III)

Période Festiva, le 28 [+ 113 AC]

Malgré l'absence totale de lumière, la joyeuse bande ne put s'empêcher de rompre le silence d'un naturel tout aussi déconcertant. 

Bartimeus : On est vraiment à l'étroit par ici.

Karamelldansen : C'est pas pour te déplaire d'habitude.

Bartimeus : Hum c'est vrai. Mais qu'est ce qui s'est passé finalement ? 

Pantyn : C'est l'œuvre du boloss mdr.

 

Bartimeus : Pantyn ?

 

Yaninho : Non, du gros boloss.

 

Bartimeus : ... Mais je pensais que Badack était banni de nos terres.

Yaninho : Alors non, toujours pas lui. Encore un autre boloss.

 

Bartimeus : Bah dites moi le nom à la fin !

 

Tous en chœur : Moi le nom à la fin !

 

Pantyn : Mdr on rigole bien ici.

 

Jackall : Non, vraiment, c'est la faute de ton « bien-aimé ».

Prinny : J'savais pas que c'était ta mémé. 

 

Bartimeus : Mon « bien-aimé » ? Excusez moi, mais j'ai tellement de prétendants pour tellement peu d'élus que j'en oublie des noms.

Falatapouet : Le 8ème au classement.

Bartimeus : Ah, il n'est plus 7ème au classement ? 

Falatapouet : Non, Sieur Alzeus l'a dépassé.

Bartimeus : Qu'est ce qu'il a fait pour le dépasser ?

Pantyn : Rien mdr.

Bartimeus : ... Je comprends mieux.

Schindler TAUREAAAAAAAAAAAAAAAAAUUUUUUUUU !

 

Pantyn : Il fait quoi à gueuler lui ?

 

Yaninho : C'est pour nous avertir qu'il va poster un nouveau gif en fait.

 

Schindler image.png.e6bc51d141f699ffa10c55797afaee68.png

 

Jackall : Ah on dirait Karamelldansen avant un date.

 

Fukaeri Après, ça n'a rien à voir avec notre problème de forteresse quoi.

 

Jackall : Ouais mais laissez le, il est content comme ça. 

 

Schindler TAUREAAAAAAAAAAAAAAAAAUUUUUUUUU !

 

Schindler : image.png.6795fa621febfbd60e8a7181400466ba.png

 

Fukaeri Bon, on fait comment ?

 

Jackall : Un soigneur capable de faire un peu de feu pour nous éclairer ?

Sepertina : Feu ... ?

 

Tous en chœur : Oh merde ...

 

Sepertina : FEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Dans un élan de folie, Sepertina réalisa une boule de feu digne des plus grands pyromanes ... Qui, au passage, brûla une partie de la forteresse.

 

Karamelldansen : Wow, sacrée boule.

 

Bartimeus : Je confirme, dit-il en fixant le postérieur du guerrier Terran.

 

Karamelldansen : Je parlais de la boule de feu de Sepertina.

 

Fukaeri Ouais, enfin, on avait demandé un peu de lumière hein.

 

Sepertina : Wesh t'es jalouse toi ? 

 

Schindler : TAUREAAAAAAAAAAAAAAAAAUUUUUUUUU !

 

Schindler :  image.png.13a4a90dcb71ca4575524c61dce35f13.png

 

Falatapouet : Ce qui devait arriver arriva ... Combat de femelles dominantes ! J'parie 27 PO sur Fukaeri !

 

Hephaistos : 34 PO sur Sepertina !

 

Karamelldansen : 80 PO sur Mélii

 

Seren : Tu pourras pas, Mélii est déjà morte.

 

Karamelldansen : Par quoi ?

 

Seren : Ouais.

 

Karamelldansen : Bon ben 80 PO sur Fukaeri alors.

 

Sepertina : Parie sur moi ou j'te bute wesh.

 

Yaninho : J'peux pas surenchérir là. Plus les sous.

 

Pantyn : Ouais mais tu as remboursé l'argent que tu me devais, tu es tout excusé.

 

Yaninho : Oui c'est vrai que je t'ai rendu l'intégralité de l'argent prêté. Je n'ai qu'une parole mon ami. 

 

Jackall : Calmez-vous mesdames, pas la peine de vous énerver pour une vulgaire histoire de boules.

 

Karamelldansen : Surtout que je possède les plus grosses boules de ces terres.

 

Seren : ... (dans un souci de respect envers la communauté, les pensées odieuses voire abjectes de Seren ne pourront être rédigées ici.)

 

Hephaistos : En tout cas, cette boule de feu a permis de nous illuminer la route, tel un phare qui guide nos pas vers le chemin de l'Amour.


Jackall : Ok Tony Parker.

 

Fukaeri Maintenant que nous avons la lumière, pouvons-nous parler sérieusement de notre bastion ?

 

Yaninho : Je peux contacter le grand Keril Cahendirr

 

Seren : C'est quoi ça ?

Yaninho : C'est un réparateur hors du commun. Il pourra ainsi rattraper l'énorme bêtise d'Hephaistos, investigateur de cet affront. 

