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Terre des Éléments
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Guix

Le réveil d'une légende

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Une île.

Petite. Seule. Si fragile.

 

Une ombre.

Avide. Puissante. Qui désire s'étendre.

 

En un rien de temps, elle englobe toute l'île dans un silence de mort. Personne ne réagit. Il fait nuit, tout le monde dort. Le mal est fait. Et quel mal, insidieusement infiltré dans le monde des rêves. Il est vorace, il a faim, tellement faim ...

 

" Ithel. "

 

Ithel.

 

Ce nom, jamais il ne pensait le prononcer en dehors des murs du Sanctuaire. L'inquiétude pouvait être lue sur son visage. Malgré son réveil, il sentait encore sa présence. Ténue, certes, mais ses pouvoirs lui permettaient de ressentir celui de la créature jusqu'ici, alors que la distance qui semblait les séparer était immense. Il n'y avait pas une minute à perdre. L'homme, malgré son statut, ne prit guère le temps de choisir une tenue d'apparat et s'habilla rapidement, et sortit de sa demeure de la même manière.

 

Le jour commençait à se lever, et il se dirigeait vers son objectif sans porter la moindre attention aux personnes qu'il pouvait apercevoir en chemin. Cela étonnait beaucoup, connaissant parfaitement bien la nature chaleureuse et bienveillante que l'homme n'hésitait nullement à afficher en public. Tous se sont donc contentés de le laisser passer, sachant pertinemment qu'il se dirigeait vers la Guilde des Chasseurs. L'affaire avait donc l'air sérieuse. Une fois arrivé devant le bâtiment imposant, il ne fut pas surpris de trouver son meilleur ami qui l'attendait déjà, porte ouverte en l'invitant à rentrer à l'intérieur. Sans un mot ni aucune poignée de main, ils se dirigèrent tout deux dans une petite salle à part afin d'être seuls. Une fois la porte refermée, son ami, maître actuel de la Guilde des Chasseurs prit la parole :

 

" Qu'est-ce que c'était ? "

 

" Si tu l'as senti, toi aussi, il n'y a aucun doute à avoir. Il semblerait que les Meies aient été réveillés ... "

 

" Les Meies ? Tu en es vraiment certain ? Ce n'est qu'une légende, comme les Dr... ! "

 

" Suffit !" Il savait exactement ce que son ami allait prononcer "Tu as lu les mêmes écrits que moi. Et dois-je te rappeler que c'est mon père qui anéantit presque complètement leur race ?! "

 

Malgré la profonde amitié entre les deux hommes, la remarque l'avait touché à un point que son ami ne pouvait comprendre. La différence du temps restait entre eux un gouffre difficile à combler. Mais son ami lui fit un geste de la main, lui indiquant qu'il avait compris et qu'il n'avait pas à remettre sa parole en doute, tout en s'excusant.

 

" Qu'allons-nous faire alors ? "

 

" Prends une poignée d'hommes de la Guilde des Chasseurs avec toi. Tes meilleurs hommes. Préparez-vous à prendre la mer. "

 

" Tu en es sûr ? Si nous partons, qui ... "

 

" Défendra le Sanctuaire ? Cette tâche m'incombe. Cela a toujours été le cas après tout. La Guilde a été crée pour défendre notre liberté et notre terre, et cette menace que je perçois pourrait bien y nuire. Votre place n'est plus au Sanctuaire pour le moment, et une partie de tes hommes restés sur place m'aideront dans la tâche. Cela fait des centaines d'années que la paix règne ici, je suis certain qu'elle durera jusqu'à votre retour mon ami. "

 

" C'est entendu. "

 

" Maintenant, pars rassembler tes hommes. Je pars en direction du sanctuaire afin de vous trouver les cartes nécessaires à votre voyage. Allez jusqu'à Iriliscia, et faites moi votre rapport une fois que vous serez sur place. Vous recevrez mes ordres à ce moment-là. "

 

" J'y vais de ce pas. " Il quittait la pièce immédiatement.

 

Malgré toute la confiance qu'il avait en son ami, il avait peur. Depuis maintenant plusieurs centaines d'années, personne ne s'était aventuré aussi loin de Leiden. Mais jamais aucune menace ne s'était faite si pesante depuis ... Depuis peut-être trop longtemps.

 

Mais il n'était pas comme son père. Même s'il nourrissait ce même sentiment de liberté que jamais personne ne pourrait lui ôter, il n'avait pas hérité de son comportement belliqueux. Et pourtant, il est encore plus puissant que son père pouvait l'être à son apogée grâce au Sanctuaire, mais son pouvoir ne sera dirigé que contre ceux qui oseront nuire à la tranquillité de Leiden.

 

Il avait besoin d'en savoir plus. Le chemin vers le Sanctuaire lui était tout indiqué ...

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Le bateau venait d'appareiller. Les deux hommes ne s'étaient que très peu reparlés depuis leur échange à la Guilde. Geralt s'était contenté d'attendre que son ami revienne du Sanctuaire avec les cartes maritimes dont il aurait besoin pour la traversée une fois ses hommes réunis. En guise d'au revoir, une simple poignée de mains fut échangée. Quoi qu'il pût se passer, ils restaient connectés l'un à l'autre grâce à l'amulette qu'il gardait toujours auprès de lui. Reliquat des connaissances du Sanctuaire, elle permettait entre autres de communiquer par télépathie avec les autres possesseurs de bijoux semblables.

