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Terre des Éléments

Suyvel

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About Suyvel

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    Plume d'Or
  • Birthday 04/21/1970

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    Female

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  1. J'ai découvert que j'étais immunisée aux morsures de rat. Dans le temple du phénix, lorsque je fouille dans les décombres et qu'un rat me mord, je suis censée perdre 50 pdv... et rien ne se passe. Je suppose que c'est le rat qui est mort empoisonné.
  2. Petit bug sur le forum: les dates auxquelles les messages ont été publiés (avant de changer de serveur) n'apparaissent plus. Il suffit de remonter un peu dans ce sujet pour le constater.
  3. Lorsque mon paquet de caramels a entamé une petite gigue, j'ai su que c'était un jour spécial... Joyeux anniversaire Karamelldansen! Et bon anniversaire à Yaninho aussi.
  4. Merci. Pour Malicius, je n'avais pas eu l'info, bravo à lui!
  5. En ce (beau) jour d'Azura, le 7 [+ 113 AC], je suis allée rendre visite à mon amis le Grand Minao Taurus qui s'ennuie tout seul dans son labyrinthe. Après un échange de vues très animé, je tombe sur ceci: Oh le joli sceau! Et surtout, c'était le dernier qui manquait à ma collection: Depuis le temps que j'y œuvrais... YOUHOUUUU !!! Voilà, je voulais partager ce moment fort avec vous. Ah, au passage, petite dédicace à Yaninho: à jamais la première.
  6. Il n’était pas un jour. Il n’était pas une nuit non plus. Le cycle jour-nuit n’existait tout bonnement pas dans l’Ether. Le temps lui-même prenait une dimension toute particulière, différente du Plan matériel. Quant à l’endroit... l’espace et ses dimensions n’avaient guère de sens dans ce plan où rien de matériel n’existait. Pas de sol, pas de ciel non plus, juste une immensité vaporeuse et impalpable, sombre et parsemée de fugaces lumières changeantes, ni chaude ni froide, dépourvu du moindre repère fixe ou durable. Pourtant, l’endroit n’était pas désert : il était hanté de ci de là par des esprits errants. Dont celui de Suyvel. Lorsque Selene avait passé de force au doigt de l’elfe noire l’anneau maudit, elle avait été littéralement éjectée de son corps et s’était retrouvée ici, même si ‘ici’ n’avait guère de sens. Elle avait néanmoins deviné où elle se trouvait : en tant qu’invocatrice chevronnée, l’elfe noire avait l’habitude de se projeter sur d’autres plans d’existence et de ‘marcher en esprit’, comme disaient ses pairs. En revanche, d’habitude, elle gardait un lien spirituel avec son corps, même s’il restait sur le Plan Primaire. Là, elle ne sentait rien de tel. Et c’était proprement terrifiant. Elle s’était efforcée au calme et, forte de son expérience de marcheuse éthérée, elle s’était mise à explorer son environnement en quête d’une porte vers le monde matériel. Elle avait fini par trouver des seuils éphémères qui auraient parfaitement pu convenir... mais à chaque fois, elle s’était retrouvée dans l’impossibilité de les franchir. Et elle avait fini par en subodorer la raison. Sans le lien vital qui m’unissait à mon corps, je ne peux pas retourner là-bas naturellement. Elle avait donc envisagé d’autres options. En tant qu’invocatrice, elle savait appeler des esprits d’autres mondes, et se projeter en esprit vers d’autres plans. Etant déjà sous une forme spirituelle, il ne lui restait plus qu’à trouver le moyen de se projeter vers le Plan Primaire. Elle avait expérimenté plusieurs méthodes... qui s’étaient heurtées à un mur spirituel impénétrable dont Suyvel avait reconnu l’aura. Le pouvoir de l’anneau. Et là, elle avait réalisé quelle était sa condition : elle avait été bannie du monde matériel. Pour de bon. Pour toute l’éternité, probablement, elle errerait ici, sous cette forme spirituelle. Alors, sans but ni espoir, elle s’était recroquevillée sur elle-même et avait lentement dérivé dans ce monde sans forme. Une éternité ou deux s’écoulèrent. Elle n’aurait su le dire. D’ailleurs, peu lui en chalait. Et voilà qu’une voix lointaine venait titiller sa conscience. Elle crut d’abord déraisonner. Puis elle finit par reconnaître l’esprit qui tentait d’entrer en contact avec elle. Selene ! Alors ça c’était le comble ! Elle l’avait exilée ici et maintenant elle venait faire un brin de causette ? Suyvel ne se donna même pas la peine de répondre. Pourtant, la voix se faisait insistante. Et Suyvel avait été coupé de tout contact depuis... combien de temps, au fait ? Elle ne savait pas exactement, mais la seule réponse importante était : trop. Beaucoup trop. Elle ne put résister bien longtemps à la perspective d’avoir quelque échange de mots – même venimeux – avec une autre personne. Elle se concentra alors sur la voix et laissa le contact s’établir. "Selene, c’est bien toi ? Que me veux-tu ?" Une pause et elle enchaînait sans retenue : "D’ailleurs, que fais-tu ici ? Viens-tu savourer ta victoire ? Te rire de moi ?" Elle ne cachait nullement l’amertume de ses pensées. "Hé bien ris donc. Il y a de quoi, non ? Tu as gagné sur toute la ligne et je ne peux plus rien y faire. Profite de ce triomphe complet."
  7. Suyvel