 

Pantyn : Venez, on le tue et on fait genre qu'on a pas fait exprès mdrrr

 

Hephaistos : Je t'entends le caribou bleu hein.

 

Falatapouet : Pfff quel rocchu ... (ne lisez pas le « h » pour comprendre la blague suivante)

 

Prinny : Ca va, il n'est pas si gros que ça son arrière-train.

 

Après un appel par kinésithérapie moderne, plus communément intitulé « Mécage Fessebouk », Yaninho reprit la parole.

 

Yaninho : C'est bon, il va pouvoir tout réparer.

 

Jackall : Quand ça ?

 

Yaninho : Vendredi.

 

Pantyn : C'est pas familier comme date mdr.

 

Jackall : On n'a pas un moyen plus rapide pour qu'il puisse venir ?

 

Bartimeus : Je vais l'invoquer si vous voulez. Je suis son chouchou, j'ai donc quelques privilèges. Nombreux même. 

 

Jackall : Bon, très bien la soigneuse, on te laisse faire. Mais sois plus rapide à l'invoquer qu'à te déplacer stp.

 

L'infirmière fermi donc les yeux afin de se concentrer avant d'énoncer les traditionnelles mais indispensables paroles de l'invocation.

 

Pantyn : Mdr gé pa kompri lé mot mdr.

 

Mais rien ne se passa comme prévu ...

 

Karamelldansen : Problème d'impuissance ?

 

Seren : Tu as bien le parchemin d'invocation sur toi ?

 

Bartimeus : Oui.

 

Hephaistos : Les esprits aussi ?

 

Bartimeus : Oui.

 

Hephaistos : Et tu les as bien implémentés ?

 

Bartimeus : ...

 

Bartimeus : ...

 

Bartimeus : ...

 

Bartimeus : Merde.

 

Sepertina : Sérieux, à ton niveau, ne plus savoir le rituel pour l'invocation ... C'est un peu la honte wesh.

 

Bartimeus : Ferme là dame cookie. 

 

Reprenant le vrai cheminement de l'invocation, Bartimeus réussit, non sans mal, à faire apparaitre le grand Keril Cahendirr.

 

Keril Cahendirr : Les AD. Encore vous ... Toujours vous ... Marre de vous ...

 

Bartimeus : Attends Keril Cahendirr, pourrais-tu réparer notre forteresse ? Même celle du Culte de Nyx a plus de prestance stp.

 

Keril Cahendirr : Je m'en occupe.

 

Puis après un petit claquement de doigts ... 

 

Keril Cahendirr : Allez tchao les nazes.

 

Yaninho : Et si tu peux aussi bannir O-Ef...

 

A peine eût-il le temps de terminer sa phrase que le grand Keril Cahendirr venait de disparaitre sous leurs yeux ébahis.

 

Seren : Il vole vite !

 

Pantyn : Et plus vite que Yaninho, c'est dire ! mdr

 

Bartimeus : Ouais bah salut hein Keril Cahendirr ! Je t'envoie bientôt mon calendrier ! 

 

Seren : Je le veux bien aussi ton calendrier ! Et en triple exemplaires !

 

Karamelldansen : Je peux te prendre aussi ?

 

Constatant son erreur, le guerrier Terran fit de suite rectification de sa petite coquille. (petite coquille dans le sens littéral, hein)

 

Karamelldansen : Je peux t'en prendre aussi ?

 

Schindler : TAUREAAAAAAAAAAAAAAAAAUUUUUUUUU !

 

Schindler : image.png.e1333c87cf3e434c11a2c194d0bc6d69.png

 

Pantyn : Mdr c'est vrai que Keril Cahendirr a la même tronche que Taroundashka sur le gif.

 

Fukaeri Ca se situe où le Taroundashka svp ?

 

Général ThunderHK : C'est Général ThunderHK en fait mon nom, et je viens d'une planète lointaine, perdue dans le cosmos.

 

Pantyn : D'accord Capitaine Flam mdr ...

 

Sepertina : Flammes ?!

 

Hephaistos : Euh ... Goldorak ! C'est ce qu'il voulait dire je pense.

 

Prinny : On a eu chaud ...

 

Sepertina : Chaud ?!

 

Bartimeus : N'empêche, ça dure même plus dix minutes les invocations.

 

Karamelldansen : Ouais, c'était rapide là.

 

Seren : Et on parle à un spécialiste.

 

Falatapouet : Bon, par contre, certes, il y a des réparations. Mais voilà. Une dalle sur deux, les murs encore fissurés, plus d'accoudoir sur le trône, des lits sans matelas ... Heureusement, le contenu du coffre est intact. Mais sans serrure aussi.

 

Yaninho : Ah cool.

 

Hephaistos : Quelqu'un a vu mon slip kangourou ?

 

Yaninho : Tu as regardé entre ton honneur et ta dignité, ensevelis sous tes 1.200 graviers ?

 

Jackall : Au final, d'extérieur, elle est belle notre forteresse.