Geralt détestait ce moyen de communication. A chacune de leur conversation il ressentait  l'étouffant et imposant pouvoir de son ami qui semblait se manifester dans sa tête par une explosion assourdissante, mais il s'était bien gardé de lui en parler. Si tout deux avaient étudié au Sanctuaire et développé leurs pouvoirs et aptitudes au combat ensembles - lui en tant qu'élève, et son ami en tant que maître - il ne pouvait pas rivaliser à l'engrenage du temps comme lui en était capable. Mais il n'avait guère le choix pour le moment. Il était nécessaire que lui reste à Leiden pour le moment. Aucune catastrophe ou guerre n'avait touché ce lieu depuis fort longtemps, mais le Sanctuaire n'était pas pour autant à l'abri. Effaçant ses pensées de son esprit, il attrapa dans sa sacoche son amulette et tenta de communiquer, afin de vérifier son bon fonctionnement :

" Nous reviendrons vite " pensa Geralt en se préparant au moment qu'il redoutait.

" Je n'en doute pas, mon ami. " Et comme à son habitude, son pouvoir se manifestait dans sa tête telle une explosion " Faites bon voyage ! "

Celui-ci promettait d'être long. Irliscia se situait extrêmement loin de leur petite île ...

___________________________________________

Il regardait le bateau s'éloigner peu à peu du port, avant de se perdre dans la ligne de l'horizon..

Maintenant que Geralt était parti, son sentiment d'inquiétude disparut peu à peu de son visage pour faire à nouveau place à son humeur joyeuse habituelle. Il saluait d'un signe de tête toutes les personnes qu'il croisait sur le chemin du Sanctuaire, offrant à son peuple son sourire le plus radieux afin de les réconforter du départ d'une bonne partie de la Guilde des Chasseurs. Habituellement, leurs voyages en bateau ne les menaient qu'à quelques kilomètres de l'île, chassant l'une des innombrables créatures marines qui protégeait l'île de toute intrusion maritimes extérieures afin de réguler leur population. Cela faisait d'ailleurs l'objet d'un grand concours annuel entre lui, sa garde personnelle et Geralt et sa Guilde des chasseurs. Chacun des deux partis tentait d'occire et de ramener un trophée de la bête vaincue le plus rapidement possible au port, où tous les habitants de l'île se réunissaient afin d'assister à leur compétition toujours placée sur le signe de la profusion et de la fête. Toutes ses pensées positives étaient parfaitement retranscrites dans le sourire qu'il affichait à son peuple. Car même s'il n'était pas tout à fait humain, le peuple qu'il gouvernait était tout pour lui. Et il comptait bien le défendre au péril de sa propre vie. Arrivé devant le Sanctuaire, il indiqua calmement, mais fermement, au personnel présent qu'il ne souhaitait pas être dérangé. La bibliothèque du Sanctuaire était immense, et malgré les centaines d'années qu'il avait pu passer à l'intérieur, il n'avait jamais eu l'occasion de lire et de s'approprier les connaissances infinies que recelaient cet endroit. Il en avait pour un long moment. Mais le voyage de son ami durerait tout autant de temps, et il allait l'utiliser pleinement dès maintenant à l'étude des Sept Meies.

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Quelque part, dans l'océan.

Le soleil se levait et seul Geralt était réveillé. Ne trouvant pas le sommeil, il avait congédié celui qui s'occupait de la barre, qui accepta sans vraiment rechigner. Tenir le bon cap l'aidait à se vider l'esprit pour éviter de devoir réfléchir à l'insidieuse idée qui le rongeait: Que vont ils trouver en arrivant à Irliscia ? Jamais Jabus Sollan n'avait autorisé expédition de ce genre de toute sa vie. Et les dieux savent bien que la vie de son ami était déjà très longue, et qu'elle ne semblait jamais vouloir se terminer. Cette vie, il l'avait consacré à la défense ce que qu'il considérait comme son peuple. Rien d'autre n'avait d'importance à ses yeux. Pas même la furieuse volonté de son père à vouloir accomplir sa terrible vengeance sur ceux qui jadis l'avaient enchaîné. L'amour avait pris le dessus sur la haine sur le fils ...

Il serait donc le premier à avoir la chance - ou la malchance, selon son point de vue - de pouvoir admirer d'autres contrées que celle de Leiden. Tout ça pour partir à la recherche des Meies ...

Les Meies. Geralt avait une bonne mémoire, et se souvenait de la seule référence qu'il avait lu dessus. Il n'était pas le meilleur élève de sa génération pour rien, et son poste de maître de la Guilde des Chasseurs pour une personne d'une trentaine d'années, n'était pas anodin. cette référence était un bref résumé des actions néfastes de chacune des sept créatures. Leurs noms y étaient aussi référencés: Nézès, Ulryn, Molpheus, Earen, Ithel, Lett et Sikiah. Mais il y était aussi dit qu'ils avaient tous disparus, tués semblait-il. Alors pourquoi ressentait-il de plus en plus le pouvoir nauséabond d'Ithel, et maintenant des six autres, au fur et à mesure qu'il se rapprochait d'Irliscia ? Que s'était-il passé sur ces terres inconnues pour qu'une telle calamité la frappe de la sorte ? Cela, Geralt ne le savait pas encore. Ce dont il était certain, c'est qu'une fois la menace identifiée, celle-ci serait la cible impitoyable de la Guilde des Chasseurs.

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A l'intérieur du Sanctuaire.

Jabus était soucieux. Il avait beau y réfléchir depuis plusieurs jours, mais il avait fait une terrible erreur. Il n'aurait jamais du précipiter le départ de Geralt. Il aurait du y aller lui-même. Quel être, quelle abomination était suffisamment puissante et maléfique afin d'avoir pu rescuciter les sept Meies ... ?

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Aux abords d'Irliscia.

Malgré la tension et le stress nettement visible de l'équipage depuis quelques jours à l'approche de leur objectif, le reste du voyage s'était totalement bien passé. Le port d'Irliscia était visible à l'horizon. Afin d'éviter tout problème, Geralt décidait d'accoster non loin d'un phare qui semblait abandonné. Une fois à terre, sa première impression lui faisait froid dans le dos. L'odeur de la mort régnait en maîtresse sur ces terres. Cet endroit même semblait avoir été le théâtre d'une bataille bien sanglante, et il se demandait même s'il restait encore des survivants. Était-ce l'œuvre des Meies ?

