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Terre des Éléments

Les morts marchent de nouveau


Matagot
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Une rumeur enfle.

 

Plusieurs méfaits ont été perpétrés ces derniers temps, et il semble que des morts-vivants en soient presque systématiquement la cause. Un regain d’activité notable pour des créatures qui ne débordent pas de vitalité et qui passent le plus clair de leur temps à errer en tentant d’attraper ce qui leur passe à portée de main. Les anciens marmonnent dans leur barbe, disant qu’il s’agit là de mauvais augures, voire des signes précurseurs d’une catastrophe à venir. Mais comme c’est ce qu’ils font à longueur d’année, personne n’y prête plus attention. Ce qui ne les empêche nullement de continuer.

 

Et puis la nouvelle est tombée.

 

« Les Ghosts ! Ils sont de retour !!! »

 

Un messager est arrivé d’IssCaNak, hors d’haleine. Le village est hanté par ces fantômes qui ont terrorisé Melrath Zorac le temps d’une nuit. A l’époque, une vaste mobilisation des aventuriers de ces terres avait permis de repousser la menace en chassant les plus puissants de ces fantômes. Aujourd’hui, d’après ce que dit le message, seuls les esprits les moins dangereux sont réapparus... du moins pour l’heure. Cela ne les empêche pas de mettre le village sans dessus dessous. Mais que diable font-ils du côté d’IssCaNak ?

Plus ennuyeux, il n’y a pas de troupes stationnées dans le marais. Le bourgmestre en appelle à l’aide de Melrath Zorac et de sa garnison, mais Madame la Maire hésite à déplacer les défenseurs de la région : qui sait si la ville ne sera pas leur prochaine cible ?

 

Quant aux soldats, ils ne sont guère pressés d’aller affronter une menace surnaturelle.

 

Alors la question se pose : cette fois, qui se dressera face à la menace spectrale ?

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Au village d’IssCaNak, la tension est palpable.

 

Des aventuriers viennent prêter main-forte à la population pour éloigner ces turbulents esprits. Grâce à leur valeur, de nombreux fantômes ont déjà été chassés... mais ils reviennent sans cesse, en dépit des efforts déployés. Les habitants, eux, tentent de se protéger et se claquemurent dans leurs maisons. Hélas, ce n’est pas cela qui va décourager ces esprits malins. Et les dégradations commencent à s’accumuler. Le bourgmestre multiplie les appels, à la Guilde des Chasseurs notamment, et à l’Académie. Les Leideniens, pris de court par cette menace inconnue d’eux, rassemblent des informations mais ne semblent pas décidés à bouger pour l’heure. D’ailleurs, pour faire quoi au juste ? Nul ne semble fixé sur la question. Quant aux mages de l’Académie, ils ont fait savoir au bourgmestre que ces événements ne les concernaient en rien, et qu’ils ne souhaitaient pas être perpétuellement dérangés pour ce genre de broutilles. Ils ont ajouté que le village ferait mieux de se tourner vers les prêtres de l’Unique dans pareil cas.

Le bourgmestre a sauté sur l’idée et a envoyé un appel à l’aide à l’église. Depuis, des prêtres viennent réciter des prières à l’Unique et pratiquer de saints rituels dans les rues du village, avec un certain succès : les fantômes s’éloignent prestement d’eux et ne les harcèlent pas... mais ils s’en vont juste en un autre endroit pour continuer à harasser les vivants, et reviennent dès que les prêtres sont partis. Bref, les avancées sont au mieux modestes.

 

Et deux jours après, c’est d’Irliscia qu’est venue la mauvaise nouvelle.

 

Les elfes ont repéré un groupe de Ghosts près du Rocher aux Cactus. Que font-ils là-bas ? Leur présence est une première en ces lieux. Ont-ils été attirés par la vieille tour Dilth, qui a causé bien des combats et de nombreux morts ? Mystère. Les elfes accusent les orcs et les sortilèges impies de leurs shamans, mais les orcs semblent encore plus effrayés que les elfes par les fantômes. Si vraiment leurs chefs espéraient reprendre l’avantage en recourant aux forces occultes, c’est raté.