 

Fukaeri Vous ne jugez que sur le physique de toute façon. 

 

Prinny : Et on fait comment pour l'intérieur ? 

Karamelldansen : Aucune idée, mais en attendant, il reste de la place dans mon lit les amis ... ! 

 

Seren : Moi aussi ! N'hésitez pas ! 

 

Alors certes, il avait retrouvé un véritable bastion. Tout du moins en apparence. Et c'est déjà pas plus mal, pour l'Honneur.

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L'A/Déplaisance (Partie IV)

Période Festiva, le 29 [+ 113 AC]

 

Elle était revenue. Leur forteresse. Sans qu’ils aient tout à fait compris par quel enchantement, ils étaient tous de retour dans la forteresse, éparpillés ici et là. La promiscuité avait fait de sérieux dégâts sur leur mental, mais tout cela commençait à s’apaiser après une bonne nuit de sommeil. Ils allaient enfin pouvoir se réapproprier ces lieux qu’on leur avait rendus, même si tout n’était pas parfaitement comme avant…

 

Karamelldansen : Je vous sens tous si loin de moi désormais.

 

Jackall : Tu en as assez profité comme ça, coquin ! Tout le monde va bien depuis les incidents de la veille ?

 

Hephaistos : « Depuis les incidents de la veille » ? Tu t’es pris pour un grand reporter ou quoi ? Personne ne t’a jamais vu errer dans

les ruines du désert à la recherche de scoops en pleine nuit, comme les grands savent le faire.

 

Sepertina : Il y en a qui ont quand même du courage, c’est vrai.

 

Yaninho : Cela va à peu près, oui. J’ai retrouvé mon cher et tendre coffre.

 

Melii : Quelle histoire d’amour. Ici, ça ne va pas fort. Je pensais mourir.

 

Prinny : Super ton jeu de mot avec le fort.

 

Fukaeri : N’importe quoi prinny. Melii ne joue pas avec les mots, seulement avec la mort. Tais-toi.

 

Bartimeus : Ca va aussi ici ! La présence d’Hephaistos m’a réchauffé.

 

Hephaistos : Je me serais bien attribuer le mérite de ce retour en grâce, mais tout est à l’honneur du grand Yaninho qui a invoqué le grand Keril, qui a fait de grands travaux.

 

Jackall : Tais-toi boloss ! C’est pas mal ce qu’il a fait Keril.

 

Pantyn : Vous n’avez même pas d’accoudoir sur votre trône. Vous avez l’air d’un con, là-bas, assis dessus, sans savoir quoi faire de vos coudes.

 

Jackall : Respecte ton Général !

 

Fukaeri : Laisse le vrai Général parler. Taroundashka, un commentaire s’il-te-plaît.

 

GeneralThunderHK : Bonsoir.

 

Fukaeri : Déception sur déception ce type, no ? En tout cas, il y a un souci avec la forteresse. Ce n’est pas notre forteresse. Pas

comme on l’avait laissée.

 

Yaninho : Mon Général, vous savez bien qu’on ne fait jamais grand-chose avec un coude.

 

Karamelldansen : C’est bien vrai ça ! Alors qu’avec quatre boules, c’est un univers de possibilités qui s’ouvre à vous.

 

Jackall : Oui, oui, je vois très bien la tête qu’il a ton univers de possibilités. Mais passons. Soit. Je m’accommoderai de ce trône sans accoudoir.

 

Bartimeus : Mon Général, ça vous dirait de venir me voir de plus près, contempler ma beauté ?

 

Le Général n’hésita pas une seconde, et s’avança un peu puis trébucha sur le tapis qui couvrait les marches ouvrant la voie à son trône, et s’affala de tout son long sur le dallage de pierre.

 

Yaninho : Il tombe même avec la classe d’un Général.

 

Hephaistos : Non il est tombé comme un boloss.

 

Bartimeus : J’ai essayé d’accourir mon Général, pour vous sauver de votre pathétique chute. Mais vous étiez à au moins deux mètres.

 

Alors que le Général se relevait péniblement, il constata qu’il avait raté une dalle.

 

Seren : Vous voyez, Général, le dallage aussi est problématique. C’est très incommodant pour me déplacer. Ma queue frotte sans arrêt !

 

Karamelldansen : Quelle idée de se plaindre d’une telle chose. J’aimerais pouvoir me frotter sans arrêt !

 

Bartimeus : Cela ne va pas m’arranger non plus. J’ai déjà du mal à me déplacer, si en plus je ne peux pas marcher où je le souhaite.

 

Hephaistos : Je t’accompagnerai ne t’inquiète pas, dans la santé et la maladie.

 

Falatapouet : MAIS QU’EST-CE QUE C’EST ? Un rocchu ne peut pas rouler décemment s’il manque une dalle sur deux.

 

Pour une raison que tout le monde ignore, même les grands reporters du désert de Melrath Zorac, le nécromant aqueux s’était mis en tête qu’Hephaistos était un rocchus.

 

Melii : Moi ça ne m’arrange pas cette affaire. Si je rate une dalle, c’est la mort assurée.