Mais il oubliait le principal. Il devait contacter Jabus maintenant qu'il était arrivé à destination. Il sortit l'amulette de sa sacoche, et la serra dans sa main droite.

" Nous sommes arrivés. M'entends-tu ? "

Alors que Geralt s'attendait - et se préparait - à ressentir l'aura de son ami, rien ne se passait.

" Jabus ! C'est moi, Geralt ! M'entends-tu ?! "

Mais rien n'y faisait. Il avait beau retenter encore et encore, le résultat restait le même. Qu'est-ce qu'il se passait ? Ils avaient beau tout deux ne jamais avoir testé leurs amulettes à aussi longue distance, les écrits du Sanctuaire précisaient qu'aucune distance ne saurait entraver leurs pouvoirs. Quelque chose clochait ici, et il était bien déterminé à savoir ce que c'était. Il fut conclu qu'il était préférable de cacher le bateau pour l'instant et de partir en expédition afin de mieux comprendre ce qu'il se passait ici.

Après tout, ils étaient tous membres de la Guilde des Chasseurs. Bien sûr que l'inconnu leur faisait peur à tous. Mais lorsque le danger se présentera, aucun ne reculera. Tous seront prêts à mourir pour suivre les ordres de Geralt et de Jabus Sollan, celui qui tua son propre père afin de rétablir la paix en Leiden. Et à fortiori dans le monde entier ...

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Des jours après, dans un camp de fortune caché quelque part à la lisière de la forêt d'Irliscia.

Geralt était constamment tiraillé par un sentiment qui semblait le dépasser : l'incompréhension. Qu'est-ce qu'il pouvait donc bien se passer, ici, sur ces terres ? C'était à n'y rien comprendre. Maintenant qu'il avait eu l'occasion de s'habituer à son nouvel environnement et de sa proximité avec le pouvoir environnant des Meies, il ressentait quelque chose qui lui avait échappé. Ils semblaient ... Disparaître et ressusciter par intermittence. C'était impossible. Et pourtant, il fallait bien se faire à cette idée. Celui que l'on nommait Ithel, dont le pouvoir semblait se concentrer sur ce littoral, restait introuvable. C'était comme si ... Comme si quelqu'un l'avait tué avant qu'il ne puisse le trouver. Quelle ironie cela était. Lui, maître de la Guilde des Chasseurs, battu sur son propre terrain. Il pouvait entendre d'ici les rires de son ami, qui n'hésiterait pas à ressortir cette anecdote le plus souvent possible afin de l'asticoter comme à son habitude.

Jabus ... Il demeurait toujours injoignable. Geralt ne désespérait pas pour autant. L'amulette n'avait pas comme unique propriété la communication. Cependant, user de la téléportation sur une distance aussi importante, il allait avoir besoin de temps et d'énergie pour rassembler ce dont il avait besoin. Et de toute manière, lorsqu'il demanda l'avis de ceux qui l'avait accompagné dans cette aventure, aucun ne souhaitait rebrousser chemin avant de comprendre ce qu'il pouvait bien se passer ici.

Et cela, personne ne semblait vraiment le comprendre. Une seule chose était certaine : ces terres étaient hostiles. Farouchement hostiles. Une faction humaine de chevaliers s'était installée non loin de ce qui paraissait être le port d'Irliscia. í€ l'est de leur position semblait se tenir divers camp de ce que Geralt avait appelé " Orc ", tandis qu'au nord, au centre de la forêt semblait se tenir un village Elfe. C'était la première fois que Geralt et ses hommes posaient leurs propres regards sur ces races. Leiden était exclusivement peuplé d'humain, unique race que le père de Jabus avait daignée emmener avec lui lors de son exil pour y formenter sa vengeance contre ceux qui avaient cru pouvoir l'enchaîner et le contrôler. Et toutes ses races semblaient continuellement se faire la guerre, pour une raison qui échappait totalement à Geralt. Et sur cette raison, aucun lien n'avait été encore fait avec aucune de ses races. La guilde se contentait pour l'instant de cartographier les alentours le plus rapidement possible afin de mieux s'y repérer, tandis qu'un petit groupe d'hommes menés par Geralt traquait en vain Ithel.

L'un des hommes de Geralt le fit sortir de ses réflexions. Un éclaireur revenait du Nord, ou semblait être bâti une imposante ville, mais il ne ramenait pas avec lui de bonnes nouvelles ...

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" Une ville dévastée, habitée ? "

" Oui Geralt. Malgré la dévastation de la ville, celle-ci semble toujours être habitée, même si sa reconstruction tarde visiblement. Des soldats du même insigne que ceux d'Irliscia semblent présents, même si leur nombre est anormalement restreint en comparaison des troupes aperçues au Sud. Je ne saurais dire pourquoi. "

" Très bien merci. "

" Ce n'est pas tout ... "

Geralt écoutait attentivement. L'éclaireur aurait aperçu au nord de la ville une sorte de ... Passage menant à un endroit qui désirait demeurer secret. L'explosion dont avait souffert cette ville aurait, à première vue, permit d'ouvrir cet endroit aux yeux de tous. L'éclaireur ne s'aventura pas plus loin, car le malaise que tous ressentaient depuis qu'ils avaient foulé ces terres paraissait émaner de cet endroit. Mais il ne préféra pas se lancer dans des conclusions trop hâtives pour le moment, se contentant simplement d'informer la Guilde de ce qu'il avait observé.

Il y avait maintenant deux choix très importants à faire pour la Guilde. Le premier d'une part, était, bien sûr, de déterminer si ce qu'avait découvert l'éclaireur avait un rapport avec les Meies ou non.