 

Pour l’heure, ces nouveaux Ghosts, bien que plus puissants, ne représentent pas une menace majeure. Le lieu est plutôt désert et les esprits ne s’en éloignent pas, au moins pour le moment. Le Haut Conseil elfe s’inquiète néanmoins de cette manifestation spectrale et en appelle à toutes les bonnes volontés, pour chasser les Ghosts ou indiquer aux elfes une méthode d’exorcisme efficace. Bref, les elfes semblent aussi dépourvus que les humains face à ces esprits.

 

La question qui agite maintenant beaucoup de langues est : pourquoi ces réapparitions soudaines ? Nul ne semble comprendre ce qui se passe vraiment.

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Ce jour, un nouveau messager d’IssCanak se présente aux portes de Melrath Zorac et demande à être reçu immédiatement par les autorités locales. Madame le Maire lui accorde une audience sans tarder, curieuse de savoir comment la situation évolue au village. Les Ghosts ne se sont pas encore manifestés en ville mais elle redoute que cela se produise. De fait, le messager n’a pas de véritable révélation dans sa musette.

 

« ... la population fait face, et nombreux sont ceux qui viennent aider, mais les Ghosts sont toujours là. Impossible de les chasser pour de bon. Mais ce n’est pas le plus préoccupant... »

 

Madame le Maire ouvre des yeux ronds de stupeur. Celle-là, elle ne s’y attendait pas. Le messager poursuit :
« Nos concitoyens nous ont rapporté l’apparition de morts-vivants, au cœur même du marais. Des cadavres animés, et forts, qui s’en prennent à tout ce qui vit. La meute de serportues qui vit là-bas en a fait les frais : elles ont été presque décimées ! »

 

Madame le Maire était déroutée par la nouvelle.
« Des morts-vivants, mais pas des Ghosts ? Vous êtes sûr ? »

 

Le message acquiesça vigoureusement.
« Rien à voir avec ces saletés de fantômes, ça je vous l’assure ! Des cadavres réanimés, voilà ce à quoi nous avons affaire. Remarquez, cela peut s’expliquer : le cœur du marais est une zone assez dangereuse. De nombreux inconscients y ont disparu au fil des années. Mais jusqu’ici, tous ces corps étaient restés au fond de l’eau, jamais un ne s’était relevé... »

 

Madame le Maire demande alors ce qui peut bien ramener ces morts à la vie. Le messager écarte les bras en un geste d’ignorance teintée d’impuissance.
« Ca, nous n’en savons rien. Nous ne sommes que de modestes villageois, des artisans, des commerçants... et les Mages de l’Académie ne nous ont pas accordé leur aide, ni même leur savoir. Quant aux prêtres, ils nous assistent de leur mieux, mais ils ne semblent pas en savoir plus que nous. Et ils ont déjà fort à faire avec les Ghosts. Remarquez, les cadavres n’ont pas quitté le cœur du marais, ils ne sont un danger que pour ceux qui s’y rendent. C’est déjà moins grave, mais c’est problématique tout de même, et le fait que ces cadavres soient capables de tuer des serportues est très inquiétant... »

 

Madame le Maire n’y comprend plus rien. Le retour des Ghosts, d’accord. Ces esprits avaient surgi sans explication la première fois, pas de raison qu’ils en donnent une la seconde. Mais les cadavres ? Ils ne se sont tout de même pas relevés tout seuls, si ?

 

Elle remercie le messager en lui disant de l’alerter si jamais les cadavres réanimés menaçaient plus directement le village, lui assurant qu’elle enverrait des troupes le défendre. Juste après son départ, elle s’empare d’un parchemin et de sa plume favorite, qu’elle trempe dans son encrier. Elle a une missive à rédiger.

 

Il est temps, lui semble-t-il, de solliciter le conseil et l’assistance des Mages de l’Académie. Etant donné sa fonction, elle espère que sa demande aura plus de poids que celle du bourgmestre d’IssCaNak.