    Hydraktar

    Sois le bienvenu, Hydraktar. Et oui, je me souviens d'un jeune chevalier nommé Eddy (un peu foufou, il est vrai).
  8. Il ne faisait plus qu’un avec son trou. Telle était devenue la vie de Passe-Plancher. Pourtant, en devenant l’assistant du gardien du phare, il avait pensé avoir décroché un travail dans ses cordes : rien de compliqué ni de dangereux. Aucun monstre en vue. A peine était-ce si un aventurier se risquait jusque là. Et lorsque cela se produisait, c’était qu’il s’était égaré, généralement... Trop heureux que l’assistant lui indique comment repartir sans finir emporté par la marée, il s’en retournait sans hostilité ni violence. Trop heureux... trop peureux, oui ! Il secoua la tête pour en chasser cette pensée qui semblait se railler de lui. Le Père Four Hass était un patron plutôt agréable, en plus. Il ne le surchargeait pas de travail. Il était généralement de bonne humeur et aimait discuter avec lui. Il testait parfois certaines de ses énigmes sur son assistant : si celui-ci en trouvait la solution, il l’en félicitait chaleureusement. Bon, généralement, juste après, il modifiait le texte de l’énigme, voire roulait le papier en boule et le jetait. Mais Passe-Plancher savait qu’il n’était pas un génie et ne lui en voulait nullement. Et il le payait bien. Royalement, même ! Si tous les assistants du monde avaient touché de pareils émoluments, cela aurait suscité de nombreuses vocations... Et on verrait sans doute moins d’aventuriers sur les routes, tiens... comment s’appelait le dernier clodo à être venu taxer le Père Four Hass ? Yann Hinault ? Ou un truc du genre... Le seul hic dans ce tableau quasi-idyllique tenait en fait à la passion du Père Four Hass pour les poissons. Il en achetait sans cesse, en proportions délirantes – jamais à eux deux ils n’auraient pu ingurgiter de telles quantités de nourriture ! Cela ne l’empêchait nullement de continuer, de stocker, toujours et sans cesse... et c’était naturellement à son assistant qu’il était échu de nettoyer, sécher, saler, fumer et entreposer tout ce poisson. Certains jours, il ne faisait plus que cela. Et il croyait parfois ne jamais en voir la fin... Ne jamais en voir la faim ? Il se concentra pour faire taire la voix moqueuse dans sa tête. Entre l’odeur des entrailles de poisson et les déjections des mouettes, la faim l’avait quitté depuis longtemps. Et quelque chose lui disait qu’elle avait pris des vacances perpétuelles... Les mouettes. Ca, c’était le second problème. Les otaries avaient été le troisième. Ces animaux avaient été attirés par l’odeur du poisson et la perspective de repas faciles, sans se fatiguer. Ils avaient fini par s’installer dans le phare, sans vergogne et sans crainte de l’habitant. Le Père Four Hass était trop plongé dans ses textes cryptiques pour prêter attention à ce genre de détails – encore que l’assistant se demandait comment il pouvait ne pas entendre les cris stridents des mouettes et les jappements incessants des otaries. Malgré son âge avancé, le Père Four Hass n’était pas sourd. Pourtant, jamais il n’avait pris la peine de chasser ces intrus, ni même d’élever la voix pour les éloigner. Il semblait ne pas les voir. Ce qui n’était pas le cas de l’assistant. Les animaux lui avaient toujours fait plus ou moins peur, mais là, il était gâté ! Ils étaient partout dans et autour du phare, ils ne s’éloignaient jamais, ils ne cessaient jamais de crier ! Il était devenu plus craintif encore qu’il ne l’était déjà. Il passait son temps à surveiller ces bestiaux du coin de l’œil, redoutant un coup fourré. Du coup, les poissons s’accumulaient, ce qui ne faisait qu’attirer plus de ces animaux maudits... et il prenait du retard dans l’entretien du phare. A force de le négliger, un trou avait finir par s’ouvrir dans le plancher. Un jour que l’assistant s’était trouvé pris dans un vol de mouettes inattendu, il s’était précipité – plus ou moins volontairement – dans cet espace souterrain et exigu. Et avait découvert un espace de relative sérénité. Ce qui constituait un piège sournois, en fait : il s’y était bien accoutumé. A force de s’y réfugier au moindre jappement, il rechignait maintenant à en quitter la sécurité. Même pour une minute. Sa couardise avait pris le dessus, sapant sa volonté, inhibant sa moindre velléité de rébellion contre