Le second choix était beaucoup plus ... Ardu. Devaient-ils cesser de se cacher de la sorte ? Personne ne comprenait ce qu'il pouvait se passer ici, et le meilleur moyen était encore de faire connaître leur présence aux peuples de ces terres, et de leur demander directement. Bien sûr, il y avait la possibilité que cela finisse dans le sang. Mais jamais celui de Geralt ou de ses hommes ne coulera. C'était bien là l'une de ses seules certitudes d'ailleurs : aucun des soldats croisés n'avait la moindre chance contre le plus faible des membres de la Guilde. Et cela était fortement étonnant, vu que la guerre avait l'air d'être monnaie courante en ces terres.

Pour l'instant, leur mission était bien plus importante. Même si cela devait entacher de futurs pourparlers, ils tenteraient de s'infiltrer dans la ville à la recherche de leur objectif, quitte à devoir s'occuper de quelques gêneurs. Il fallait vite se préparer, la nuit commençait à tomber ...

 

 

 

Quelques heures plus tard, entrée ouest de Melrath Zorac.

 

 

 

Pas un garde à l'horizon. C'était ... Oui, c'était trop facile.

Geralt et ses hommes ont patiemment tenté de prendre leur temps afin de s'infiltrer dans la ville sans alerter la moindre personne. Mais ils auraient très bien pu se contenter d'une simple capuche sur le visage que personne n'aurait remarqué leur présence. Après tout, l'intérieur de la ville et son état, ne mentaient guère. C'était triste. Mais sans perdre une seconde, tous se dirigèrent vers le nord, jusqu'à atteindre un lac complètement asséché. Un passage béant apparaissait maintenant que l'eau avait disparu, et celui-ci semblait être présent depuis un bon nombre d'années. Cela semblait être parfaitement cohérent : l'explosion avait asséché le lac. L'unique question qui demeurait était " Mais qu'est-ce qui a pu provoquer une explosion pareille ... ? " Enfin, unique question ajoutée à celle qui était de découvrir ce qu'il se cachait à l'intérieur ...

" Alrin. Grant. Talon. Je ne pense pas que vos talents d'artisans nous seront utiles à l'intérieur. Gardez le passage pour le moment, et empêchez toute personne d'entrer. "

Son éclaireur devait avoir raison. Geralt avait le sentiment qu'une partie de ses questions trouveraient réponses à l'intérieur ...

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Tandis que Geralt était à l'étude de la mystérieuse crypte qu'ils avaient découverte, ses hommes continuaient leur dur labeur de cartographie ainsi que leur recherche de vivres pour pouvoir survivre

L'un d'entre eux était parti vers l'ouest. Après avoir dépassé ce qui devait être une mare remplie de crapauds hideux, il arriva dans un lieu nettement plus hospitalier. Quelques nomades s'étaient installés ici, profitant de leur relative tranquillité due à leur éloignement avec la ville qui s'appelait Melrath Zorac. Cependant, une chose attira vite son attention. Il avait trouvé des terriers de lapin, et se mit en chasse afin de rapporter à ses compagnons de quoi se nourrir. Il tenta même d'en dépecer un, en vain, se disant qu'il serait préférable de laisser ce travail entre les mains d'une personne bien plus douée que lui. Une fois son travail effectué, il retourna à la crypte.

Un deuxième était parti vers le sud, afin de finir de cartographier la zone entre Irliscia et la ville de Melrath Zorac. Mais il était venu en ces lieux pour une toute autre raison, qu'il avait cachée à ses camarades. En effet, il était tombé éperdument amoureux d'une jolie vendeuse qu'il avait croisée non loin de la zone qui lui avait été assignée. Ni une, ni deux, il cueillit les plus belles gaulthéries pour la belle et alla la retrouver, lui déclamant le plus joli poème qui lui venait à l'esprit. Mais la vendeuse, bien plus intéressée par les pièces d'or sonnantes et trébuchantes que par l'amour que lui portait le jeune homme, lança le bouquet au loin et le pria de ne plus jamais recommencer. Il rentra donc à la crypte un peu déçu, mais n'abandonnerait pas pour autant ...

Le dernier se dirigea vers l'oasis à l'est de la ville, à la recherche d'eau et de victuailles. Les gens étaient sympathiques dans ce coin là, hormis un mystérieux prêcheur de Niue, et n'hésita pas à se déplacer à visage découvert. Satisfait des produits de la pêche qu'il avait pu trouver, il retourna dans la ville. Il ne pouvait s'empêcher de constater à quel point l'état de la ville la rendait profondément triste à regarder. Pourquoi aucun chantier de reconstruction n'avait été lancé ? Il s'arrêta quelques minutes devant un bâtiment complètement abandonné à gauche de ce qui semblait être une auberge. Pourrait-il, peut-être ... Non. C'était à Geralt de prendre ce genre d'initiative. L'étude de la crypte était bien plus prioritaire actuellement, et il devait ramener ses provisions à ses camarades.

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Au même moment, au Sanctuaire

Jabus ne pouvait s'empêcher de faire les cent pas. Cette situation était frustrante pour lui. C'était comme un miroir sans tain. Lui pouvait entendre les communications de Geralt, sans avoir la possibilité d'y répondre ni de lui faire comprendre qu'il recevait ses messages. L'homme, ou la chose, derrière tout cela était clairement une personne dangereuse ... Néanmoins, il ne pouvait pas intervenir pour le moment. Geralt devrait sans aucun doute arriver aux mêmes conclusions que lui, et il avait déjà de son côté réuni tous les ingrédients qui permettront à Geralt d'organiser son voyage retour. Ils pourront conjointement ouvrir un portail permettant de se déplacer librement entre Leiden et cette ville appelée Melrath Zorac. Mais celui-ci devra rester secret. Le sanctuaire doit être protégé, et si une personne non-autorisée passait le portail pour y découvrir tous les secrets du Sanctuaire sans s'y préparer, ce pourrait être la fin de toute vie sur ces terres ...