 

La réponse qu’elle obtient quelques heures après, par retour de pigeon voyageur, est fort bien rédigée et très courtoise. Elle peut néanmoins se résumer en quatre mots : lâchez-nous les chausses.

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La nouvelle se répand comme une traînée de poudre : l’Académie a été attaquée !

 

Un groupe de morts-vivants s’est manifesté dans les tunnels proches, et s’en est violemment pris à la foule massée devant l’entrée. Sans l’intervention de la Garde Académique et de plusieurs mages qui sont rapidement arrivés en soutien, les assaillants auraient fait un véritable carnage. Au lieu de cela, la populace s’en est sortie à bon compte, avec des blessés certes, et la peur de leur vie, mais rien d’irréparable. Les morts-vivants ont été refoulés, mais pas vaincus : ils ont fini par se retirer dans les tunnels.

 

Au fur et à mesure que les nouvelles arrivent, la situation paraît maîtrisée et rassurante. L’Académie en elle-même n’a jamais été mise en danger : son entrée est toujours bloquée par de puissants sortilèges que seuls les mages sont en mesure de franchir, ou de faire franchir à autrui. Ses troupes ont montré leur vaillance : face à un adversaire terrifiant, leur moral n’a pas flanché. Elles en sortent même grandies aux yeux du peuple, qui ne voyait en elles que des oppresseurs chargés de lui bloquer la route de l’Académie : elles sont devenues son sauveur et son protecteur, en versant leur sang à sa place.

 

Les Mages, eux, impressionnent encore plus qu’avant, leurs sorts ayant mis en déroute cet agresseur redoutable. Un ennemi qui fait bientôt encore plus frissonner, lorsqu’il est annoncé qu’il a attaqué le groupe d’Ulcausaurus qui rôdait non loin de là. Même ces puissants combattants ont fini par céder face à un ennemi presque impossible à terrasser. Fidèles à eux-mêmes, les Ulcausaurus se sont battus jusqu’au dernier, avec la fureur qui les caractérise. En vain. Ils ont été engloutis par la vague mort-vivante.

 

Du côté de l’Académie, les Mages se réjouissent de voir cette menace anéantie : ils n’avaient guère apprécié de voir leurs sorts pris en défaut par ce groupe de reptiliens qui s’était ainsi échappé de l’abysse. C’est un problème de réglé pour eux, et sans qu’ils aient besoin d’intervenir. Mais cette satisfaction est au mieux éphémère : il leur suffit de penser à la menace que représente un groupe de morts-vivants capable de vaincre de tels adversaires, et campant presque devant leurs portes... Cette fois, ils ne peuvent plus se contenter de se tenir en retrait des affaires du monde : ils sont dans la bataille, qu’ils le veuillent ou non. Alors les Hauts Mages se réunissent pour définir une stratégie et, en l’espace de quelques heures, un plan d’action est adopté.

 

Le jour même, un investigateur académique quitte le domaine pour aller évaluer la situation dans les tunnels. Cela fait, il se rend directement à IssCaNak, et y rencontre la population pour rassembler des informations sur les derniers événements. Puis il prend congé, sans préciser où il compte aller...

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Le fléau continue de se répandre.

 

C’est ainsi désormais que la population de la région appelle la menace grandissante des morts. Et le fléau vient d’atteindre Melrath Zorac. La porte occidentale de la ville est maintenant hantée par des morts-vivants, des gardes de la ville, trépassés et enterrés, qui viennent de se relever.

 

Madame le Maire a demandé à la Garde de repousser ces morts, ce qui a été accompli pour l’heure : aucun ne semble parvenir à franchir les défenses de la porte. D’un autre côté, ces morts se relèvent sans cesse, toute victoire n’est donc que provisoire. Afin de ne pas s’user dans une bataille sans fin, la Garde a choisi de se retirer hors de vue des morts, ne laissant sur place que quelques sentinelles pour surveiller les morts-vivants. Si jamais ces derniers venaient à franchir la porte, la Garde se tient prête à intervenir. L’origine des gardes réanimés semble aisée à trouver : non loin de la porte, il y a une fosse commune où nombre d’entre eux, tombés en accomplissant leur devoir, ont été ensevelis.