 

GeneralThunderHK : Le Général est aussi très grand, il ne peut pas voir tout ce qui passe à ses pieds.

 

Hephaistos : Il arrivait bien à trouver Yaninho à l’époque.

 

Bartimeus : Il a de très beaux pieds, d’ailleurs.

 

Jackall : Silence !

 

Fukaeri : C’est n’importe quoi cette réparation Jackall.

 

Jackall : C’est mon Général.

 

Fukaeri : C’est Jackall, no ?

 

[…]

 

Au même moment, un cri de torpeur se fit entendre depuis l’un des coins de la forteresse. C’était Yaninho.

 

Yaninho : C’est le coffre. Il est toujours là, mais on ne peut pas l’ouvrir, vu qu’il n’y a pas serrure. C’est un drame. Il faut sacrifier

 

Hephaistos pour réparer cet affront.

 

Pantyn : On le sait depuis hier que ce coffre n’a plus de serrure. Et tu te rends compte seulement maintenant qu’on ne peut, du coup, pas l’ouvrir ? Même moi j’ai réalisé ça pendant la nuit.

 

Jackall : Il est vrai mon cher bro, Yaninho, que nous t’avons connu plus vif…

 

Fukaeri : Non, pas vraiment.

 

[…]

 

Au même moment, Bartimeus, posé sur un lit aux côtés d’Hephaistos, eut un sursaut.

 

Bartimeus : Mais c’est pour ça qu’il est si dur !

 

Hephaistos : Toujours à tes côtés…

 

Bartimeus : Non, le lit ! puis dégageant la couette et les draps. Il n’y a plus de matelas sur celui-ci !

 

Jackall : Nos mages sont déconcertants. Encore plus que nos rôdeurs.

 

Prinny : Pourquoi les serres-t-on tant ?  puis il s’arrêta un instant. Désolé, j’ai mal compris, cela m’arrive parfois. Je croyais que tu

voulais serrer nos mages. Mais Hephaistos a déjà serré Bartimeus, et Yaninho s’est fait séduire par l’un des tapis qu’il vendait…

Bref. Je reformule donc ma question. Pourquoi les sers-t’on tant ? Ils ont si soif que ça ?

 

Melii : Vous comprenez maintenant pourquoi je meurs si souvent ? C’est pour m’éviter la peine d’assister à ça.

 

Puis elle s’avança, avec dignité, vers l’un des espaces où une dalle manquait.

 

Seren : Non, Melii ne fais pas ça !

 

Mais il était trop tard. La rôdeuse avait déjà chuté. Elle était décédée. Encore.

 

GeneralThunderHK: Heure du décès, 8h51.

 

Fukaeri : Il sait lire l’heure, incroyable. Un bon point pour Taroundashka. Il sera vite au niveau du Général actuel.

 

Seren : Et voilà, il y a plein de sang partout. C’est ignoble.

 

Hephaistos : Pardon ? Un Au-Delà ne peut trouver le sang ignoble. Regarde Régis, il adore ça.

 

Schindler : Taureaaaaaau vociféra-t-il alors qu’il était déjà à quatre pattes sur le sol, à s’imbiber la moustache et le cuir chevelu du

sang de Melii.

 

Sepertina : C’est comme cela qu’il arrive à garder un rouge si chatoyant ?

 

Schindler : Tu n’es pas obligé de parler de moi à la 3ème personne. Je suis devant toi. Ce n’est pas parce que je crie Taureau et que je m’imbibe les poils de sang que je suis différent.

 

Seren : Ce n’est pas le sang qui m’importune enfin ! C’est juste que là où je laisse traîner ma queue, le sang gorge mes écailles, puis sèche. C’est infâme. Prinny doit me l’astiquer pendant des heures ensuite. C’est insupportable.

 

Karamelldansen : Je ne comprends pas cette femme.

 

Jackall : Seren ! Tu nous les brises avec ta queue ! On en peut plus de la voir suinter, de l’entendre gesticuler la nuit, de sentir cette odeur de truite marinée.

 

Seren : Ah oui ? Ca tacle sur le physique désormais ? Parce qu’il y a à dire au sein des Au-Delà tout de même !

 

Jackall : Et ben ouai, le J c’est le S, ma petite Seren. On a déjà une horde de prostituées à queue qui traîne dehors juste devant la forteresse, avec des perruques blondes immondes, et tu t’es dit que c’était une bonne idée de partager ce trait physique avec elle ?

 

Melii : Au moins pour sortir, tu passes inaperçue, tu meurs moins facilement comme ça.

 

Pantyn : Tu es revenue toi ?

 

Yaninho : En même temps tu te faufiles tellement vite avec ta jupette là.

 

Melii : Elle a quoi ma jupette, t’as un problème ?

 

Yaninho : Ça te donne l’air d’une rôdeuse facile.

 

Melii : Pardon ?