Et cela, jamais Jabus ne le laissera passer. Phoenix. Ours. Humain. Loup. Et l'humanité. Bien plus que son père n'en a jamais eu. Il était peut-être le fils du POHL, mais il avait choisi son camp. Par-dessus tout, il combattra pour la liberté, suivant le même idéal que son père. Mais le coeur de Jabus n'était pas perverti par la haine de ceux qui avait bridé la liberté de son père. Il croyait sincèrement que toute vie actuelle n'était plus responsable et méritait d'être défendue. Défendue contre les Meies. Et défendue contre le mystérieux être qui se cachait derrière leur résurrection ...

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Les jours passèrent, sans jamais voir Geralt relâcher une seule fois son attention sur la Crypte. Malgré les atrocités qu'elle renfermait, il ne pouvait s'empêcher d'être admiratif et d'avoir la possibilité de découvrir - et de résoudre - des mystères comme celui-ci. Il connaissait Leiden comme sa poche, et tant de nouveautés ne faisaient que le fasciner. Mais il n'avait pas le temps de se complaire dans ce genre de sentiment. Tout était clair à présent, même s'il déplorait que l'un de ses courageux compagnons se soit retrouvé blessé aux alentours du temple d'Arasgyl alors qu'il tentait de  ramener une information capitale.


Les Meies n'étaient très clairement qu'un avant-goût.
L'être qui se faisait appeler l'Architecte était à un niveau bien supérieur que le danger que pouvaient représenter les Meies. Il devenait impératif de faire quelque chose. Et très vite. Mais malgré sa puissance et celle de ses hommes, Geralt considérait bien que cela ne suffirait pas. Jabus restait injoignable, et il devait absolument le mettre au courant du terrible danger qui couvait, et qui menace à chaque instant d'exploser et de se déverser sur le monde. Il allait avoir besoin de deux choses : construire un bastion pour les siens, et tenter de regrouper les peuples de Melrath Zorac contre les troupes que l'architecte se prépare à déverser sur le monde entier. Et un seul homme était capable actuellement de lui donner ce dont il avait besoin. Le régent nouvellement élu de Melrath Zorac.


Il devait lui envoyer une missive au plus vite.
Il fit mander l'un de ses hommes à l'écriture de la missive. Même si le temps pressait, il devait choisir ses mots avec une extrême prudence. Lui et les siens ne désiraient pas prendre parti dans les conflits de factions qui semblaient régner partout en ces terres. Il devait réunir le plus de personnes possible. Les réunir pour faire face à un événement qui pourrait décider du sort de ce monde ... définitivement.

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Une semaine environ après le festival.

Les négociations entre Geralt et le Régent ont été tenues secrètes. C'était le mieux à faire pour le moment, il ne fallait pas affoler la population tant que cela nuisait à la défense de la cité. Les préparatifs se faisaient pour l'instant dans l'ombre. Maintenant que Geralt et les siens avaient un toit, il fallait l'aménager.

La salle d'armes était déjà prête. Les frères Nochar s'étaient installés à leur aise et commençaient déjà à s'entraîner pour offrir le meilleur de leur savoir aux artisans possédant suffisamment de maîtrise pour s'approprier leurs recettes. Hélas, l'accès à leur atelier est, pour le moment, verrouillé. Les trois frères vont avoir besoin d'aide afin de proposer à tous tout le savoir artisanal qu'ils ramènent de Leiden.

 

 

Geralt quant à lui était occupé à la conception d'une salle bien spécifique. Lui et quelques-uns de ses hommes creusaient profondément le sol afin de préparer le rituel de téléportation. Melrath Zorac venait d'être reconstruite, et il fallait la protéger de la dévastation engendrée par ce rituel. Mais avant de penser aux conséquences, il fallait finir le travail. Ses hommes s'étaient séparés, une partie vers la mine de schiste et l'autre vers la mine ou se trouve le passage menant à une certaine contrée appelée IssCanak, à la recherche de matières premières pour l'aménagement final de leur bastion. En attendant, un message était accroché devant la porte du bastion. Tous les aventuriers étaient dorénavant prévenus : la Guilde des Chasseurs saura récompenser les braves qui leur viendront en aide ...

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Salle privé de Geralt

Geralt était dubitatif. Leiden et Melrath Zorac n'étaient pas vraiment similaires en terme de ressources. L'essence de Leiden, mixture aux propriétés magiques, n'était pas aussi facile à produire en cet endroit. Le temps lui était précieux et il n'avait pas de temps supplémentaire à perdre. Il en avait déjà trop perdu. Mais son plan passait à la vitesse supérieur depuis l'ouverture des quartiers de la Guilde. Tandis que Bernard Lamar remplissait tranquillement son bestiaire, certains de ses hommes creusaient toujours afin de tout préparer. Encore un peu, et tout sera bon.

Mais ce qui lui préoccupait l'esprit était le rapport de deux de ces hommes. Sikiah et Lett, les deux plus puissants Meies avaient été localisés. Et, étonnement, ce que ses hommes lui ont raconté rendit Geralt heureux. Pour la première fois depuis quelques semaines, et si ce rapport était tout ce qu'il y a de plus réel, l'Architecte avait commis une énorme erreur. Sans le savoir, il venait de déverrouiller d'anciennes armes qui pourraient permettre de faire la différence lors de l'affrontement final. Mais ce n'était pas aussi simple que cela. Seul le grand Sage du Sanctuaire était en mesure de transmettre la connaissance capable d'utiliser ces armes au maximum de leur capacité. Mais le problème d'un voyage rapide entre Leiden et Melrath Zorac résidait toujours. Et cela ne serait malgré tout pas suffisant. Le Sanctuaire ne s'ouvre pas au premier venu, et il faut mériter l'entrée. Tout ceux désirant s'emparer de ce savoir devront faire leurs preuves le moment voulu.

 

 

Dans tous les cas, pour le moment, il devait s'occuper de ses recommandations ...

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Rayna était la sœur cadette de Kletor le brave.