 

La Guilde des Chasseurs fait également les frais du fléau : certains de ses éléments, morts au combat, se sont relevés. Fort heureusement, la Guilde avait choisi d’enterrer ses morts hors des murs de la ville, au nord, loin de toute porte... mais à proximité du fort d’une faction. Désormais, ses habitants doivent vivre avec le son lugubre des râles des maîtres-chiens réanimés et des aboiements de leurs compagnons à quatre pattes. Les scorpions noirs qui vivaient là ont fini par déguerpir sans demander leur reste.

 

La seule bonne nouvelle est une missive reçue par Madame le Maire : l’Académie l’informe qu’elle a revu sa position sur les événements actuels et qu’elle enquête activement sur le fléau. Un revirement qui fait briller une lueur d’espoir en ces heures sombres.

 

Mais une demi-bonne nouvelle, en fait. Car cette décision d’enquêter revient à avouer que les mages eux-mêmes ignorent l’origine du problème...

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A Melrath Zorac, la situation semble s’être stabilisée. Aucune nouvelle bande de morts-vivants n’est apparue depuis la première alerte. Du côté d’IssCaNak, le village est toujours assailli par les Ghosts mais les zombies du marais sont restés loin des habitations. Et à l’entrée de l’Académie, la Garde veille à la sécurité de tous. Les cavaliers morts-vivants n’ont pas tenté d’autre attaque en masse.

 

Pour autant, les choses n’évoluent guère.

 

Les morts continuent de se relever, comme s’ils narguaient les vivants : rien ne semble en mesure de les détruire une bonne fois pour toutes. Et c’est un navire de commerce qui apporte une mauvaise nouvelle – une de plus : des Ghosts ont été repérés au Fort d’Abroy. Et ceux-là sont encore plus dangereux.

 

A l’Académie, en attendant des nouvelles de l’investigateur récemment mandaté, les mages s’interrogent sur tous ces événements. Ils ne sont gère versés dans les arcanes de la nécromancie, mais tout ceci ressemble néanmoins, à leurs yeux, à une sorte d’appel, un rituel magique destiné à attirer des créatures vers ce plan d’existence. Les sorciers font de même avec les démons ; là, il s’agit de créatures spectrales. Mais qui pourrait bien agir de la sorte ? Et pourquoi ? Le nom de Rebom est bien prononcé, mais nul n’a entendu parler de lui depuis un temps prolongé. Aucun augure ne laisse présager son retour. En fait, personne n’y croit sérieusement.

 

En revanche, la localisation des Ghosts récemment apparus semble facilement compréhensible pour les mages. Le Fort d’Abroy a été la scène d’une terrible bataille entre les orcs et les humains. Le clan des Himms avait mobilisé une importante flotte d’invasion qui a tenté d’aborder en ce lieu. Beaucoup de sang y a été versé, et de nombreux corps sans vie y reposent pour l’éternité.

 

Sauf si quelqu’un a profané leur sépulture...

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A Melrath Zorac, la situation n’a pas évolué, ni en pire ni en mieux. Les morts-vivants hantent toujours la porte occidentale de la ville mais restent en dehors des remparts. Si la panique initiale a disparu très vite, une sourde appréhension s’est installée. Chacun redoute ce que les jours prochains pourraient apporter comme nouvelle menace pour les vivants... Madame le Maire n’est pas la moins préoccupée et multiplie les contacts avec la Garde pour anticiper tout nouveau problème, comme avec l’Académie pour tenter d’en savoir davantage sur le fléau, et un éventuel moyen de le contrer.

 

Les Mages lui répondent régulièrement, l’informant que l’enquête suit son cours mais qu’elle n’a pas encore abouti. Ils enjoignent les forces vives de Melrath Zorac à éviter tout affrontement inutile, dans la mesure où l’ennemi ne cesse de se relever. Il est plus avisé d’attendre la découverte d’un moyen de les terrasser définitivement, au lieu de perdre des combattants en vain.