les animaux qui l’assiégeaient chez lui. Alors il se perdait en de longues prières à la Dame de l’Air. La douce Eolia était une figure divine des plus aimables, dont chacun aimait à appeler la miséricorde et la protection sur lui-même. Il la priait de lui donner du courage. Il la suppliait de chasser ces animaux. Il implorait son aide, nuit et jour. En vain, mais il continuait quand même. Avait-il seulement une autre alternative ? Ce jour-là, il se livrait à une supplication dans les formes, comme à son habitude : « Ô douce Eolia, Grande Eolia, puisses-Tu m’envoyer un des Tes anges pour me secourir et – - Y a quelqu’un dans ce trou ? » Une voix fraîche venait de l’interpeler. Interloqué, il laissa la phrase en suspens. Il n’avait pas entendu la personne venir. Pourtant, sous le plancher, il entendait les pas de tout un chacun. L’arrivante avait le pas léger. Ou bien avait-il été trop absorbé par ses prières ? Quoi qu’il en soit, il tenait peut-être là une occasion à ne pas laisser passer ! « Heu... bien le bonjour... je suis l’assistant du gardien du phare... - Et tu l’assistes en quoi exactement ? A creuser des galeries ? - Ah heu ben non... » Sentant que la conversation n’allait pas dans le sens souhaité, il prit sur lui de rectifier le tir. « Je m’appelle Passe-Plancher. - Un nom fort approprié, je trouve. - Ah ? - Oui, enfin... laisse tomber. Le mien est Suyvel, mage d’Aéris. - Enchanté, Dame Suyvel. - Et que fais-tu dans ce trou ? - Je priais la Dame de l’Air de venir à mon aide. - Une excellente activité. Je fais partie de ses fidèles, soit dit en passant. - Quoi ? Mais alors... c’est sans doute par Sa volonté que tu es là ! Pour m’aider ! - Mouiiii alors ne nous emballons pas non plus, hein... t’aider à quoi, d’abord ? - A chasser toutes ces sales bêtes ! - Les Au-Delà ? - Les... ? Mais non, les mouettes et les otaries ! - Pardon ? Et tu as besoin d’aide pour chasser ces bestioles inoffensives ? - Mais... elles me font très peur. » Un silence consterné s’établit dans la pièce. Même les mouettes semblaient avoir honte pour lui. Comme il s’éternisait, il crut bon de devoir s’enquérir de la présence de sa visiteuse : « Dame Suyvel ? Vous êtes toujours là ? - Oui, oui. - Ah, tant mieux... Comme je ne vous entendais plus, je me posais la question. - Hum... que dire ? Rendue là, les mots me manquent... les idées aussi, d’ailleurs. A moins que... » L’assistant sentit un léger courant d’air et entendit un froissement d’étoffe, puis plus rien. Néanmoins, une certitude finit par envahir son esprit : il n’était plus seul dans le trou... « Mais... ? Mais ! Pourquoi êtes-vous descendue dans ma planque ? - Et pourquoi pas ? fit la voix, désormais nettement plus proche. - Mais c’est mon trou ! - Ton trou, ton trou... tu as un acte de propriété, peut-être ? Non ? Alors oublie cela. Et puis, ceux de mon espèce sont à leur place dans le monde souterrain. Bien plus que tes semblables... - Quoi ? Comment cela, mes semblables ? » Il plissa les yeux, essayant de discerner les traits de la squatteuse. Elle avait le teint mat, mais une chevelure blanche comme la neige. Mais ce fut lorsqu’il croisa son regard qu’il comprit à qui il avait affaire. Des yeux qui n’avaient rien d’humain. Et il réalisa soudainement la situation dans laquelle il se trouvait désormais. Je suis enfermé dans un trou avec une elfe noire !!! Le hurlement que poussa alors l’assistant s’entendit jusqu’à Melrath Zorac. Les elfes d’Irliscia, à l’ouïe si développée, perdirent deux dixièmes d’acuité auditive ce jour-là. Et l’un de leurs artisans, Quiès, inventa les protections auditives dans la foulée. Passe-Plancher jaillit hors de son trou comme un diable de sa boîte. Depuis lors, il vaquait à ses occupations dans le phare, en dépit de la présence des mouettes et des otaries, toujours aussi nombreuses et bruyantes. Mais il n’en avait plus peur. Ou du moins, une peur beaucoup plus grande hantait désormais son esprit. Il lui suffisait de regarder en direction de son ancien trou pour s’en souvenir. Et à chaque fois, il se jurait la même chose : Plus jamais, au grand jamais, je ne remettrai ne serait-ce qu’un orteil dans ce maudit trou ! Et s’il était enfin libéré de son trou, il ne savait pas s’il devait remercier Eolia de lui avoir envoyé cet ange inattendu et si étrange...
  9. Suyvel