Contrairement à ce que son nom pouvait faire penser, son grand frère était un pleutre, obligé de quémander l'aide d'aventuriers afin de se faire remarquer de ses camarades de la Guilde des chasseurs. Et Rayna détestait par dessus tout voir son frère faire la manche à ce point. Leur père et mère, restés sur Leiden auraient surement honte du comportement aussi peu combatif de leur fils, eux qui servaient Jabus sans jamais faillir.

Il fallait rectifier cela. Et Rayna pensait avoir un plan.

Depuis plusieurs mois maintenant que la Guilde s'était installé sur Melrath Zorac, elle avait une grande connaissance de ces terres. Elle avait chassé le renard à trois queues dans les monts enneigés, éparpillé divers camps d'orcs qui menaçait la paix d'Irliscia et même occis de terribles démons ailés et en avait ramené les trophées à la Guilde. Mais il lui fallait une proie nouvelle. Quelque chose que ses compagnons n'avait pas encore chassés.

Et elle savait précisément ou le chercher: les terres élémentaires.

Elle en avait entendu, des histoires sur ces terres. Et l'une d'entre elle retenait son attention. Celle du Croloup. Une fois la nuit tombé et son frère endormi, elle se faufila dans sa chambre afin de dérober la somptueuse épée que ses parents avaient forgés spécialement pour le voyage hors de Leiden pour Kletor. Son épée couverte de sang et la tête du monstre piqué au bout de sa lame suffiront, elle l'espérait, à rétablir l'honneur de son frère pour un temps. Temps qu'elle prendra pour lui enseigner une bonne fois pour toute à surpasser ses peurs.

Mais rien ne va se passer comme prévu ...

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La ballade d’une sœur dévouée

Couplet premier

Voyage, voyage...

De bon matin, Rayna quitta la Guilde du Leiden et se dirigea plein sud, vers la forêt des Elfes. Là se tenait le seul passage qui pourrait la mener vers sa destination : Aéris. Aux dernières nouvelles, c’était sur les hauts plateaux du fief d’Eolia que ce monstre avait été localisé la dernière fois. Elle pensa alors à son frère et aux regards narquois que certains membres de la guilde faisaient parfois peser sur lui... Il lui tardait de les voir confondus par la nouvelle de la victoire de Kletor sur le Croloup. Mais ces pensées agitées fuirent place à une sérénité retrouvée lorsque s’esquissa devant elle l’orée de la sylve primordiale.

Elle aimait la forêt elfique. Voir les lourdes frondaisons d’un vert profond au-dessus de sa tête lui procurait un sentiment de bien-être à nul autre pareil. Obtenir un droit de passage n’était pas un souci : elle avait par le passé rendu service aux elfes de la région et leur prince lui-même lui avait accordé l’accès aux anciens tunnels des nains – preuve insigne de sa reconnaissance, vu que les elfes n’étaient guère en bons termes avec les nains et préféraient laisser lesdits tunnels scellés. Ainsi ne perdit-elle pas de temps en fastidieux marchandages et se retrouva-t-elle bientôt à l’air libre des montagnes. Les neiges des Cimes l’accueillirent dans leur blanc manteau.

Couplet second

Glisse des ailes sous le tapis du vent

Faisant route au sud, elle atteignit le village de Nuagia en début d’après-midi. L’endroit était en général calme, mais en l’occurrence une certaine animation régnait sur la place principale. Un petit attroupement s’était formé autour d’un étal provisoire.

Quelque camelot de passage, songea Rayna.

La curiosité la poussant, elle s’en approcha, et se figea en découvrant la personne qui tenait l’échoppe improvisée. Sa longue chevelure était blanche comme la neige des Cimes, et ne dissimulait que partiellement des oreilles qui s’élevaient en pointe.

Une drow ! Ici ?

La boutique de l’elfe noire n’en semblait pas moins bien achalandée. En fait, elle paraissait remporter un vif succès auprès d’aventuriers de tout poil. Prêtant l’oreille, Rayna entendit le premier – un guerrier, de toute évidence – demander à la drow si elle aurait quelque chose lui permettant d’augmenter sa force et les dégâts qu’il infligeait. Le second, qui avait tout d’un rôdeur, s’inquiétait d’accroître son agilité et d’éviter les mauvais coups. La troisième, qui devait être une nécromante, cherchait un moyen de diminuer la vitalité de ses proies. Un autre cherchait un moyen de réduire la fatigue en combat. Bref, il y avait toutes sortes de demandes et la drow semblait trouver à chaque fois ce qui conviendrait à chacun. Devant elle reposaient un certain nombre de fioles et de flacons aux couleurs étranges et au contenu indéfinissable, et c’était cela qu’elle vendait aux badauds. Rayna eut une grimace désapprobatrice.

Comment peuvent-ils faire confiance à une drow ! Ses potions ne doivent valoir guère mieux qu’une tisane. Pire, elles pourraient être empoisonnées...

Interpellant une habitante du cru qui passait sur la place, elle demanda de qui il s’agissait.

« Mais de Damoiselle Ayflesh, voyons. C’est une hermésiste réputée.

- Mais... c’est une drow.

- Oui, c’est sûr qu’elle n’est pas d’ici à l’origine, mais notre belle Aéris est devenue sa patrie de cœur. Elle a beau résider sur Melrath Zorac, elle revient ici régulièrement et nous propose ses philtres magiques ainsi qu’un tas d’autres choses que l’on ne trouve pas par ici.

- Vous faites confiance à une étrangère ? protesta Rayna, abasourdie.

- Si j’en juge par votre accent, pas plus que vous, ma petite, pas plus que vous. Et même plutôt moins, vu qu’elle a su se faire accepter ici. Quant à la confiance, je dirais qu’elle ne nous a jamais donné motif de regretter de lui avoir accordé la nôtre. »

Et la commère planta là une Rayna qui n’en revenait toujours pas.