 

Ils lui révèlent également que leur propre situation ne s’améliore pas : une nouvelle bande de morts-vivants est apparue dans les tunnels, loin des murs de l’Académie heureusement. Mais ces spectres s’en sont pris aux créatures présentes, notamment les Kermotians, de formidables combattants s’il en est ! Forts à faire frémir les plus valeureux, très résistants aux blessures, et capables de coups vicieux causant de terribles dégâts à leurs proies, ils comptent parmi les plus dangereux prédateurs de la création. Et malgré toute leur hargne, les Kermotians ont dû céder face à ces esprits, et se replier dans l’abysse dont ils étaient sortis.

 

Même si ces spectres ne présentent pas une menace immédiate, le renforcement de la présence mort-vivante dans les tunnels fait planer une menace grandissante sur l’Académie. Un messager a donc été envoyé trouver l’investigateur académique pour l’exhorter à presser le pas, quitte à solliciter le concours de la population locale et des aventuriers.

 

Madame le Maire, tout en reposant la missive, est saisie d’un mauvais pressentiment : si jamais l’Académie tombait sous les assauts des morts, quelle chance resterait-il à sa chère ville d’éviter le même sort... ?

 

Elle est subitement secouée d’un frisson.
 

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Seule dans son bureau de l’administration de la ville, Madame le Maire fait le point sur les avancées récentes.

 

Elle a pu rencontrer l’investigateur académique et échanger avec lui sur ses projets et sa stratégie contre le fléau. Il lui est apparu comme une personne très érudite et méthodique, ce qui est plutôt rassurant. Dans ce genre de période, les gens qui savent ce qu’ils ont à faire sont une bénédiction pour leur entourage. Il s’est avéré être féru d’alchimie, et compte employer ses connaissances en la matière pour comprendre la nature du fléau.

 

Madame le Maire se souvient en avoir éprouvé une pointe de déception.

 

Ayant affaire à un mage, elle s’attendait à... hé bien... elle ne sait pas au juste, mais à de la magie. Peut-être à le voir agiter les mains, prononcer des formules inintelligibles, et invoquer une lumière aveuglante qui aurait renvoyé tous les morts dans leur tombe en un claquement de doigts. Ou à réaliser une divination qui lui aurait révélé instantanément la source du fléau. Bon, elle s’est peut-être un peu emballée : si la magie pouvait tout résoudre sans effort, il y aurait probablement bien plus de mages, et tout le monde leur courrait après.

 

Et puis, elle ne peut pas faire grand-chose pour aider un mage, mais un alchimiste, c’est déjà un peu plus aisé.

 

D’abord, elle a mis à sa disposition un local dans lequel mener ses expériences. Ensuite, elle s’est engagée à lui fournir tout le menu matériel et les consommables dont il aura besoin. Elle lui a également assuré la contribution des sœurs Gerger et de leur personnel, Géfin et Gésouaf notamment : tout mage qu’il est, l’investigateur a besoin de manger, boire et dormir, comme tout un chacun. Madame le Maire tousse en pensant à la facture que les sœurs Gerger ne manqueront pas de lui présenter à l’issue de tout ceci. Mais si la survie de la ville est à ce prix... ce n’est jamais que de l’or.

 

Elle a donné au mage l’accès à la bibliothèque de la ville pour qu’il effectue certaines recherches théoriques, notamment en matière d’alchimie. C’est là que ses employés l’ont informée de la disparition d’un ouvrage que l’investigateur désirait consulter. Quelque indélicat l’avait barboté sous leur nez. Madame le Maire leur a passé un bon savon pour la peine : pour une fois qu’elle a l’occasion de donner une bonne image de Melrath Zorac à un membre de l’Académie, c’est un peu raté.

 

L’investigateur ne s’est pas démonté pour autant et a lancé plusieurs aventuriers volontaires sur la piste du livre manquant.

 

Madame le Maire ne peut s’empêcher de se dire que, si tout dépend des efforts et de la bonne volonté de ces aventuriers, le destin de sa chère ville est au mieux incertain...

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  • 2 weeks later...