    Commentaires HRP

    Une invitation à dégainer nos plumes, voilà qui est toujours bienvenu. Merci Kyra. En plus, il y a de la qualité dans les textes proposés. Petit tour d'horizon de mes lectures: Ginji: joli détournement de chanson. Loxka: la modestie est une qualité, mais tu sais écrire. Pas de complexe à avoir. Et tu manies bien l'humour aussi. Mystic Aura: j'ai bien aimé le ton décalé. Ton personnage me fait penser à notre chère Tapate (qui nous manque). Gamby: on partage volontiers "l'enthousiasme" de ton personnage dans sa quête. ^^ Let-s Ghost: ta relecture du petit monde du phare est intéressante et surprenante. Tigrrr: niveau humour et autodérision, on atteint des sommets. Fort Beau et Hard. ^^ Calyso: apaisé et bienveillant, un récit qui te ressemble. Crown: joli retournement de situation. Papp: bravo pour les rimes et les illustrations réussies. Bartimeus: un récit rythmé et drôle. Selene: le récit d’une obsession non-dissimulée. Melii: on partage la tranche de vie du personnage. Kirnes: vraiment amusante, ton histoire. J'ai éclaté de rire lors de l'épilogue avec Barti et Panda. Héphaïstos: connaissant la finesse de ta plume, j'ai découvert tes écrits avec intérêt. Une histoire simple, tranquille et dramatique. Une de celles qui vous marque, je trouve. Kiwae: un joli texte puisé dans le vécu du jeu, et c'est sa force (et son humour, aussi). Merci à vous tous, ça m'a fait plaisir de vous lire. Et bravo!
  10. On me murmure à l'oreille (pointue, oui oui...) que le volcan vient de se déconfiner... Aux abris! Joyeux anniversaire Héphaïstos.
  11. Je n'en doute pas, et d'ailleurs ça se sent. C'est pour cela que nous avons plaisir à les lire.
  12. Tiens tiens, on dirait que Panda va faire concurrence à Yaninho: une histoire très décalée, des petites images amusantes... très réussi. C'est la nouvelle ligne éditoriale de votre faction ?
  13. C'est la seconde fois que Yan nous gratifie d'un récit RP complètement décalé. J'aime bien le ton et les petites images. ^^
  14. Une auditrice attentive avait prêté une oreille attentive au discours de Selene – au sens figuré, car elle ne possédait pas d’oreilles au sens propre. Elle était passée inaperçue, nichée discrètement au plafond, ce qui lui convenait parfaitement, vu qu’elle n’avait nullement été invitée en ce lieu. Lorsque la Terrane se retira dans ses quartiers, elle la suivit sans se faire remarquer. Et lorsque l’humaine rejoignit son lit pour la nuit, elle attendit un peu puis exécuta les ordres qui lui avaient été communiqués. Secrétant un fil qu’elle fixa au-dessus du lit, elle l’allongea progressivement pour se laisser descendre jusqu’à un demi-mètre de sa cible assoupie. Là, elle s’immobilisa... et un sortilège commença de prendre effet. Des miasmes aux couleurs chatoyantes commencèrent à s’échapper du corps iridescent de l’araignée. Un spectacle presque féérique qui ne pouvait manquer d’éveiller la principale locataire. Selene, se frottant les yeux, se demanda si elle ne rêvait pas encore... mais lorsqu’une figure qu’elle ne connaissait que trop bien apparut au milieu des brillantes volutes, elle sut que c’était plutôt un cauchemar. Hycate, par le biais d’un subtil sort de communication, pouvait la voir et l’entendre. Et réciproquement. La drow sourit finement. « Selene. Quel plaisir de te revoir. Et de t’entendre, aussi. Mon petit émissaire a assisté à ton petit discours devant tes camarades. Il me l’a rapporté et crois bien que je n’en ai pas perdu une miette. Quelle tristesse de t’entendre parler de moi en ces termes... » Elle secoua la tête d’un air de déception feinte. « Enfin, j’avoue que l’idée d’une confrontation avec ta faction n’est