 

Yaninho : Ouai, ça attire les regards. Les moskitos tournent de l’œil, les Malicius aussi. Et en deux deux, ils se jettent sur toi et te décapitent. Tu es une fille facile. Facile à tuer. Tu nous fais honte, voilà c’est dit.

 

Hephaistos : Oui, enfin, s’il-te-plaît Yaninho. A chaque fois que je passe devant toi, j’ai envie que tu me lises l’avenir dans ta boule, on croirait voire passer une diseuse de bonne aventure.

 

Yaninho : En même temps toutes les boules du monde me disent que tu es un boloss.

 

Karamelldansen : Vous pouvez consulter mes boules quand vous le souhaitez !

 

Jackall : Enfin Hephaistos, c’est bien beau d’avoir une si belle hache en fusion et gelée, mais si c’est pour rester bloqué en joutes comme un boloss à taunter des bûches… Tu accours vers tes proies avec une motivation incroyable, mais avec cinq années de retard. Pire qu’un mage. Cela dit tu as bien la gueule d’un mage avec ta longue cape. Et cette peau grise, on en parle ? Tu roules des patins à des sacs de ciment ou comment ça se passe ?

 

Yaninho : Si on pouvait éviter de parler de patins…

 

Bartimeus : Je ne te permets pas de parler d’Hephaistos comme ça, Général. Tu as vu ta dégaine avec tes lunettes de soleil moisies que tu portes même la nuit ? Tu es aveugle ? Cela dit, cela ne m’étonnerait pas. Le look chapeau – cape ça n’est pas à la mode du tout,  ça ne l’a jamais été d’ailleurs. On croirait un vieux sorcier qui se serait mis à la pêche sur les rives du Mys Sisypy. Et après le type se plait qu’on ait choppé Seren dans la rivière.

 

Prinny : Le look « aile de dragon » sur un corps de « boïzh bande », ce n’est pas fameux non plus, Bartimeus… Le type est lent de nature et s’encombre le dos avec le truc le plus encombrant du monde. Tu ne passes même plus les portes, tu es obligé de te mettre sur la tranche.

 

Karamelldansen : En plus on sait comment ils finissent dans les « boïzh bande », quelle tristesse…

 

Seren : Tu n’as aucun commentaire à faire, prinny. Je t’apprécie beaucoup, mais s’il-te-plaît, tu portes un déguisement de prinny en permanence. Tu es rôdeur et tes mains sont des moignons qui ne volent même pas.

 

Jackall : Seren marque un point. Au moins, elle a fait l’effort de ressembler à quelque chose de connu.

 

Sepertina : C’est important de ressembler à quelque chose. Sinon, on finit comme Falatapouet, à ressembler à O-Efa.

 

Yaninho : D’ailleurs, il n’est pas encore banni ?

 

Falatapouet : C’est un O-rocchu, c’est une fierté si je lui ressemble. Cela dit, je n’aimerais pas être à ta place, Sepertina. Toujours à se balader avec un cookie dans la main et une boule de feu dans l’autre. On se demande ce qui est le plus douloureux. Tu vas les assommer à coup de pépite de chocolats nos ennemis ? Et ta boule de feu, tu ne t’en sers pas beaucoup...  Si ce n’est que ça nous les casse en pleine nuit quand on essaie tous de dormir et qu’il n’y a que ta putain de boule de feu qui crépite dans la nuit et qui illumine la forteresse.

 

Sepertina : Tu veux que je te crame le faciès wesh ?

 

Falatapouet : En plus, ça excite nos taureaux.

 

Karamelldansen : Parlons-en des taureaux d’ailleurs. Surtout le Régis national. Les sandales et le marcel, on en parle ? Quel fashion

faux-pas. Et sa moustache ? Sa moustache est plus aiguisée que son épée. Et puis ça ne lui donne pas l’air finaud.

 

Jackall : Ne mens pas, Kara. On sait très bien pourquoi et quand la moustache te gêne. Et je t’interdis de dire du mal du Régis. Il faut être tolérant. Nous tolérons bien ta tignasse colorée à la semence de tique globuleuse, et tes quatre boules qui tintinnabulent en permanence. Et ton gros cœur rose brodé sur le poitrail. Et tes picots qui te sortent du corps. Non mais sérieusement, tu pensais à quoi avec ces machins ? Tu veux aller faire l’alligaterreur dehors avec Seren ?

 

Fukaeri : C’est vrai que Schindler n’est pas très finaud, Jackall. Mais Pantyn non plus. Les cheveux colorés, ce n’est pas une réussite. On dirait il s’est trempé la tête dans la robe de Ginji. Ou frotté sur les ailes de Bartimeus. Et il n’est pas même coiffé. Il s’est coiffé avec son arc, no ? Ce n’est pas étonnant qu’il ne sache faire rien d’autre.

 

Pantyn : Fuka, tu ne veux pas aller te fondre dans le carrelage le plus proche ? Maintenant qu’on a une dalle sur deux, ça ne devrait pas être trop difficile.

 

GeneralThunderHK : C’est marrant, tout le monde a pris cher sauf moi. Le respect peut-être ? Je ferai peut-être un bon Général finalement !