A l’Académie, le Haut Conseil est en session.


Les mages débattent des dernières nouvelles et de leurs possibles répercussions, ainsi que de la conduite à tenir. La situation paraît stabilisée : l’Académie n’a pas été attaquée de nouveau et, même si des morts-vivants hantent désormais les tunnels, la sécurité de l’entrée ne semble pas gravement menacée. La garde a été renforcée en conséquence et des mages se tiennent prêts en permanence à voler à leur secours en cas d’alerte. Rien ne semble remettre en cause l’efficacité de ce dispositif défensif.


Du côté d’IssCaNak, le bourgmestre appelle toujours à l’aide, et les résultats de l’intervention des prêtres sont toujours aussi mitigés. Le Haut Conseil, après en avoir débattu, décide que le village n’est pas en danger immédiat et qu’il vaut mieux concentrer leurs forces armées ici, à l’Académie, le seul lieu à avoir connu une attaque en règle. Ce point est d’ailleurs souligné lors des débats : qui donc s’en prendrait à l’Académie ? Quelqu’un qui souhaiterait exercer une vengeance à l’encontre des mages ? Ou quelqu’un qui aurait intérêt à ce que l’Académie soit détruite ? Par exemple, pour éviter que ses mages ne finissent par nuire à ses plans...


Les résultats obtenus par l’investigateur académique sont également examinés de près, même s’ils sont encore largement lacunaires. Leur émissaire leur signale qu’il a dû faire face à quelques contretemps imprévisibles, mais qu’il peut compter sur le soutien de la ville de Melrath Zorac et de plusieurs aventuriers. Il est donc plutôt optimiste sur la poursuite de sa mission et de ses chances de succès. Il souligne que les morts-vivants s’étant manifestés aux alentours de la ville ne sont ni bien nombreux, ni franchement redoutables, et que les efforts combinés de la garde et des aventuriers suffisent – au moins pour l’heure – à les tenir au large. A la lumière de ce rapport, le Conseil décide également de ne pas bouger pour soutenir militairement Melrath Zorac. La dispersion de ses forces présenterait des risques évidents, et un bénéfice qui semble faible.


Les mages finissent leur réunion sur un point décevant et troublant : l’échec de leurs rituels divinatoires pour identifier la source du fléau, en dépit de leurs tentatives répétées. Certains des leurs sont des experts en la matière, mais rien n’y fait : ils se heurtent à une barrière impénétrable. Un voile noir au travers duquel ils ne parviennent à rien distinguer. Cela laisse penser que l’entité qui se cache derrière le fléau avait prévu cette démarche des mages, et qu’elle s’y était préparée. Pire, elle doit être d’une grande puissance, supérieure à la leur.


Une autre possibilité serait qu’il ne s’agisse pas d’une entité unique et surpuissante, mais d’une organisation bien établie et ne manquant pas de ressources, notamment en matière de magie.


Une organisation habituée du secret, tirant les ficelles dans l’ombre...

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A Melrath Zorac, le moral de la population n’est pas au beau fixe. Plus d’un mois déjà que le fléau s’est manifesté, et quatre semaines que les morts rôdent devant les remparts de la ville. Rien ne semble présager d’une fin rapide à la menace. Ni même d’une fin, d’ailleurs... L’anxiété est sourde mais palpable dans les rangs des habitants. 


Madame le Maire continue à maintenir le contact avec l’investigateur académique mais celui-ci s’est lancé dans des expériences d’alchimie qui l’accaparent et auxquelles elle n’entend goutte. Leurs deux dernières entrevues ont été peu productives. Elle préfère maintenant le laisser travailler sans plus s’en mêler. Le problème est qu’elle n’a pas grand-chose à annoncer à ses administrés, et elle sent bien que l’angoisse les ronge. Une bonne nouvelle serait la bienvenue.


