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Terre des Éléments
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Ilbyria

Sanglant eldorado

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Bruits de taverne, bruits de couloirs. La populace s'agite et s'inquiète. Et quand elle s'inquiète, elle murmure dans un coin sombre, au détour d'un couloir, entre deux regards apeurés aux alentours, et elle raconte...

« Les Brigands arrivent ! » Un groupe, une horde sanguinaire... Une armée sans pitié ! Composée de voleurs, pilleurs, violeurs et assassins. Ils sont bien mille... non dix mille !

Oui, rien de moins que ça... si on écoute les confidences apeurées des ivrognes.

Je porte à mes lèvres ma chopine, principalement pour me donner une contenance et continuer à observer discrètement cette taverne si agitée. Une gorgée d'hypocras, le liquide sucré roule sur ma langue et part réchauffer mes entrailles.

Ca ne suffira pas... Mon cœur et ma respiration refusent de se calmer. Mes mains sont moites et tremblantes. Comme une gamine...

Je repose ma chopine, et inspire longuement. Expire... recommence. Du calme... Je n'arriverai à rien dans cet état, je le sais.

« Brigands ». un nouveau frisson me parcourt l'échine et redescend vers le creux de mes reins. Exquise sensation d'excitation et d'anticipation.

Je me mordille la lèvre inférieure, mes pupilles dilatées à l'extrême perdues dans cette chopine pourtant si peu digne d'intérêt à présent.

Qu'importe leur nombre, qu'importe leurs vices... Qui dit brigands dit trésors...

Or, armes, bijoux, objets rares et précieux... peut être même mieux encore.

Une horde de cette importance et de cette renommée...

Le butin doit être considérable...

Entassé quelque part...

Une cache...

Dans les montagnes ?

Ou le désert ?

Il suffirait de trouver l'un d'entre eux...

Juste un...

Pour y entrer...

Un sourire s'esquisse sur mes lèvres. La nervosité et l'agitation ont disparu et fait place à un calme froid et assuré.

Je sais ce que j'ai à faire...

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Ca n'a pas été si dur... moins que je l'escomptais. Trop simple même, ça en perdrait presque son charme.

Trouver un brigand... d'une simplicité désarmante. Ils pullulent en ville, c'est le principe d'une invasion.

Endormir sa méfiance et le mener par le bout du nez... j'en poufferais de rire s'il ne me fallait rester impassible. La tache est d'autant plus aisée que le décolleté est plongeant, le sourire aguicheur et que le nez en question s'avère être localisé au niveau du bas ventre...

Le voilà donc mené, gentil et docile mouton appâté par le diner, sur le lit usé d'une chambre de taverne. Il glousse des obscénités pendant que je l'attache aux montants du lit. La vue lui plait, l'initiative encore plus, à en juger par son ton, son regard, et la protubérance sous son pantalon. La "trainée" lui sourit et je pars m'apprêter avec un clin d'œil espiègle.

Je m'approche d'une table et de sa chaise, aussi usées que le reste du mobilier, et entreprends de me déshabiller sous les commentaires raffinés et délicats de mon compagnon de jeu. J'attrape ma dague, la sors de son fourreau, la caresse du bout de l'index d'un air absent quelques instants, et pars me jucher à califourchon sur le brigand. Nouveau rires gras, nouvelles obscénités, il tire un peu sur les liens, d'impatience ou d'anticipation, qu'importe...

« Tout doux mon tout beau... il faut garder tes forces pour la suite... »

Je lui souris, et laisse courir la pointe de ma lame sur sa tempe, l'arête de sa mâchoire, sa gorge... juste effleurer, et sentir crisser la lame sur la barbe mal rasée....

Il déglutit, le jeu n'a plus l'air de l'amuser autant.

« Calmé et attentif ? On va pouvoir commencer alors... »

J'ouvre lentement, sa chemise, faisant sauter un à un les boutons de la pointe de ma dague.

« J'ai quelques questions... tu as les réponses.... Et je veux les connaitre, monsieur le brigand... »

Il pâlit légèrement, sa mâchoire se ressert, son regard se fait dur et haineux et il crispe ses poings pour tirer sur les liens. Il comprend, je souris.

« Où est votre cache ? Celle où vous et vos amis entassez le fruit de vos larcins ? »

Question claire et simple. Nouvelle vague de vulgarités. Il est bruyant... mais si je le fait taire, il ne pourra plus répondre... C'est le revers de la médaille, tant pis...

« Ca ne répond pas à ma question... »

La dague s'abat pour s'enfoncer dans l'épaule gauche, il crie. Je tourne la lame dans la plaie pour lacérer les chaires, il hurle. Le sang commence à s'écouler lentement hors de la plaie, il s'immisce et coule sur la peau, entre mes doigts, chaud et poisseux... Je m'essuie sur les draps.

« Alors ? »

Nouvelles insultes, un peu moins virulentes peut être... Il clame qu'il ne dira rien, il me menace de mille morts toutes plus horribles les unes que les autres... Je souris de nouveau. J'aurais été tellement déçue s'il avait capitulé aussi vite, pour si peu. On va pourvoir prendre notre temps, et jouer... jouer...Ca fait tellement longtemps.

Mon regard et mon sourire n'ont pas l'air de lui plaire... il déglutit de nouveau.

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