pas pour me déplaire. Ce serait l’occasion pour moi de jauger la valeur de mes troupes et de mes... alliés. Mes préparatifs sont quasi-terminés. Et je me débarrasserais d’une menace potentielle au passage... » Elle tapotait des lèvres avec son index, dans une attitude d’apparente réflexion, comme si elle jaugeait l’option. « Evidemment, cette possibilité entraînerait des conséquences indésirables. Je risquerais d’y laisser pas mal de mes troupes, du temps et des efforts. Cela viendrait retarder la mise en œuvre de mes plans actuels, et Lloth n’aime pas attendre. De ton côté, je pense que tu apprécierais les suites encore moins que moi... » Devant l’air d’incompréhension de Selene, Hycate eut un sourire narquois. « Dis-moi, tu n’aurais pas perdu quelque chose ? » La drow regarda avec délectation l’expression de l’humaine passer de la perplexité à l’interrogation, puis à la surprise et l’anxiété. « Je crois que tu viens de réaliser... Allez, laisse-moi te rassurer : tu ne pourras pas dire que je ne suis pas d’une infinie gentillesse avec toi. » L’image dans les volutes changea : Hycate disparut, le décor se mit à changer et un individu finit par apparaître dans le champ de vision. Inconscient et enchaîné à un mur, sa tête pendait devant lui, masquant son visage. Une main de femme vint saisir la tignasse de l’homme et la tirer en arrière pour dévoiler le visage d’Eridani. Celui de Hycate ne tarda pas à apparaître juste à côté, affichant une jubilation non dissimulée. « Après ton départ, je me sentais un peu seule, alors j’ai un peu accaparé ton petit jouet favori... Oh, il va bien, ne t’en fais pas. J’ai juste fait en sorte qu’il ne soit pas une gêne. Et puis je m’en voudrais s’il se blessait en tentant de s’enfuir. Je sais que tu y es très attachée... » Le sourire s’élargit, narquois. « Bon, bien sûr, j’aurais dû le jeter en pâture aux filles de Lloth, histoire que tu t’imprègnes des principes de la Reine Araignée, mais j’ai songé que cela ne me revenait pas. Le mieux serait que toi, tu l’offres en sacrifice à Lloth, pour gagner son pardon. Dès que je serai de retour, nous nous verrons en face à face et je te promets que je te laisserai en décider par toi-même. Tu pourras le reprendre si tu y tiens, je m’engage à te le rendre sain et sauf... » Hycate leva un doigt impérieux. « ... à une condition, et elle n’est pas négociable... » Puis elle reprit un ton plus badin. « J’aimerais un peu de tranquillité, le temps de boucler mes projets en cours. Donc pour ton discours de demain, devant tes petits camarades, je te suggère de leur proposer une petite excursion sans rapport avec moi. Un pique-nique sur les plages d’Irliscia, par exemple. Ou une partie de colin-maillard au bord d’une falaise. Bref, que ni toi ni aucun d’eux ne vienne se mêler de mes affaires. Rien de bien compliqué, en somme... » Elle redevint sérieuse d’un coup. « Je ne veux pas de vous dans mes jambes. Accorde-moi cela et je te rendrai ton petit jouet en un seul morceau. Mais si jamais l’un d’entre vous vient fourrer son groin dans mon assiette, je te rendrai ton mâle insipide... » Ses mots se firent tranchants, et plus froids que l’acier d’une lame. Un bref éclat de colère passa dans son regard. « ... en petits morceaux. » Un silence de mort vint souligner la menace. « Je sais que tu feras le bon choix. Pour toi comme pour lui. Alors à bientôt, Selene. C’est moi qui te recontacterai à mon retour. » Et elle mit fin au sort, laissant les volutes luminescentes s’éteindre et se disperser. L’araignée, qui avait dû supporter une grande quantité de magie, tomba raide morte sur le couvre-lit de l’humaine.
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