Couplet troisième

Vol dans les hauteurs

Finalement, tiraillée entre des sentiments contradictoires, elle se rapprocha avec méfiance de l’étal et demanda à l’elfe noire ce qu’elle aurait à lui proposer pour tuer un monstre dangereux. Celle-ci la considéra un moment puis finit par lui désigner une potion.

« Une potion amplificatrice de force. Cela pourrait vous permettre d’en finir plus rapidement avec votre adversaire. Sinon je peux vous recommander une mixture résistante : cela minimisera les éventuelles blessures que vous subiriez...

- Hmmff. Et quel prix en demandez-vous ? » fit la chasseuse d’une voix peu amène.

Lorsque la drow lui annonça la somme, Rayna s’assombrit encore davantage. Elle ne s’était encombrée que de peu d’or, et n’avait pas de quoi régler l’une ou l’autre de ces potions. Ce fut alors qu’elle remarqua une fiole bien singulière sur l’étal : d’une dimension très supérieure aux autres, elle était emplie de liquide d’un bleu céruléen.

Comme si la drow avait su mettre un peu de ciel en bouteille...

Cette couleur en particulier la fascinait. Elle n’osa même pas demander combien pouvait coûter un philtre pareil. Profitant de ce que l’elfe noire, en train de répondre à la question d’un énième client, ne lui prêtait plus attention, la main vive et adroite de Rayna fit disparaître la flasque céleste dans sa besace. Et sans demander son reste, elle quitta le village.

Rayna ne s’arrêta que lorsque les toits du village furent hors de vue. Alors, s’assurant qu’elle était seule, elle s’assit et extirpa de son sac le fruit de sa rapine. Elle resta à en admirer l’extraordinaire teinte de lapis-lazuli pendant de longues minutes. Le flacon était bien pourvu d’une étiquette, mais celle-ci portait seulement quelques mots en langue drow. Rayna ne pouvait donc savoir de quoi il s’agissait au juste, mais peu lui importait au fond. Elle n’avait pas l’intention de s’en servir. Elle se contenterait de savoir le philtre près d’elle, et de le contempler à l’occasion. Elle enserra donc son larcin dans son sac et se remit en route.

Couplet quatrième

Au dessus des capitales... des idées fatales

Guidée par les témoignages des autochtones et de quelques chasseurs, Rayna parvint bientôt devant un talus autour duquel le monstre qu’elle cherchait avait été fréquemment vu rôder. Elle se mit donc en devoir de battre les taillis avoisinants et d’explorer la moindre caverne, la plus modeste ouverture dans la roche. Tant et si bien qu’elle ne fut pas longue à percevoir des pas dans les feuilles mortes – furtifs mais pas assez pour son ouïe exercée. Elle pivota, l’épée bien en main.

Juste à temps pour parer un premier assaut, soudain et brutal, d’un monstre aux crocs aigus.

Alors que Rayna se dégageait, le Croloup, car c’était lui, rompit et bondit hors de portée en un instant. Les deux adversaires tournèrent lentement l’un autour de l’autre, se jaugeant de longs instants. Ce fut la chasseuse qui mit fin à l’observation. Elle courut sus au monstre, dans un cri de bataille. Le Croloup répondit par un grognement rageur et se rua droit sur elle.

Le combat allait durer.

Rayna avait indéniablement pris l’avantage, la fourrure de la bête l’attestait : zébrée de multiples entailles, elle était ensanglantée à tel point que l’on se serait attendu à la voir trépasser sans délai. Mais cela aurait été méjuger la formidable vitalité du monstre. Criblé de coups, il en était à peine ralenti. Juste plus enragé.

La chasseuse avait néanmoins pris la mesure de son adversaire, et elle savait qu’elle ne faisait pas face à un être intelligent, ou un démon pétri de ruse, juste un monstre dominé par ses instincts animaux et meurtriers. Tant qu’elle gardait la tête froide, elle aurait le dessus. Elle se répétait les enseignements de son aître d’armes pour focaliser son attention.

Ne pas se découvrir. Eviter les coups puissants. Bloquer les coups rapides. Exploiter les ouvertures pour contre-attaquer. Attendre son heure. Affaiblir l’adversaire. Ne pas le sous-estimer. Ne pas lui offrir la victoire.

En revanche, Rayna avait un peu perdu de vue son environnement immédiat. Il faut préciser qu’elle ne s’était jusqu’alors jamais battue sur les hauteurs d’Aéris, qui peuvent s’avérer dangereuses : parfois, le moindre faux-pas vous est fatal. La chasseuse, en reculant, posa le pied un peu trop au bord du précipice qui côtoyait le repaire du Croloup, et faillit y glisser. Elle se rattrapa de justesse, mais dut pour cela mettre un genou à terre. En un instant, le Croloup, tous crocs dehors, fut sur elle.

Rayna parvint à bloquer l’assaut mais le monstre n’allait pas la lâcher pour autant. Et si la jeune femme était vigoureuse, elle comprit de suite qu’elle ne pouvait pas rivaliser avec la force animale de son assaillant. Tout en maintenant son coude gauche sous la mâchoire de la bête, elle tâtonna de la main droite à la recherche de son épée qu’elle avait dû lâcher dans sa chute. Elle ne la trouva point mais ses doigts se refermèrent sur un objet plus mou.

Ma besace !

Pas l’arme espérée, certes, mais cela valait mieux que rien. Aussi fort qu’elle put, elle frappa le monstre sur le côté de la tête. Le Croloup grogna de plus belle mais ne la lâcha pas. Alors qu’elle récidivait, le monstre choisit néanmoins de se détourner de sa gorge pour mordre l’arme improvisée. Lorsque ses puissantes mâchoires se refermèrent sur le tissu, elles le lacérèrent, mais un bruit inattendu retentit aux oreilles de Rayna : du verre qui se brisait. Presque aussitôt, elle vit un liquide bleu dégouliner des babines retroussées de la bête.

La potion de la drow !