 

Yaninho : T’es qui, toi ?

 

Fukaeri : Il veut quoi Taroundahska ?

 

GeneralThunderHK : Je veux être Général, à la place du Général.

 

Melii : Tu n’es pas Capitaine Flam’ ?

 

GeneralThunderHK : Je ne sais pas, je ne suis pas de votre galaxie.

 

Hephaistos : Il y a des boloss aussi dans ta galaxie ?

 

Jackall : Silence ! Le Général s’adresse à vous.

 

Seren : C’est fou ce qu’il est pompeux quand il est agacé.

 

Jackall : Silence ! Ce n’est pas parce que Keril a divisé la qualité de notre forteresse par deux, qu’il faut que nous nous divisions

aussi entre nous. Oui, nous avons tous des défauts. Oui, certains d’entre nous ont la gueule de travers…

 

Yaninho : Beaucoup même…

 

Jackall : Oui certains sont des boloss…

 

Yaninho : Personnellement je n’en vois qu’un.

 

Jackall : …mais c’est la force des Au-Delà. Car nous allons au-delà de cela. Au-delà du physique de chacun, des couleurs de chacun, des tailles de chacun, des performances de chacun. Je sais qu’au fond, nous nous aimons tous profondément. Merci Karamelldansen de ne pas relever cette phrase. Je crois qu’il nous faut aller, là-bas au dehors, défendre nos couleurs, défendre

notre terre. Leur prouver que nous ne faisons qu’un. Les terrifier. Les faire fuir. Les massacrer. On va leur montrer que nous sommes

présents. Aux dieux aussi. Parce que c’est notre projet.

 

Sur ces ambitions grandioses, ils se turent tous. Ils s’armèrent, les uns après les autres, puis se dirigèrent vers la sortie.

 

Edited by Hephaistos
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  • 1 month later...

Période Uniqua, le 27 [+ 114 AC],

 

Un coup d’œil furtif à l’extérieur de la tour. J’aperçois un mage des Constellations, s’approcher de nouveau de l’édifice, prêt à lui asséner quelques coups.

 

Encore lui ?

 

Malgré ses fuites répétées, tantôt au nord, tantôt au sud, se réfugiant parfois derrière les jupettes roses de Germione, d’autre fois dans les fourrées sombres des premiers arbres irlisciens. Toujours pourtant, il revient, visiblement déterminé à mettre à terre cette tour.

Plus loin sur la plaine de sable, un rôdeur déboule à toute hâte, soulevant les grains du désert dans un sillage brouillon et aussitôt dissipé par le vent.

 

Tiens, notre mage serait-il si important au point que Loxka en personne soit dépêché sur place ?

 

Toujours bouillonnant de faire verser quelques gouttes de sang, je tourne en rond entre les quatre étroits murs de la tour - fait fascinant que de telles tours, construites sur une base circulaire, aient pris des quadrilatères comme intérieur -. Je tente une nouvelle sortie. Loxka est toujours là, prostré derrière le mage, et pas sous lui, ou sous quoi que ce soit d’autre d’ailleurs, le rôdeur étant passé maître dans l’art de la dissimulation, à peine plus discret qu’un baleineau échoué dans un désert de sable.  L’œil alerte, il se garde bien d’asséner quelques sapes, sans doute bien trop précieux pour se perdre dans quelques sous-besognes qui n’incombent qu’à de minimes étoiles.  

 

Plus intéressant à contempler, une centaine de mètres plus loin, Bartimeus campe l’entrée vers Irliscia. Le coup d’œil a beau être furtif et lointain – pas question de laisser la moindre fraction de temps au rôdeur, dont l’efficacité des flèches n’est plus à démontrer  -, il me réchauffe bien assez le corps et le cœur. Il m’inquiète aussi un peu.  Mais pas le temps de s’inquiéter, que l’ange aux ailes majestueuses est déjà à mes côtés dans la tour, à peine égratigné.

 

Le temps de quelques échauffements, de regards ardents pour se revigorer, et nous voilà ressortis, bâtons et hache au poing, prêt à en découdre. Mais le rôdeur s’est volatilisé vers d’autres cieux. Ne subsiste que le mage, continuant de taper aveuglément la tour.

 

La protection du mage n’en valait donc pas la chandelle ? Ou le rôdeur aurait-il pris peur ? Aucune de ces deux raisons ne semblait très glorieuse.

 

A peine perturbé par notre présence, le mage s’éloigne sans paniquer, en direction de Germione. Sans surprise, il fuit. Ou pas tout à fait ? Il passe devant Germione, sans même croiser son regard ou ralentir son pas.

 

Peut-être ne l’a-t-il pas vue ?

 

Il poursuit sa route plus à l’ouest, vers les vertes contrées de l’oasis. Choix de fuite plus risqué, mais soit. Nous ne pressons pas le pas. Le mage disparaît un instant, avant de reparaître aussitôt. Nul ne sait ce qu’il fit pendant ce bref moment. Une roulade dans l’herbe ? Le poirier peut-être ? Ce n’est pourtant ni la saison ni l’endroit.