La garde de la ville n’est pas au mieux non plus. Tout un chacun la sollicite à tout bout de champ. En gros, dès que quelqu’un a besoin de sortir de la ville, il demande une escorte armée. Or la garde n’a pas les moyens de protéger chaque citoyen, et ses membres commencent à s’épuiser, à force de patrouiller sans cesse. Tout ceci a également un impact sur le commerce : les marchands deviennent réticents à tenter leur chance dans la région. Même si leurs convois ne sont guère menacés, ils ont déjà eu maille à partir avec des morts, et eux aussi réclament une protection. La Guilde des Chasseurs y contribue, pour soulager la garde, mais cela ne suffit pas encore.


Et puis une rumeur commence à circuler en ville.


Au débit, ce n’est qu’un chuchotis, mais il va en s’amplifiant peu à peu, tant et si bien qu’il finit par parvenir aux oreilles de Madame le Maire.


Le célèbre rôdeur Cheuk Maurice aurait été aperçu dans la région.


Un bruit qui suscite la curiosité, et un regain d’espoir. Sa visite semble trop providentielle pour n’être qu’une coïncidence : serait-il sur la piste du fléau ? Si oui, ce serait inespéré. Recevoir l’aide d’un tel justicier... même les mages n’ont pas une telle cote auprès de la populace. Pour Madame le Maire, c’est une aubaine, et il s’agit de ne pas la manquer.


Le jour même, les officiers de la garde reçoivent l’ordre d’ouvrir l’œil et de transmettre à Cheuk Maurice une invitation de Madame le Maire, dès qu’ils réussiront à le localiser.
 

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  • 2 weeks later...

Les jours passent, et Madame le Maire s’inquiète de l’absence de nouvelles concernant Cheuk Maurice. Elle finit par convoquer les officiers de la garde.


Leur rapport est lapidaire : aucune nouvelle du célèbre rôdeur. Pourtant, eux aussi entendent dire qu’il est dans la région. Il aurait été aperçu à plusieurs reprises, mais la garde n’a jamais pu le croiser. Ce qui est plutôt curieux étant donné que les soldats multiplient les patrouilles dans tout le secteur de Melrath Zorac, au vu des événements actuels. Cheuk Maurice prendrait-il soin de les éviter ? Ce serait possible – il en aurait les capacités – mais nul ne voit la moindre raison à un tel comportement de sa part. Madame le Maire finit par renvoyer les officiers en les exhortant à se bouger : le sort de la ville en dépend peut-être !


Une gravité non-feinte, à laquelle le destin va se montrer imperméable – mais pas dénué d’humour.


Quelques jours après, alors que la nuit est tombée, un rapport lui parvient d’une sentinelle inattendue : une des sœurs Gerger. Celle-ci lui signale innocemment que Cheuk Maurice a pris une chambre dans son établissement. Madame le Maire étouffe un hoquet de surprise, puis lève les yeux au ciel : le rôdeur est dans les murs de la cité, et pas un garde ne l’en a informée ! Puis elle se rappelle qu’à force d’envoyer des patrouilles dans toute la région, la garde a quelque peu délaissé la ville en elle-même.


L’ironie de la chose lui laisse une certaine amertume en bouche.


Quoi qu’il en soit, elle sait enfin où trouver le rôdeur. Et le lendemain, elle rédige une belle lettre et la fait porter à Cheuk Maurice par un de ses assistants. Lorsqu’il revient, la mine déconfite, Madame le Maire réalise que tout n’a pas dû se passer comme prévu. Et pour cause : lorsqu’il est arrivé, l’aubergiste lui a signalé que le rôdeur a rendu la clé de sa chambre de bon matin. Il a bien tenté de le rattraper, mais en vain. Cheuk Maurice a été aperçu à la porte occidentale, quittant la ville. Il n’a donc pas pu lui remettre la missive et a rebroussé chemin.


Ulcérée, Madame le Maire réunit tout le personnel municipal dont elle peut se passer dans l’immédiat et les envoie sur les traces du rôdeur. Elle transmet également l’information à la garde, l’enjoignant de l’intercepter sans délai.


Ce jour-là, il y a donc de l’animation en ville.


Ce qui ne manque pas d’amuser les anciens, qui rappellent à tous ceux qui veulent bien les écouter une chose que tout le monde semble avoir oubliée.