Le breuvage ne parut pas être du goût du Croloup, car celui-ci toussa, cracha et bondit en arrière, se mit à râler... puis déguerpit sans demander son reste. Rayna avait mis ce répit à profit pour se relever et retrouver sa lame, mais cette fuite ne faisait pas son affaire.

Il me faut mon trophée, pour Kletor !

Alors elle se lança sur la piste sanglante laissée par la bête.

Couplet cinquième

Plus loin que la nuit et le jour

Le Croloup la fit cavaler un long moment mais il ne pouvait prétendre la semer vu l’état dans lequel il se trouvait : même Gilbert Montagné (un célèbre troubadour Aéride) aurait pu suivre ses traces. Rayna le découvrit au détour d’un bosquet, pantelant. Le Croloup tourna vers elle son regard toujours féroce.

Rayna s’approcha prudemment. La victoire était à portée de main mais une bête blessée pouvait s’avérer dangereuse. Et puisque le monstre avait renoncé à fuir, elle s’attendait à un retour d’agressivité... qui ne vint pas. A son grand étonnement, Rayna parvint à l’approcher jusqu’à se trouver à bonne portée pour un coup d’épée. Alors elle frappa.

Et ne fendit que l’air.

Le Croloup s’était jeté en arrière, esquivant le coup. C’était une nouveauté : jamais Rayna ne l’avait vu réagir de la sorte. Jusque là, la bête avait encaissé les coups, s’en souciant comme d’une guigne. La chasseuse renouvela son attaque mais, là encore, le monstre se déroba. Ce qui provoqua un froncement de sourcils du côté de Rayna.

Il ne fuit pas, il ne se bat pas... que diable fait-il ?

La troisième attaque ne toucha pas davantage sa cible. Rayna n’eut pas plus de chance lorsqu’elle tenta une botte destinée à prendre l’adversaire à contrepied. Alors, quelque peu exaspérée, elle bondit en avant et tenta une frappe aussi large que puissante, pour en terminer. L’épée frôla sa cible mais l’attaque eut surtout pour effet d’écarter la garde de Rayna – trop pour son bien.

Alors le Croloup frappa comme la foudre.

Ses griffes labourèrent le bras d’arme de Rayna, trop exposé, ce qui la fit lâcher son épée. Continuant sur sa lancée, la bête alla pour la mordre à la gorge, ce qui la conduisit à rejeter la tête en arrière, mais au dernier moment, le monstre plongea en avant pour refermer ses mâchoires sur sa jambe. Une attaque inattendue qui laissa une profonde morsure.

Désarmée et ralentie par cette blessure, la position de Rayna devenait pour le moins hasardeuse. Elle allait encore s’aggraver, lorsque le Croloup se détourna d’elle pour aller ramasser l’épée qui gisait au sol. Devant les yeux écarquillés de Rayna, il la levait, la regardait avec attention, la brandissait à deux mains... et d’un bond, vint sur la malheureuse pour lui passer sa lame à travers le corps.

Nul ne retrouva jamais la dépouille de Rayna.

La seule trace qui fut dénichée, ce fut une flasque de verre brisée, non loin de l’antre du Croloup. L’étiquette qui y était apposée annonçait en langue drow : grand élixir d’amplification mentale. Ce puissant philtre, destiné aux adeptes de la magie désireux d’accroître leur puissance, affûtait les sens et l’esprit, de façon temporaire. Involontairement consommée par le Croloup, elle avait développé son intelligence bien au-delà de celle d’un simple animal. Et ses effets qui n’étaient normalement que temporaires se révélèrent permanents sur l’organisme du monstre. Dans les temps qui suivirent, les méfaits du Croloup redoublèrent, chacun témoignant de la ruse largement accrue de la créature diabolique qu’elle était devenue.

Ainsi prenait fin la ballade de Rayna. Nul ne sut jamais quelle sœur généreuse elle fut pour Kletor : toujours elle avait œuvré pour lui et offert à son frère tous les honneurs liés à ses faits d’armes. Car les plus grands héros sont les plus discrets.

Couplet dernier

Voyage, voyage... et jamais ne reviens

Puisse le triste sort de la dévouée Rayna

Ne pas décourager vos nobles gestes mais

Vous garder à l’esprit la primordiale loi

Qui dit : ‘Bien mal acquis ne profite jamais’.

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Quelques semaines plus tard

Kletor n'en dormait toujours pas.

Son épée et sa soeur, portée disparues en même temps, ne pouvait pas être l’œuvre du hasard. Et il savait très précisément ce que manigançait sa soeur.

Mais elle n'était toujours pas revenu. Et kletor s'attendait chaque jour au pire, se contentant de dire que ça soeur est partie explorer de nouvelles contrées pour la Guilde, sans même savoir ou elle était réellement. Mais ses pires craintes allaient se révéler aujourd'hui.

Alors qu'il se levait pour se rendre dans la salle commune afin de manger un morceau, un silence de mort s'était installé quand il avait ouvert la porte pour rentrer.

Chaque chasseur n'osait pas le regarder dans les yeux, tous ayant le regard rivés au sol. Alors que Kletor craignant le pire, il entendit une sorte de chant au dehors, ou il cru entendre le nom de sa soeur. Et les paroles du troubadour qu'il entendit lui firent plus mal que n'importe quelle tranchant d'épée au monde

Rayna vola l'épée de son frère,
Le Croloup déjà dans son repaire,
L'attendait à dents bien aiguisées
Et Rayna, en Kletor déguisée,
De lui s'est fièrement approchée.
Par le loup l'arme fut empochée.
Le corps et l'âme bien amochés
Rayna git morte sur le rocher.
Éolia ! Éolia ! Aie pitié !
Puisqu'en Aéris c'est ton métier.

Kletor retenait ses larmes, et ne pensait qu'à une chose: Fuir. Fuir la ou personne ne mourrait à cause de son incompétence et de sa couardise.

Et plus aucun chasseur ne revirent Kletor ...

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