 

Va-t-il finalement tenter le combat ? Ce serait une brave tentative compte-tenu de l’infériorité numérique. Ou peut-être est-ce un énième stratagème, et que Loxka va surgir de sous un coq, et nous prendre en étau ?

 

Il n’en n’est rien. Kahlaraan lance l’amorce d’une attaque qui embrase à peine le sable chaud à ses pieds. Un Châtiment de la Panique, sans doute. Un coup lui est ensuite donné à la jambe, le blessant modérément. Mais il demeure là, entre nous deux. Il ne fuit, ni n’attaque, ni ne se soigne. Il reste là, mollement debout. Son regard est vide. Quelques secondes désespérantes s’écoulent, avant que ma lame ne fende l’air à distance et vienne l’empaler par l’arrière entre ses deux omoplates.

 

[…]

 

A peine le temps de s’assoupir dans la tour, adossé aux ailes réconfortantes de Bartimeus, que je reprends déjà la route d’Eewa, d’où des signaux d’alerte me parviennent. Une autre tour serait assiégée.

 

Je file au travers des prairies herbeuses d’Irliscia, et déjà les embruns salés me chatouillent les narines. Le littoral est proche. Mes bottes foulent rapidement le sable blanc de la côte, tandis que mes yeux sont déjà fixés au loin sur l’île d’Eewa émergeant de la masse sombre de l’océan. Un combat épique s’y dessine déjà.

 

[…]

Fraîchement débarqué, je constate que la première tour est quasiment intacte. Je ne m’y attarde pas, et je m’enfonce vers l’est, longeant les falaises de pierres grises qui m’accordent une ombre bienvenue. Déjà au loin, je perçois le bruit des coups sur la pierre. Je hâte le pas, appréhendant presque le spectacle qui m’attend.

 

Calyso, Ginji, et le fraîchement ressuscité Kalharaan.

 

Je m’approche précautionneusement, à tel point que personne ne semble repérer ma présence, que ne saurait de toute façon dissimuler la pauvreté du paysage.

 

Je les y vois déjà. Une poudre aveuglante à mon encontre, peut-être quelques coups, et puis la fuite.

 

Je m’approche encore un peu plus, sans prendre la peine de feutrer mes pas. Nul doute que je suis repéré. Et pourtant, obstinément, les coups continuent de pleuvoir sur la tour. Je file droit vers calyso, ma première cible, restant vigilant à ne pas trop l’approcher pour éviter de recevoir en pleine figure  sa mystique poudre.

 

Probablement va-t-elle fuir dès son méfait commis ?

 

Un coup. Deux coups. Puis trois, puis quatre. Et toujours pas de poudre.

 

Elle choisit donc le combat ?

 

Mais il n’en est rien. Elle demeure sise au même endroit. Aucun regard à mon encontre. La magicienne reste figée sur sa tour, sans jamais s’en détourner. Là encore le désespoir m’envahit. C’est un assaut sans prestige.

 

Où sont passés les combattants fiers de défendre les couleurs de leurs étendards ?

 

La tour me masque Ginji, de l’autre côté. Maîtresse dans l’art du soin, elle ne semble pas se précipiter vers sa fidèle alliée qui peu à peu, souille d’un rouge sombre le sable de l’île. Ses tissus bleu clairs s’empourprent également, à mesure que ses plaies déversent leur flot de sang. D’un sifflement, j’en profite pour signaler ma présence à General ThunderHK, à l’intérieur de la tour.

Tandis qu’il sort, j’assène un dernier coup à calyso, pas plus décidée à s’extirper de sa lente agonie. Au nord, Kalharaan opte pour le comportement le plus avisé, en prenant la fuite.

 

Peut-être ira-t-il faire des galipettes dans les eaux claires d’Eewa ? Au moins, celui-là a décidé de tenir à sa vie sur ce coup-ci.

 

Ne reste alors que Ginji, que le General ThunderHK a déjà affaibli. Une myriade de plaies lui constelle déjà les bras.

 

Quelle stratégie va-t-elle adopter ?

 

Presque sans surprise, et comme sa comparse décédée, elle n’a d’yeux que pour la tour, se détournant d’une quelconque attention pour ses ennemis. Tandis que sa peau se vêtit d’un voile de plus en plus livide, des entailles, plus profondes encore, continuent de saccager son enveloppe corporelle. A plusieurs reprises, je la bouscule pour l’éloigner de son adversaire de pierre – peut-être l’a-t-elle confondu avec le golem du rempart Sud ?  

Mais sans cesse elle y revient, comme hypnotisée par l’empilement parfaitement circulaire des briques de pierre. De plus en plus affaiblie, son corps n’est bientôt plus qu’un amas de lambeaux soulevés par ses moindres mouvements. Là encore, elle ne prend pas la peine de s’assurer de quelques guérisons.

 

Serait-elle sous l’influence de quelques mystiques sortilèges ? Le seraient-ils tous ? Sous l’influence d’une sombre manœuvre les rendant plus inaptes au combat ?