Personne ne peut trouver Cheuk Maurice : c’est lui qui vous trouve.
 

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Une semaine s’est enfuie en catimini, et rien de bien nouveau ne s’est produit. Pas de mauvaise nouvelle, ni de bonne, et aucune de Cheuk Maurice non plus.


Ce soir, Madame le Maire est restée à travailler tard dans son bureau du bâtiment de l’administration. Les locaux sont presque déserts, mais elle reste sereine et concentrée : la garde veille de près sur la ville, et sur elle-même en particulier.


Aussi, lorsqu’un inconnu franchit la porte de son bureau sans être annoncé, elle se lève d’un bond.


« Quoi ?! Qui êtes-vous ? Et que faites-vous là ?


- Je suis Cheuk Maurice. »


Et cela dit comme si ça expliquait tout.


Madame le Maire, revenue de sa surprise, retrouve sa maitrise d’elle-même et se rassoit. Elle remercie le rôdeur d’avoir répondu à son invitation, puis se souvient que son bureau est fermé à clé.


« Comment êtes vous entré ici ? J’avais verrouillé ma porte.


- Rien ne résiste à Cheuk Maurice. »


Interloquée, Madame le Maire se dit qu’elle a dû se tromper, étant donné que la porte s’est ouverte devant son visiteur sans un murmure. Elle ne perd néanmoins pas le fil de ses idées et aborde avec le rôdeur le sujet qui la préoccupe depuis des semaines. Cheuk Maurice a de son côté constaté la réalité du fléau et de la menace qu’il fait peser sur la région. Il ne connait pas la nature exacte du fléau, ni son origine, mais il se fait fort de le découvrir sous peu – et de lui apprendre la vie.


Et sur ces mots, il prend congé aussi vite qu’il a surgi dans le bureau.


Madame le Maire, estomaquée par ces manières abruptes, reste sans réaction quelques instants, puis se lance à sa poursuite dans les couloirs. Elle a pas mal de détails en tête, des actions à mettre en place avec le concours de la garde, l’investigateur académique qu’elle souhaiterait présenter au rôdeur... mais ce dernier semble s’être volatilisé à une vitesse déroutante. Elle finit par débouler dans la salle de garde, et le chaos indescriptible qu’elle y découvre la cloue sur place de stupeur.


Une douzaine de gardes en armure gisent à même le sol, certains entassés les uns sur les autres, d’autres manifestement projetés contre les murs avec force.


Madame le Maire repère sur leurs casques des traces de coup, en forme de semelle de botte, et comprend soudainement ce qui s’est passé. Elle lève les yeux au ciel tandis que sa paume vient frapper son front.


Ces crétins ont essayé d’empêcher Cheuk Maurice d’entrer !!!


Non seulement la garde n’a pas réussi à lui mettre la main dessus, mais quand le rôdeur s’est présenté de lui-même, ils ne l’ont pas reconnu et ont tenté de l’éconduire. Fort heureusement, il ne les a pas tués : ils sont juste inconscients, étendus pour le compte. Quelques mots lui reviennent en mémoire.


... Rien ne résiste à Cheuk Maurice...


Elle réalise qu’elle ne rattrapera plus le rôdeur, maintenant. En revanche, elle connait certains gardes qui n'échapperont pas à un savon en bonne et due forme dès qu’ils tiendront à nouveau debout...


Le lendemain, elle est néanmoins satisfaite d’annoncer à ses administrés que le célèbre rôdeur prend les choses en main. Avec un allié de ce calibre, il lui semble que le sort de sa chère ville est beaucoup moins incertain. La nouvelle se répand dans les rues à la vitesse d’une traînée de poudre, provoquant un grand soulagement parmi la populace. Certains pourtant émettent de sérieux doutes sur ce qu’un homme seul pourrait bien accomplir face à des hordes de morts-vivants, et se demandent ce que l’avenir leur réserve.


Les anciens qui les entendent ne manquent pas de leur rétorquer :


C’est l'avenir qui devrait s’inquiéter de ce que Cheuk Maurice lui réserve.

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