 

Pas plus elle n’essaie de fuir. De toute évidence, elle s’est trouvée un adversaire à sa mesure et refuse de s’en défaire. Lamentablement, elle semble attendre la mort, prête à la recevoir comme un bouquet de roses au parfum doux et enivrant.

 

La nécropole serait-elle nouvelle demeure des étoiles ?

 

Je lui assène un pénultième coup.

 

Ginji gît à terre, les jambes lacérées de toute part, déchaussées, la cape déchirée de toute part et imprégnée de sang. Ses bras sont charcutés, entaillés jusqu’à en découvrir les os. Ses ongles sont arrachés. Son visage est défiguré, parcourus de veines gonflées et violacées. Sa langue est pendante. Sa vie ne tient qu’à un fil. La moindre brise viendrait emporter son dernier souffle. Son papillon même semble l’avoir abandonné. Ou peut-être l’a-t-elle par mégarde écrasé en chutant. Mais toujours, ses sapes sont dirigées sur la tour.

 

Devant sa furieuse envie de mort, j’adresse un signe à mon frère d’arme. D’un coup sublime, il abat sa hache sur l’un de ses orteils. Il n’en fallait pas plus. Un dernier cri strident est lâché, ricochant par écho sur les parois de pierre, avant de mourir ici et là, repris par le bruit imperturbable de l’océan.

 

Consternation et désolation. Voilà le spectacle qui venait de m’être offert. Que raconteraient les écrits ? Par quelle pirouette divine de l’écriture pourraient-ils maquiller cette réalité fade ?

 

Nul doute qu’il y a cent raisons de vivre, de fuir, ou de mourir sur le champ de bataille, avec honneur et dignité. Mais ce jour-là, toutes étaient enfouies profondément dans le sable des plaines du sud, et dans celui d’Eewa.

 

Edited by Hephaistos
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  • 1 month later...

L'A/Débandade (Partie I)

 

Des murmures...
Les habitants murmuraient quelque chose d'irréel.  

 

Des songes...
Ses nuits étaient courtes et agitées.

 

Depuis plusieurs jours, elle entendait des rumeurs, quelque chose d'effoyable semblait se passer sur ces terres ravagées. Ses nuits étaient parsemées de cauchemars; ou peut-etre était-ce une prémonition cachée...

 

Ne pouvant pas vivre pendant une trop longue période sans eau, Seren s'était rendue à Eewa afin de se ressourcer. Elle adorait charmer les matelots ainsi que le capitaine des bateaux qui s'approchainent trop près de la côte, grâce à son chant melodieux. Étant une mercenaire dans l'âme, elle utilisait ses charmes de sirène pour dépouiller ses pauvres marins de leurs trésors et ainsi ramener de jolis butins à la forteresse Au-Delà.  

 

***

Un autre cauchemar...
Une aura sombre et presque maléfique, un homme vêtu d'une robe noire et jaune, un autre vêtu de noir et rouge...

 

Puis, tout se transforma brusquement...
Une lumière éclatante, des gens qui marchent au loin et une forteresse vide de toute vie...

***

 

Ce jour-là, elle se réveilla très tôt, un peu paniquée mais surtout incertaine de comprendre les images qui tournaient en boucle dans son esprit. Dans les derniers jours, elle avait vu mainte fois des brides d'images semblables à celles-ci, mais elles n'avaient jamais été aussi claires et significatives que cette dernière nuit. Ceci ne présageait rien de bon pour l'avenir. Elle devait agir, reprendre le chemin de la forteresse pour retrouver ses compagnons et s'assurer qu'ils allaient tous bien. 

 

Elle prit donc la route en direction du Marais d'IssCanak, marcha pendant plusieurs heures sans s'arrêter. Le malaise qu'elle ressentait depuis son réveil s'emplifia à mesure qu'elle se rapprochait de sa destination. 

 

Il y avait toujours eu une certaine aura sombre et maléfique aux alentours du marais depuis que l'Au-delà s'y était installé. Lorsque Seren y posa le pied, elle ne ressentit rien, seulement une inquiétante sensation de vide. Elle accéléra le pas, se mit même à courir, afin de franchir les derniers mètres qui la séparait de la forteresse. Quand elle y pénétra, elle était presque vide. Certains se reposaient, tandis que d'autres semblaient vidés de leur énergie vitale, regardant dans le vide et bougeant à peine.

 

Elle courut jusqu'à la salle du trône, pensant y trouver le puissant nécromancien qui pouvait tout remettre en ordre. Cependant, elle la trouva vide. 

 

Tout devenu clair d'un coup. Les visions des dernières nuits se réalisaient. Seren perdit pied, elle tomba sur ses genoux, comme si l'énergie lui manquait lorsqu'elle réalisa...

 

Ce n'était pas un rêve...

Ce n'était pas un cauchemar...

C'était bien réel...

 

Le puissant Général Jackall avait disparu ainsi que son fidèle Commandant Yaninho, qui le ne quittait jamais. 

Edited by Seren
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